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Revue de presse du jeudi 12 février 2015

Absentéisme - Harcèlement - Marseille - En bref


Les vacances scolaires ne stoppent guère l’actualité éducative, certaines zones se trouvent même sous le feu des médias, effet loupe ou non, cela chauffe toujours pour l’éducation en ce moment, dans le Nord, à Marseille ou à Poitiers. L’apaisement sera-t-il au rendez-vous de la Saint-Valentin, début des vacances de la zone C ce samedi ?

Absentéisme

 

Dans la presse, depuis quelques jours, il est beaucoup question de cette mère, condamnée pour l’absentéisme de son fils au collège.
Ainsi, l’assistante sociale scolaire Marie-Claire Michaud estime dans 20 Minutes qu’« il faut tordre le cou aux clichés ». On y apprend que le décrochage scolaire « est une situation malheureusement de plus en plus courante, qui toucherait près de 140.000 enfants par an ». L’assistante sociale a créé dans le Val d’Oise où elle exerce l’association Ecole et famille qu’elle décrit comme « un "espace tiers" entre la famille, l’école et le quartier, où tout le monde peut se rencontrer. Nous faisons à la fois un travail de concertation et .de formation avec les professionnels scolaires, un travail de thérapie familiale, mais aussi un travail de mise en réseau. » Elle rappelle que « le décrochage scolaire est toujours multifactoriel » sans minimiser toutefois les facteurs aggravant les risques. Elle y rappelle l’importance du dialogue parents-enseignants en expliquant notamment « les parents acceptent d’autant plus de travailler sur leurs responsabilités parentales s’ils voient que des enseignants travaillent aussi sur leurs pratiques professionnelles. Plus on dialogue ensemble, mieux on se comprend et mieux on vit dans la cité ensemble. »

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Le dessin de Geneviève Brassaud

 

La Voix du Nord revenait mardi sur la réponse de Madame la ministre à cette décision : « Escaudinoise condamnée pour l’absentéisme de son fils : pas une bonne solution pour Vallaud-Belkacem ». Citant Najat Vallaud-Belkacem, le quotidien mentionne « je n’ai pas les détails de cette affaire – mais il semblerait que ce soit un cas très exceptionnel dans lequel c’est au nom de la protection de l’enfant lui-même qu’on a convoqué sa mère pour instruire le dossier  ». Propos repris notamment par La Dépêche dansson article qui rappelle la loi et des faits précédents « La poursuite de parents pour les absences de leurs enfants peut se faire au titre de l’article 227-17 du code pénal. Ce texte prévoit une peine de deux ans de prison et de 30 000 € d’amende dans le cas où les parents compromettent « la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation » de leur enfant.
« Une condamnation dans un cas similaire avait déjà eu lieu en mai 2010, avec une peine de prison de deux mois avec sursis prononcée par le tribunal correctionnel de Laon dans l’Aisne » a précisé hier le ministère.

 


Harcèlement

Déjà évoqué par Bernard Desclaux hier, ce sujet reste prégnant dans l’actualité éducative.
Le journal Le Monde s’intéresse à la parution d’un manga évoquant « harcèlement scolaire et handicap » intitulé A Silent Voice. L’article explique qu’« à la fin de janvier est sorti en France un manga sur le thème sensible et peu traité du harcèlement des handicapés en milieu scolaire. ». Benjamin Benoit, le journaliste, mentionne que « chaque nouveau chapitre a été traduit et diffusé illégalement en un temps record, signe d’un intérêt important. » Si son analyse est juste, on peut regretter qu’il n’évoque pas à ce sujet la délicate question des droits et de l’inadéquation des temps de traduction à la rapidité d’internet. Le journaliste dans son article montre bien l’intérêt du manga car l’un des héros n’y est pas présenté comme foncièrement cruel, ainsi « Shoya, désireux de capter son attention [celle de l’héroïne, sourde], ne va pas trouver mieux que des petites « blagues », qui se transforment en brimades gratuites. ». B. Benoit rappelle qu’à l’adolescence « l’importance culturelle de rentrer dans le moule et de garder la face, et pousse des dizaine de milliers d’enfants à l’exclusion, au décrochage et parfois au suicide. »

 

A propos de harcèlement, Le Point rapporte l’exclusion de « trois lycéens de seconde du lycée Louis-Armand de Poitiers [...] pour avoir harcelé, par des plaisanteries antisémites et à caractère négationniste, un de leurs camarades ». Le proviseur du lycée a expliqué voir donné la plus forte peine d’exclusion possible [sans conseil de discipline, note personnelle] « Je pense que c’est une sanction de nature éducative, elle doit montrer la gravité de ce jeu plus que malsain. » Les trois jeunes ont été entendus par la police et l’un d’eux « est convoqué à la mi-avril devant un juge des enfants pour répondre d’injures racistes, antisémitisme et menaces de mort. ». Les autres auront un rappel à la loi.

 


Marseille

 

Marseille se trouve sous les feux de l’actualité éducative en cette période. Ainsi, le journal 20 Minutes titre « Les profs de la Castellane en crise ». Les groupes scolaires de la Castellane ont exercé leur droit de retrait après que « des rafales de kalachnikovs ont été tirées dans la cité, à proximité immédiate des écoles élémentaires et maternelles Saint-André Castellane et Saint-André Barnier. ». Le collectif d’enseignants « demande une rencontre avec l’état, l’éducation nationale et la mairie. « Les familles vivent quotidiennement dans l’angoisse, la peur des balles perdues ou des affrontements. Cela accentue le fort taux d’absentéisme déjà important, note le collectif. Les enfants intègrent la violence comme un mode de fonctionnement et la banalisent. Ils ont d’autres préoccupations que l’apprentissage ». » L’image qui accompagne l’article n’est en effet guère propice à rassurer des enfants et à leur assurer un apprentissage apaisé.

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Le dessin de Jean-Marie Olaya

Toujours pas prête pour l’accueil périscolaire lié aux rythmes, la ville de Marseille veut faire payer le périscolaire titre La Marseillaise. Comme le dit dans l’article Jean-Philippe Garcia de la FCPE. « Le paiement des activités, poursuit-il, va créer encore plus d’inégalités. ».

 


Pression

 

En parlant d’après-Charlie, Mattea Battaglia et Aurélie Collas titrent dans Le Monde « la dérive autoritaire d’une école sous pression ». Les deux journalistes rappellent les faits et remarquent d’ailleurs que « Ce n’est pas dans la culture scolaire de faire appel à la police. Les enseignants font figure d’éducateurs avant tout : écouter, ne pas éluder les questions, amener les élèves à réfléchir. Parfois, si nécessaire, convier les familles, faire appel aux services sociaux et, en dernier recours, opérer un signalement. Dans ces affaires, des étapes ont, semble-t-il, été brûlées. La belle image des « hussards de la République » en sort écornée. » et que ces injonctions viennent d’en haut « Les consignes de nature éducative – respecter une minute de silence, laisser les élèves s’exprimer… – ont vite fait place à des injonctions plus autoritaires. ». Gageons que les vacances scolaires en cours ou à venir ramèneront le calme souhaitable pour enseigner sereinement.


En Bref

 

Lutte contre les inégalités toujours, dans un communiqué de presse, le Ministère dévoile pour demain l’inauguration du Pôle Molière aux Mureaux dans les Yvelines. Cette inauguration sera « l’occasion pour les ministres d’aborder avec les élus locaux la généralisation en
2015 des projets éducatifs territoriaux (PEDT), l’aide apportée aux maires par les services de l’État pour l’élaboration de ceux-ci et la bonne complémentarité entre activités scolaires et périscolaires. Dans le cadre des Assises qui prolongent la grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République et de la préparation du prochain comité interministériel de lutte contre les inégalités, les ministres échangeront avec élus locaux et associations présents sur l’inscription dans les PEDT d’un volet laïcité et citoyenneté, pour transmettre aux enfants les valeurs de la République.
 ». On constate qu’on est toujours dans l’après-Charlie.
Le site Vousnousils publie un article sur le dispositif « Plus de maîtres que de classes ». Le site établit un bilan à mi-parcours plutôt favorable « le plan, qui devait aider chaque élève à la maîtrise du socle commun via les apprentissages fondamentaux (lecture, écriture et calcul), gagne tout doucement les classes. ». Mais la formation n’est pas encore prête « Un programme doit être mis en place via Magistère, l’outil de formation continue interactive, qui présentera des modules en lignes, des vidéos mais aussi des rencontres sur sites au niveau des circonscriptions, ou dans des écoles de taille importante. L’objectif est de le mettre en place dès la rentrée. »
Sur son blog, Claude Lelièvre évoque « Une baisse tendancielle des horaires de français ? » et en profite pour remettre quelques pendules à l’heure.
« Alors que l’apprentissage du français est mis actuellement au premier plan des préoccupations scolaires, la question des horaires qui lui sont dévolus resurgit (même si le temps qui lui est imparti ne peut être que l’une des dimensions du problème posé). Afin de suivre des évolutions qui peuvent être comparées (et comparables) sur un temps long, le mieux est de s’en tenir aux classes de l’école élémentaire, celle qui a concerné tout le monde depuis le début de la troisième République. »

Emilie Kochert


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Réussir l’école du socle - En faisant dialoguer et coopérer les disciplines
Ouvrage - 2013
Francis Blanquart, Céline Walkowiak - ESF, 2013
Organisé de manière très concrète autour des pratiques scolaires de classe au collège et en 2de de lycée, cet ouvrage s’attache à tous les aspects de la pédagogie ouverte et innovante nécessaire à la réussite de « l’école du socle commun ».

Le temps d’apprendre
Revue n°490 - juin 2011

L’objet de ce dossier est de montrer différentes manières dont joue le temps dans les apprentissages. À long terme sur les parcours des élèves ou la conception des enseignements. À court terme sur la vie de la classe, ses gestes au quotidien, le respect des rythmes de chacun, les souplesses à trouver entre lenteur et rapidité.

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