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Revue de presse du 04 juillet 2013

Lancement des Éspé - Le bac à la veille des résultats

Au cœur de la revue du jour, le lancement des Espé, sur l’air de "Hello Espé, Goodbye IUFM" mais aussi de nouvelles polémiques et réflexions au sujet du Bac et de son mode de correction.

30 Éspé pour 40 000 étudiants

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Le dessin de Fabien Crégut

Dès la rentrée 2013 les nouvelles É.S.P.É (Écoles Supérieures de Professorat et d’Éducation) remplaceront les anciens I.U.F.M. (Institut Universitaire de Formation des Maîtres). C’est ce qu’ont officiellement annoncé lundi dernier à Lyon Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale. 30 écoles seront ainsi crées dès septembre prochain, une par académie, accueillant un total de 40 000 étudiants destinés au métier de professeur et de personnel d’éducation. Si cette réforme de la formation des enseignants, annoncée de longue date comme la clé de voute de la Refondation de l’école, constitue en effet un élément central et majeur pour l’évolution et la vitalité du système éducatif français, elle génère néanmoins chez de nombreux acteurs de vives interrogations. Entre espérance et points de vigilance, quand les uns s’y voient déjà, les autres se crispent. Ainsi, sur le site du Café pédagogique, on peut lire la réaction de J.L Auduc, ancien directeur d’IUFM qui exprime son point de vue sans détours : « la découverte du « modèle » de « tronc commun » dans le dossier de presse du ministère à l’occasion de la journée de présentation des ESPE, ne peut, hélas, que me laisser perplexe car il apparaît en contradiction totale avec les contenus du concours, et les exigences du métier enseignant. » Il dénonce entre autre, l’incohérence du dispositif qui ne permet de traiter les questions relatives à l’éthique professionnelle qu’en milieu de Master 2, c’est à dire, une fois les épreuves d’admission terminées, dénonce l’absence de réflexion sur ce tout qui constitue l’évolution psychologique du jeune adolescent et déplore enfin le manque de formation sur la relation parents-enseignants. Aussi se demande-t-il « si le ministère n’est pas en train d’abandonner tout un pan de la professionnalité des enseignants figurant dans le référentiel des compétences du métier enseignant. » Comme en écho à ces griefs Vincent Peillon n’hésite pas à reconnaître publiquement : « A la rentrée, il y aura des imperfections, et je vais vous faire une confidence, il y en aura aussi à la rentrée 2014 et à la rentrée 2015 », propos recueillis par Lucie Delaporte dans un article du journal Médiapart Les imperfections, n’est-ce pas là en effet le propre de toute réforme en formation ? N’est-ce pas là la faille de toute démarche visant à la conduite du changement ? Certes, l’argument s’entend, pour autant aux yeux de certains, comme le Snesup syndicat national de l’enseignement supérieur, cette réforme aurait mérité une année de plus de réflexion, année que Vincent Peillon a refusé de s’octroyer, jugeant urgent de stopper là la mise en danger de plusieurs générations d’enseignants, et d’élèves, sacrifiés sur l’autel de la mastérisation lancée en 2010 et qui avait supprimé l’année de formation en alternance. Sur le lancement de ces Espé, et pour tenter d’approfondir le sujet on pourra entendre samedi 6 juillet à 19h, dans l’émission Rue des écoles animée par Louise Tourret, les points de vue de Gilles Roussel, président de l’université Paris Est Marne la vallée, et de Philippe Watrelot, président du CRAP, professeur, formateur et fondateur de cette revue !


Le bac : 600.000 candidats, 170.000 correcteurs, 4 millions de copies !

Des chiffres qui donnent le vertige et interrogent par la même occasion les modalités de correction, la pertinence de celles-ci, mais aussi les moyens libérés à cet effet. Détournons-nous donc quelques instants des sempiternelles et stériles polémiques relatives à la question du niveau des élèves pour nous intéresser ici à un débat d’un autre genre lancé par l’Echo Républicain et reprise par Emmanuel Davidenkoff sur le blog EducPro de l’Etudiant dans une chronique intitulée « Quand les machines corrigeront le bac » A la question posée par le premier : La machine peut-elle remplacer l’homme ? Emmanuel Davidenkoff semble répondre par l’affirmative. « Cette innovation est imminente » écrit-il et « seules nos réticences culturelles en retarderont l’avènement. » Déjà lancées aux Etats-Unis, des recherches sur ce mode de correction ne sauront donc tarder à voir le jour chez nous également. En effet, à l’heure de la massification et du numérique il paraît illusoire d’éluder cette question. Le journaliste poursuit, non sans un brin d’humour « De manière assez cocasse lorsqu’on y songe, le débat qui précèdera l’acceptation de ces systèmes sera possiblement bien plus violent que lorsqu’il fallut nous convaincre de remettre nos vies à des métros sans conducteur ou à des avions mus par des pilotes automatiques. » Nous voilà donc avertis, et comme dit le Sage Un homme averti....
Pour le lecteur intéressé, on retrouve ce sujet, traité ce matin même sur les ondes de France Info dans l’émission Question d’éducation. Parallèlement à ce débat, le magazine en ligne NousVousIls publie un article façon contestation mode d’emploi. En effet, suite à la publication des résultats demain, un certain nombre de lycéens souhaitera sans doute et comme chaque année, contester leurs notes et demander à vérifier leurs copies. Est-ce possible ? Oui, mais ces réclamations demandent à respecter certaines conditions. Un candidat dépité par ses résultats peut, « dans les jours sui­vant le résul­tats du 1er groupe d’épreuves, deman­der par cour­rier au chef du centre d’examen un exem­plaire de sa copie. Passée cette échéance, c’est au rec­to­rat qu’il doit s’adresser (ou, pour les aca­dé­mies de Créteil, Paris et Versailles, au SIEC d’Arcueil) » Pour toutes informations complémentaires, je vous invite à lire soigneusement les procédures décrites dans cet article par Elsa Doladille.
Jamais 2 sans 3... Autre polémique autour du bac, celle soulevée par un syndicat de lycéens et qui réclame « une réforme en profondeur », pour reprendre le titre de l’article paru dans le NouvelObservateur- Société Ils seraient près de 42.000 lycéens à contester ce qu’ils appellent « une épreuve sanction » ne correspondant ni à l’investissement fourni et les compétences développées sur l’ensemble de leur 15 années de scolarité, ni à l’ampleur de la tâche qui les attend en formation post-bac ou dans leur vie professionnelle immédiate. Une épreuve hors-réalité en quelque sorte, décontextualisée et fondée sur le seul héritage d’un rite, aujourd’hui dépassé. Regrettant "qu’aucun ministre de l’Education n’en a eu le courage pour l’instant", l’UNL "exige" que le baccalauréat soit "abordé au plus vite lors de la refondation du lycée". Voilà qui augure de passionnants débats...

D’ici là, je vous souhaite, pour ma part, un très bel été, studieux pour certains, paresseux pour d’autres, mais il faut l’espérer, ensoleillé pour tous ! Et demain, petite surprise, votre dernière revue de la saison 1 sera livrée par Christine Vallin, notre rédac-chef, rien que pour vous !

A très bientôt,
Ostiane Mathon