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Revue de presse du 17 septembre 2018

Parcoursup - suppression de postes - méfiance - complot- Singapour

Parcoursup

Septembre, maintenant que les étudiants ont (tous ?) intégré leur filière, c’est le moment de faire le bilan de l’efficacité de la plate-forme Parcoursup.
Parcoursup, révélateur de l’appétence pour les filières sélectives et le privé
« L’appétit pour les écoles post-bac, les prépas, les BTS, IUT ou Sciences Po dévoile un mouvement de fond qui bénéficie aux formations privées révèle Adrien de Tricornot dans Le Monde. Au cours des dernières décennies, cet appétit pour les filières sélectives a eu pour corollaire la croissance des effectifs des établissements d’enseignement supérieur privé. La France compte 900 000 étudiants de plus qu’en 1990, dont 250 000 ont rejoint le secteur privé, qui a ainsi doublé de taille. Sur les 2,6 millions d’étudiants recensés par le ministère en 2016-2017, 475 000 suivent un cursus dans un établissement privé.  »

La ministre prête à « réfléchir » à un classement des vœux

« Frédérique Vidal a ouvert la porte à des aménagements, alors que plusieurs organisations appellent à réintroduire une hiérarchie dans les vœux d’études supérieures pour accélérer les délais de réponse signale Le Monde Campus.
L’inspection générale préconise de son côté de conserver l’esprit de la réforme, en laissant aux candidats le soin de trancher parmi les propositions qui leur ont été faites. Mais elle estime que ce « n’est pas contradictoire avec des dispositions qui permettraient d’accélérer le processus de choix », et propose que chaque candidat puisse identifier, sans que les établissements en aient connaissance, leurs 3 vœux préférés dès le début de la procédure. S’ils reçoivent une proposition d’admission sur l’un de ces « vœux podium », ils pourraient conserver les autres « vœux podium » en attente, mais devraient abandonner tous leurs autres vœux. »

Claire Ané termine en notant que,« si Parcoursup s’est révélé plus lent qu’APB, il s’est avéré plus efficace pour formuler des propositions qui satisfont les candidats : ainsi au 21 juillet, 459 000 candidats avaient accepté une proposition par un « oui définitif », alors qu’ils n’étaient que 373 000 candidats sur APB l’an dernier à la même date. »

Ces grandes prépas n’ont pas fait le plein. Victimes de Parcoursup ?
« Accusée d’introduire le principe de la sélection à l’entrée de l’université, la plateforme a fait des victimes surprise : des prépas très sélectives. »
Par Gurvan Le Guellec pour Le NouvelObs qui constate dans un article réservé aux abonnés, que de prestigieuses classes préparatoires n’ont pas fait le plein cette année.


Suppression de postes


Jean-Michel Blanquer annonce la suppression de 1 800 postes dans l’Éducation nationale en 2019

Dans une interview accordée au Figaro, le ministre de l’Education nationale précise que "seuls le second degré et les services administratifs seront concernés".
« L’Education nationale ne sera pas épargnée dans le budget 2019. Alors que le Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé une accélération des économies avec la suppression de 4 500 postes de fonctionnaires en 2019, le gouvernement va demander au secteur de l’éducation de participer à l’effort. Jean-Michel Blanquer confirme ainsi dans une interview au Figaro reprise par France Info la suppression de 1 800 postes l’an prochain. »

Jean-Michel Blanquer au Figaro : « Priorité au pouvoir d’achat des professeurs »
« Le ministre annonce la suppression de 1800 postes dans l’Éducation nationale. Afin de compenser cette baisse, les chefs d’établissement pourront imposer plus d’heures supplémentaires aux enseignants. »

Éducation nationale : l’inquiétante augmentation des contractuels
Ils représentent aujourd’hui 20 % des effectifs selon Le Figaro.
« Enseignants, assistants d’éducation et accompagnants d’élèves handicapés, les contractuels sont généralement recrutés dans l’urgence, après un simple entretien au rectorat…
Dans un rapport publié en juin dernier, la Cour des comptes faisait état d’un recours massif et croissant à ces personnels. Ils sont passés de 40.000 en 2009 à 203.000 en 2017. Des profils dont « la formation est incontestablement un point défaillant », insistent les sages de la rue Cambon.
 »


Méfiance

Education : des chefs d’établissement pas inquiets mais sur leurs gardes
Par Marie Piquemal dans Libération.
« Philippe Vincent, le président du SNPDEN, parle pour ses collègues : « Nous ne sommes pas dans l’inquiétude, non. Plutôt dans l’attente. Dans l’attente de savoir si nous serons en capacité de faire tout ce que le ministre annonce. »
Interdiction des téléphones portables, dispositif “Devoirs faits”, évaluation nationale pour les élèves de Seconde, La réforme du lycée ? « 70% disent ne pas avoir suffisamment d’éléments » pour se préparer. Quant à la réforme de la voie professionnelle, « c’est encore moins clair », ironise le représentant syndical.
 »
Sur le sujet de la Directions d’école et de l’autonomie des collèges : le point de vue de l’OCDE, un rapport commenté dans la Lettre de l’Education rappelle qu’ « un directeur d’école gagne 7 % de plus, seulement, que le salaire moyen d’un enseignant en France, soit le plus faible écart de tous ceux mesurés dans les pays de l’OCDE, où “l’avantage moyen” dépasse 40 %. Comparée au salaire moyen des principaux de collège, leur paie paraît bien légère : les premiers gagnent presque 70% de plus que les seconds, a souligné, lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’OCDE à Paris, son secrétaire général, Angel Gurria. »
A défaut de salaire élevé, ils bénéficient d’une large autonomie ? Que nenni ! « Plus de la moitié des décisions concernant les collèges en France sont prises au niveau central– contre un quart, en moyenne, dans les pays européens ou de l’OCDE. Au primaire, cette part d’autonomie est encore plus ténue. »

Les innovations dans le monde
Toujours au sujet de l’enquête publiée par l’OCDE, l’émission Demain l’école propose une émission en deux volets sur l’école du futur.
« Les neurosciences et le numérique sont en train de révolutionner les apprentissages. Dans ce premier volet : un tour du globe des systèmes pédagogiques.
Classée à la 27e place du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) en 2015, une enquête publiée tous les trois ans par l’OCDE, la France ne fait pas partie des cancres mais reste loin derrière les leaders du classement pour un pays développé. Premier au classement Pisa 2015, Singapour est aujourd’hui le champion de la réussite scolaire et sa "méthode", efficace pour l’apprentissage des mathématiques, a essaimé dans une soixantaine de pays. Mais cette réussite réside aussi dans les cours de soutien scolaire que suivent massivement les enfants, les soumettant à un rythme insupportable
 ». Disponible sur Arte jusqu’au 13 novembre.


Le complot

Luc Cédelle revient dans La Lettre de l’Education sur “L’éducation sexuelle à l’école face au poison de la rumeur”. « Les discours affirmant que des cours de masturbation sont dispensés en maternelle ou que les institutions internationales participent à un complot pour légaliser la pédophilie se multiplient sur Internet. Une partie du public s’y montre réceptif. » Une théorie du complot qui reprend tous les thèmes classiques et laisse penser qu’il n’y a pas de rumeur sans fondement.

Dans le même ordre d’idées, sur le sujet de la Langue arabe : le ministre (se trouve) face à un « emballement médiatique » de la frange d’extrême-droite qui voyait jusque là ses propositions d’un bon oeil. L’arabe n’est pas considéré comme une langue comme les autres. «  Jean-Michel Blanquer, qui a répliqué en s’indignant de ce « cas typique d’un emballement médiatique », se retrouve dans une situation rappelant celle qu’avait connue en 2016, sur le même sujet, Najat VallaudBelkacem : alors qu’elle voulait resserrer le contrôle de l’éducation nationale sur les enseignements de langues et cultures d’origine (ELCO). »
« Je sais pourquoi je ne pige pas un mot d’arabe, qui est pourtant ma langue maternelle ». Dans un témoignage très personnel, Nadia Daam nous explique son refus d’assimiler la langue de ses parents, jamais valorisée autour d’elle, signe de honte, pour s’intégrer. Elle termine en assénant : « Et c’est de notre faute à tous et toutes. »

Divers

1968 - 2018 : 50 ans dans l’illusion de la démocratie lycéenne ?
« Née au lendemain de mai 68, la démocratie lycéenne est souvent décrite comme un espace pour élaborer des projets et échanger sur la vie de l’élève. Pourtant, cette image autant véhiculée par l’institution que par les élèves eux même, obstrue tant les réels enjeux des institutions lycéennes que son histoire profondément politique. » réfléchit Ugo Thomas.

Vous pouvez lire l’interview de Pierre Kahn : «  Le nouveau programme d’enseignement moral et civique n’est pas plus clair, mais plus pauvre  » avec, entre autres, la disparition de la discussion à visée philosophique.

C. Rossignol


N° 513 - Quelle éducation laïque à la morale ?
Dossier coordonné par Elisabeth Bussienne et Michel Tozzi
mai 2014
Que s’agit-il d’enseigner, pour ce qui ne peut se réduire à une discipline scolaire ? Dans quel objectif, entre pacification des relations et formation du jugement moral ? Qui pour le faire, dans quel cadre ? Bien des questions, et ce dossier ose dès maintenant des réponses, dans la conviction que nous touchons là à un rôle fondamental de l’école.

N° 532 - Justice et injustices à l’école
Dossier coordonné par Marie-Christine Chycki et Émilie Pradel
novembre 2016
L’école est traversée par tous les débats qui agitent la société. La question de la justice y est particulièrement vive et le sentiment d’injustice très prégnant chez tous les acteurs aux prises avec l’institution. Entre la subjectivité du sentiment et les conditions objectives des injustices vécues à l’école, quelles réponses pouvons-nous apporter ?

N° 539 - Pouvoir d’agir et autonomie, de l’école au lycée
Dossier coordonné par Michèle Amiel et Gwenaël Le Guével
septembre 2017
Prendre des initiatives, engager un processus de décision, animer une équipe, mettre en place une innovation, etc. Est-ce le domaine réservé du directeur d’école, de l’IEN, du chef d’établissement ? Au bout du compte, l’augmentation du pouvoir dans un établissement autonome, c’est celle du chef ou celle des personnels ?

N° 530 - Former les futurs citoyens
Dossier coordonné par Laurent Fillion et Pascal Thomas
juin 2016
Mise en place du nouveau socle commun, de l’enseignement moral et civique : l’éducation à la citoyenneté, thème souvent abordé par les Cahiers pédagogiques, revient au cœur des préoccupations. De quelle éducation à la citoyenneté parle-t-on ? Comment ne plus la confondre avec une éducation au civisme et à la civilité ?