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Revue de presse du lundi 18 janvier

Excellence - Orientation - Enseignement supérieur - Autopromotion


L’actualité est dominée par l’annonce de la ministre sur les parcours d’excellence, mais nous parlerons aussi d’orientation et d’enseignement supérieur. Un peu d’autopromotion pour terminer.


Excellence

Aujourd’hui, la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, annonce, un dispositif d’égalité des chances, c’est à dire "la mise en place de « parcours d’excellence » à la rentrée 2016 dans les collèges d’éducation prioritaire.
La mission de Pierre Mathiot (délégué ministériel à ces parcours) : faire en sorte qu’à la rentrée 2016, l’ensemble des 350 collèges REP+ (les réseaux d’éducation prioritaire renforcés) bénéficient d’un parrainage par un établissement d’enseignement supérieur (une université, une grande école, un IUT…), mais aussi de contacts avec le monde professionnel, dans le but d’élargir, chez les élèves, le champ des possibles."

L’on pourrait s’étonner de cette mesure au moment de la réforme du collège qui vise à l’égalitarisme. La ministre s’en défend dans une interview au Monde : "Contrairement à ce qu’on veut me faire dire, je crois en l’élite, à condition qu’elle soit ouverte et renouvelée. A condition de mener la lutte contre le rétrécissement, l’appauvrissement de son vivier. Autrement dit, qu’on refuse l’élitisme dynastique, mâtiné de trop rares réussites d’enfants du peuple qui nous donnent bonne conscience mais ne changent rien aux dysfonctionnements de l’école."
Alors pourquoi limiter cette mesure aux collèges REP+ ? Pense-t-on qu’il n’y a pas d’enfants du peuple dans les autres collèges ?
Mais laissons la conclusion à Jean-Pierre Véran dans Médiapart : "En suivant cette voie, on parviendra certainement à permettre à quelques élèves issus de milieux populaires d’accéder à une formation plus longue, de réussir leur parcours scolaire mieux qu’ils ne l’auraient fait seuls. Mais cette modification heureuse de trajectoires individuelles ne résoudra en rien la question fondamentale : comment assurer à tous les élèves la réussite de leur scolarité, comment transformer une école de l’élimination en une école de l’inclusion ?"
C’est d’ailleurs la question que va poser la conférence du CNESCO les 28 et 29 janvier. " Garantir à chaque enfant une place à l’école, faire en sorte que cette école soit vraiment une « école pour tous », refuser que des différences liées à la santé, au handicap ou aux difficultés d’apprentissage ne viennent empêcher un enfant de vivre une scolarité positive : voilà les défis ambitieux et prometteurs que pose le projet d’une « école inclusive »"


Orientation

Le président de la République relance, entre autres, la voie de l’apprentissage. "Près de 500 000 apprentis en 2017 : c’était l’objectif affiché, dès 2012, par l’exécutif. Or, ils ne sont que 400 000 pour l’heure. Une situation d’autant plus « préoccupante » pour le gouvernement que ce nombre recule depuis trois ans, malgré le plan de mobilisation lancé il y a huit mois." (Libération)
Une nouvelle formule est donc mise en place pour les décrocheurs : "l’exécutif va ouvrir l’accès des apprentis aux titres professionnels délivrés par le ministère du Travail. Jusqu’ici, ces formations de 800 heures en moyenne n’étaient accessibles que via un contrat de professionnalisation, une prescription de Pôle emploi ou la validation des acquis de l’expérience (VAE).
Le dispositif visera en priorité les jeunes décrocheurs. « Ces formations très centrées sur le geste professionnel avec peu d’enseignement général peuvent correspondre à ce public », indique Myriam El Khomri, ministre du Travail."

Bertrand Martignot a d’autres idées pour relancer l’apprentissage : il les confie au JDD.

L’orientation, c’est aussi la transformation radicale du redoublement. "Désormais le redoublement ne figure plus dans les propositions ou les décisions d’orientation possibles. Le décret en effet « souligne enfin le caractère exceptionnel du redoublement et en précise les modalités de mise en œuvre, avec notamment la nécessité d’un accompagnement spécifique des élèves concernés ». Il insiste sur l’accompagnement pédagogique des élèves."


Enseignement supérieur

Le sociologue Fabien Truong critique les dispositifs mis en place par le ministère au titre de l’égalité des chances, à travers l’étude de la trajectoire d’une vingtaine de lycéens de banlieue dans les études supérieures. "Les dispositifs "Égalité des chances", c’est une rustine mise en place par des institutions qui se défendent, tout en s’assurant d’une bonne image. En "sauver" quelques-uns, ce n’est pas une politique." Les jeunes issus de ces milieux populaires "sont tellement victimes de stigmatisation que lorsqu’ils réalisent qu’ils sont autre chose que l’image à laquelle on les renvoie, cela leur ouvre tous les possibles." A lire dans L’Etudiant.

"L’école d’ingénieurs aéronautique toulousaine a signé le 13 janvier 2016 une convention de partenariat avec l’École polytechnique. Ce rapprochement pourrait être le premier d’une série menant à la création d’un “pôle national d’écoles d’ingénieurs”.

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Le dessin de Geneviève Brassaud

Face à l’apparition de nouveaux enjeux (génération Y, transformation digitale, etc.), les partenariats écoles-entreprises dépoussièrent l’image traditionnelle de l’enseignement supérieur à la française, avec, à la clé, des accords qui se veulent gagnants-gagnants. Notamment pour les étudiants. Un long article à lire dans La Tribune.


Autopromotion

Pour terminer un article de la presse locale du Nord de la France qui est allée visiter le collège d’un des rédacteurs de la revue de presse.
"dans certaines classes bien particulières, à chaque compétence validée, correspond un code de couleur. Autre mode d’évaluation, les médailles au nombre de trois : bronze, argent et or, en fonction du niveau de difficulté, validé.
« Cette réflexion sur l’évaluation est née il y a cinq ans avec quelques collègues. Devant les difficultés de certains élèves qui pouvaient être découragés par les notes, nous avons voulu trouver des modes d’évaluation différents pour faire progresser les élèves », explique Guillaume Caron, professeur de mathématiques et professeur principal d’une classe de 5ème qui utilise le dispositif."

Géraldine Duboz (avec l’aide de Bernard Desclaux que vous retrouverez demain).


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Pédagogie : des utopies à la réalité

Revue n°525 - décembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?

Le sens de l’orientation
Revue n°504 - mars 2013
Comment adapter l’éducation à l’orientation aux besoins de chaque élève, en prenant en considération les plus fragiles ? Comment concilier les compétences et le rôle de chaque acteur ? Comment éduquer à l’autonomie, développer l’estime de soi dans un système qui aiguille le plus souvent uniquement en fonction des résultats scolaires ?