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Revue de presse du 14 juin 2013

Le niveau baisse - Le bac - La préoccupation des extrêmes - Le métier d’enseignant - Pour mémoire - Un bruit qui ne fait pas encore vraiment information

Dans le contexte de la remise du Rapport Moreau qui envisage un alignement des retraites du public sur le privé, les infos sur l’éducation sont en bruit faible, à part… le bac bien sûr.

Le niveau baisse

Une affaire partage la France aujourd’hui, la nomination de Xavier Darcos à l’académie française.
Les Echos classent l’information dans le domaine culturel « Culture : Xavier Darcos élu à l’académie française » tandis que France Info indique simplement : « Xavier Darcos élu à l’Académie française », tout en rapportant le tweet de Bruno Le Maire : « Bravo à Xavier Darcos pour son élection à l’Académie Française ! Très heureux pour mon ancien et excellent prof de Khâgne ! »


Le bac, l’éternel (?) marronnier du mois de juin

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Le dessin de Fabien Crégut

A part les conseils, ce sont surtout les fuites et les fraudes qui titillent les esprits des médias.
Le Monde indique que « Des sujets du bac mis en ligne par... le rectorat de Toulouse »

Et Le Nouvel Observateur s’amuse : « Bac 2013 : un rectorat organise une fuite sans le savoir »

L’Express se retourne sur l’histoire avec un petit « h ». Caroline Politi et Matthieu Beigbeder proposent tout d’abord « 5 histoires insolites sur le bac ». Pour vous détendre, vous pouvez toujours faire un retour sur cinq faits divers qui ont marqué les sessions du bac de ces dernières années.

Mais l’Express avec Claude Lelièvre exhume un chef-d’œuvre sans doute de la littérature : Le guide pour tricher au baccalauréat, édition 1986. C’est l’occasion pour l’historien de rapporter les réactions lors de sa publication, et de rappeler que la fraude et la lutte antifraude sont congénital à cet examen : « … il existe aussi une loi datant du 23 décembre 1901, toujours en vigueur : "Toute fraude commise dans les examens et les concours publics qui ont pour objet l’acquisition d’un diplôme délivré par l’état constitue un délit", les peines encourues en principe pouvant être particulièrement lourdes : emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans, et une amende pouvant s’élever à 10000 francs" (francs ’’or’’, à l’origine).
Il est vrai que c’est ce qui avait été imaginé au début du XXième siècle pour arrêter ce que certains avaient appelé alors "l’industrie de la fraude" (les ’’passeurs’’) alors même que moins de 1% d’une classe d’âge passait le baccalauréat. ’’L’élite de l’élite’’. »


La préoccupation des extrêmes

Libération publie une interview du sociologue Pierre Merle intitulée : « Les décrocheurs ne sont jamais vraiment rentrés dans l’école ». Il y indique pourquoi l’école française est inégalitaire. Au dispositif « plus de maîtres que de classes » il préfère la réduction des effectifs dont l’efficacité prouvée.
« Il faudrait d’autres formes d’évaluation pour aboutir à une école qui aide et qui intègre, et non qui classe. L’école doit abandonner son obsession de la hiérarchie. »

Et Le Nouvel Observateur s’interroge : Les grandes écoles comptent-elles pour des prunes ?
Patrick Fauconnier écrit : « La Conférence des grandes écoles, qui fédère 187 des meilleures écoles françaises, n’est pas reconnue par les pouvoirs publics. Une étonnante hypocrisie. » Il donne deux exemples :
« En 2007, la loi LRU, portée par Valérie Pecresse, n’avait pas voulu reconnaître la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), l’organisation qui fédère les 187 principales grandes écoles françaises, comme l’un des partenaires officiels des négociations avec l’Etat, comme le sont la CPU (Conférence des Présidents d’université) et la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs). Ainsi, les écoles d’ingénieurs sont partenaires reconnues du ministère, mais pas les autres. Et notamment pas les écoles de management qui sont pourtant celles qui nous valent les meilleurs scores dans les classements internationaux : 6 de ces écoles figurent dans les 13 premières du palmarès mondial du "Financial Times".
Et plus récemment :
« La loi sur l’enseignement supérieur qui vient d’être adoptée par le parlement a été précédée par une intense séquence de concertation, sous forme d’assises solennelles qui ont duré plusieurs mois, et ont inspiré un rapport de 170 pages, signé par le député PS Jean-Yves Le Déaut, premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Dans ce rapport, les grandes écoles sont tous simplement… passées à la trappe. »

Hypocrisie sans doute, mais surtout complexité de cet univers qui rassemble des organismes aux statuts des plus variés, du public au très très privé."


Le métier d’enseignant

Le Café pédagogique met en une de son Expresse : Gérer les enseignants : Terra Nova répond à la Cour des Comptes
« Le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des enseignants est apparu comme une mise en cause directe de la politique gouvernementale. Proche du PS, le thinktank Terra Nova propose, sous la plume de Jean-Louis Auduc, une autre gestion des enseignants permettant de répondre aux exigences de la refondation. »
Il s’agit de sortir de la définition du métier par l’heure de cours : « Il faut également donner, reconnaître et bloquer des heures pour le travail collectif, les relations avec les familles, le suivi personnalisé des élèves (tutorat), le travail d’orientation, l’aide au devoir…" Il propose par exemple d’intégrer l’ISOE, liée à l’orientation des élèves, dans le salaire. (…) " Pourquoi ne pas proposer des responsabilités différenciées aux enseignants dans l’établissement (accueil des stagiaires, coordination disciplinaire pédagogique, coordination de niveaux, liaison avec les écoles, avec l’université…) ? Ceux-ci pourraient ainsi se sentir pleinement acteurs de leur établissement et pas seulement sujets. Ces délégations de pouvoir accordées à des enseignants pourraient être définies en conseil pédagogique et validées par le conseil d’administration".
Et suggestion apparemment pleine de bon sens : développer les services partagés en zone prioritaire pour contrer l’exode des enseignants. A mon avis, l’investissement sera lui aussi partagé. Mais je me trompe peut-être.

La Note de Jean-Louis Auduc « Gérer les enseignants autrement : un diagnostic rude, des pistes de travail à ouvrir » se trouve sur le site de Terra Nova

Toujours dans le Café pédagogique, Bruno Devauchelle s’interroge sur la question éternelle : Former les enseignants au numérique. Il propose quelques axes d’analyse pour tenter de réfléchir à cette question : le rôle du temps, des intentions, du référentiel et enfin de l’usage. De bonnes questions pour tout formateur, et quelque soit le domaine d’ailleurs.


Pour mémoire

L’Express rappelle que « Deux ans après la circulaire Guéant, les diplômés étrangers toujours à la peine »
« La question des étudiants étrangers désireux de travailler en France revient dans le débat sur l’immigration professionnelle : l’abrogation de la circulaire Guéant leur a facilité la tâche, mais beaucoup se voient toujours opposer un refus. »


Un bruit qui ne fait pas encore vraiment information

Au BOEN, on voit se succéder les réorganisations académiques des CIO (centre d’information et d’orientation) proposées par les recteurs et validées par le Ministère. La dernière en date concerne les CIO de l’académie de Lille publiée au BOEN. Partout en France, les conseils généraux se retirent du financement des CIO « départementaux ». Le projet de transmettre ces organismes aux régions ayant échoué, reste à réorganiser le réseau à partir des CIO d’état. Je publierai un article d’ici peu sur mon blog.
France 3 Rhône-Alpes se fait l’écho de l’inquiétude des personnels des Centres d’Information et d’Orientation. Ainsi les personnels des centres d’information et d’orientation du Rhône ont décidé d’une journée académique de grève, le jeudi 20 juin 2013, avec rassemblement à 11 h devant le Rectorat de Lyon.


Parce que l’actu ça se lit, se commente et se partage, à votre tour de relayer ! A demain donc, en compagnie de Philippe Watrelot, votre chroniqueur du samedi pour la revue de presse de la semaine !

Bernard Desclaux