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Revue de presse du 16 novembre 2015

La revue du lundi d’après


Encore une fois, la violence aveugle a surgi en ce vendredi soir. L’équipe de la revue s’associe à la douleur de tous ceux qui ont été touchés par ces attentats. Nos pensées vont aux victimes et à leurs familles.

L’Ecole au coeur de la Nation

Cette fois encore les regards du pays (et de la presse) se sont rapidement tournés vers l’École. Mais ces regards était bien différents de ceux de janvier 2015. Il ne s’agissait pas de remettre en cause des manquements supposés du système éducatif, mais au contraire de convoquer son expertise. Écouter, expliquer, rasssurer...
C’est vers l’Ecole, pilier de l’unité Républicaine et creuset de notre mode de vie fait de liberté, d’égalité et de fraternité, et vers tous ses personnels, au plus près de notre jeunesse, si douloureusement meurtrie que le pays s’est tourné.
« Ce matin, la Nation se raccroche à son école comme à un totem de la démocratie. » peut-on lire dans le Mamouthologue sous la plume de Mc Missir.
Le dessin de Jack Koch publié par VousNousIls est à cet égard très significatif : « L’école, plus importante que jamais ».

Comment dire l’indicible ?

Très rapidement, tous les médias ont réalisé l’ampleur de la tâche qui attendait les enseignants pour le retour en classe des élèves.
Passé le moment de sidération (et peut être comme une façon de conjurer l’horreur), de nombreux enseignants ont effectivement réfléchi à la façon dont ils allaient échanger avec leurs élèves.

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Sollicités par VousNousIls via Twitter dès le samedi avec la question : « Enseignants, comment agir pour changer les choses ? », ils ont été nombreux à répondre, en particulier qu’il était indispensable d’ « offrir un temps d’expression de l’émotion puis introduire la réflexion ».

L’association du CRAP- Cahiers pédagogiques, forte de toute l’énergie de ses membres a échangé pendant tout le week-end pour proposer des pistes de réflexion et des ressources pour accompagner les collègues à leur retour en classe.

Le Café pédagogique s’est fait l’écho de quelques une des nombreuses productions partagées par les collègues d’histoire-géographie-EMC.
On trouvera aussi dans le Café de nombreux témoignages d’enseignants ou de chercheurs sur la façon dont on peut parler aux jeunes des événements de vendredi. Sylvain Connac nous conseille de « réagir de manière éducative en tant qu’éducateur ».
Pour Agnès Florin, concernant les élèves de primaire, « Évitons de parler à leur place, de leur donner des explications ou des descriptions. Mais permettons leur de parler et échangeons avec eux. Cet échange peut passer par la parole. Mais il peut aussi, pour les enfants moins enclins à verbaliser passer par d’autres moyens. Par exemple, par le dessin libre , ou par la manipulation de terre. Mais attention à ne pas forcer les enfants à s’exprimer s’ils n’en ressentent pas le besoin.

Dimanche soir, l’émission de France Culture « Rue des Écoles » proposait un débat sur les enjeux de la parole en milieu scolaire dans ces conditions extrêmes.

Les médias généralistes se font l’écho de ces réflexions. Après les attentats : les profs se préparent à trouver les mots pour la reprise de l’école peut-on lire dans l’Obs. "Qu’est-ce qui était attaqué réellement dans ces attentats ? Au nom de quoi ? Et comment se défendre, non pas du point de vue concret de la sécurité, mais du point de vue des idées ?"
Car en effet, comme titre La Croix, parler des attentats aux enfants [est] un exercice délicat. Pour Patrice Huerre, il faut distinguer ce qui relève des faits de ce qui touche aux émotions. « Il est essentiel d’aider l’enfant et l’adolescent à mettre des mots sur ce qu’il ressent en donnant soi-même l’exemple, en évoquant sa tristesse, sa colère ou sa peur, et en montrant qu’on peut les surmonter. »

France 3 Alpes est allé voir comment, dans les établissements, on se prépare à accueillir les élèves et leurs familles « Rassurer, expliquer, organiser une minute de silence, l’école se mobilise, ce lundi 16 novembre, pour accueillir des élèves parfois choqués ou désorientés par la masse d’informations ou de rumeurs liées aux attentats du début du week-end.  »

Le supérieur n’a pas été oublié. Educpro propose des pistes : "Attentats à Paris : comment en parler à ses étudiants ?" « Certains enseignants estimaient que ce n’était pas leur rôle, d’autres jugeaient qu’il était de leur responsabilité de le faire. Cette fois encore, libre à eux d’évoquer, ou non, les attentats du 13 novembre 2015. Les questions des étudiants pourraient toutefois être plus nombreuses car la jeunesse, de par les lieux ciblés par les terroristes, a été particulièrement touchée. »

Le ministère a mis à la disposition des équipes éducatives des ressources également riches sur le site Eduscol et Najat Vallaud-Belkacem, après avoir participế à une cellule de crise le samedi 14 novembre s’est adressée directement aux enseignants et aux parents d’élèves dans des courriers.

La parole des jeunes

L’Obs nous propose des témoignages d’enfants et d’adolescents. Ils nous prouvent, si besoin était, que quel que soit leur âge, les enfants doivent être rassurés et confortés.
"Est-ce que c’est la vraie guerre ?" : paroles d’enfants et d’ados après les attentats de Paris
Les attentats de Paris vus par Louis, 12 ans : peur sur la ville, en vrai.

On lira également avec émotion de nombreux témoignages à chaud de la jeunesse de France, touchée en plein cœur. Par exemple, celui de Flora, sur LaZep et celui la rédaction de CheekMagazine : C’est notre jeunesse qu’ils ont voulu tuer

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Minute de silence

Quelques incidents avaient émaillés la minute de silence observée en mémoire des victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo et certains, comme Paul de Coustin dans Le Figaro pense que [cette] initiative qui n’est pas sans rappeler les dérapages de la dernière minute de silence.
Mais c’est oublier que le contexte est différent. Ces attentats ont tué à l’aveugle, sans cible désignée. Difficile de ne pas se sentir concerné. Précédant la minute de silence, les élèves de nombreux établissements ont même été à l’initiative de manifestations symboliques.
Au final "Discussions et minute de silence émouvante : des profs "fiers" de leurs élèves" peut on lire dans un article publié par l’Obs en fin de journée. Comme les enseignants qui témoigne "je suis fier d’eux, de leur réflexion et du respect qu’ils ont montré", nous sommes nombreux à être fiers de nos élèves.

Divers

En conséquence de l’établissement de l’état d’urgence sur tout le territoire national, le Salon européen de l’éducation, prévu du 18 au 22 novembre à Paris, est annulé. Il sera reporté à une date ultérieure en fonction des disponibilité du parc des expositions de la Porte de Versailles.

Mila Saint Anne
et toute l’équipe de votre revue de presse : Bernard, Cécile, Émilie, Geneviève, Géraldine, Guillaume, JiMo, Laurent, Lionel, Ostiane, Pascal, Philippe.
On pense très fort à vous tous. Prenez soin de vous.

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PARIS

Où fait-il bon même au cœur de l’orage
Où fait-il clair même au cœur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris

Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai

Rien ne m’a fait jamais battre le cœur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

Louis Aragon, 1944


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Mieux apprendre avec la coopération
Revue n°505 - mai 2013
Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embûches.

Faire vivre une morale laïque
Hors-série n°30 - avril 2013
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Une compilation d’articles parus ces dernières années sur l’éducation à la citoyenneté, le droit, la laïcité, les débats et les « questions sensibles » à l’école , en contribution à la réflexion en cours sur une « morale laïque ».