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Revue de presse des hebdomadaires
(semaine du 11 au 17 avril 2005)

C’est le Nouvel Obs qu’il faut lire ce week-end et plus précisément son supplément parisien. Le magazine revient sur les violences lors de la manifestation du 8 mars et s’interroge sur la « fracture ethnique ». Les descriptions et les témoignages rassemblés inquiètent et posent de vraies questions.
C’est Didier Peyrat, magistrat à l’origine d’une pétition pour une commission d’enquête qui interpelle : La gauche joue son avenir ». Peut-être un élément de réponse dans un texte du sociologue Didier Lapeyronnie dans l’édition nationale : «  [...]plutôt que pétitionner contre les « ratonnades anti-Blancs » tels des pompiers pyromanes, plutôt que se draper dans une sainte indignation comme des conservateurs et des idéologues aveugles au monde social, plutôt que dénoncer un communautarisme qui menacerait notre belle cohésion nationale, prenons la mesure du racisme institutionnel et de la formation des ghettos. Luttons contre les mécanismes qui les nourrissent. On ne résout pas les problèmes sociaux par des leçons de morale. Il est urgent d’offrir une perspective politique et d’apporter son soutien à des populations qui font partie de notre société mais ne croient plus qu’elles peuvent participer au même titre que les autres à la construction de notre destin collectif.  »
Les hebdos reviennent aussi sur la mémoire de l’esclavage et du colonialisme. Deux articles à lire dans Politis et dans Marianne.
Bonne lecture...


Le Nouvel Observateur du jeudi 14 avril 2005 -

Violences en noir et blanc
Il y a eux, et les autres. Des « bourges », des « victimes de chez victime », des « baltringues », incapables de se défendre. Entre la jeunesse des cités et celle de la capitale, le gouffre se creuse. Propos haineux, violences faciles et ressentiment social s’y mêlent dans une terrible escalade, beaucoup plus complexe que la simple expression d’un racisme anti-Blancs [...]
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Les classes dangereuses et la République par Didier Lapeyronnie
Le spectre du racisme « anti-Blancs » hante le défilé des lycéens du 8 mars dernier. L’ampleur des violences subies par les manifestants, victimes de « jeunes de banlieue » venus racketter, « casser du bouffon » sous l’œil indifférent de la police, est plus qu’un traumatisme moral : c’est un phénomène social. S’amplifiant depuis dix ans, ces violences constituent une réalité inscrite de manière durable dans notre paysage politique. Elles révèlent le profond divorce entre la République et une partie des jeunes des quartiers populaires. Perdants d’une compétition scolaire de plus en plus implacable, ils n’espèrent plus rien d’une institution dont le fonctionnement et les normes les marginalisent, les humilient, les enfoncent un peu plus. Pour eux, la République est un monde de fausses promesses dont le vocabulaire vertueux - intégration, citoyenneté - masque la ségrégation et le racisme qu’ils subissent. Elle n’est plus une chance, elle est devenue un obstacle. De proche en proche, leur ressentiment se porte sur ceux qui sont à l’intérieur, ces « Français », ces « Blancs » ou ces « bouffons » - car peu importe en réalité la couleur de la peau - auxquels profite encore cette République. Ce monde populaire ou cette classe moyenne dont ils ne sont pas si éloignés, mais dont ils sont radicalement séparés par l’échec scolaire, la discrimination et une ségrégation urbaine croissantes. Alors que les uns défendent le service public et leur école pour ne pas tomber, les autres ont déjà basculé et se sentent au mieux indifférents à ces luttes, au pis hostiles lorsqu’ils se perçoivent comme les dindons de la farce.
Régulièrement les « classes dangereuses » font irruption sur la scène publique. Les exclus ne sont pas très gentils, ils sont souvent agressifs et violents, ils peuvent être racistes, antisémites, sexistes, homophobes...
La belle découverte ! La misère et la ghettoïsation n’ont jamais rendu meilleur. Elles ne sont pas non plus une « excuse sociologique ». Le croire serait faire injure et affaiblir ceux qui, placés dans les mêmes conditions, n’ont pas opté pour l’argent d’apparence facile et continuent de lutter, d’agir pour changer l’ordre des choses, souvent dans l’indifférence générale. Alors plutôt que pétitionner contre les « ratonnades anti-Blancs » tels des pompiers pyromanes, plutôt que se draper dans une sainte indignation comme des conservateurs et des idéologues aveugles au monde social, plutôt que dénoncer un communautarisme qui menacerait notre belle cohésion nationale, prenons la mesure du racisme institutionnel et de la formation des ghettos. Luttons contre les mécanismes qui les nourrissent. On ne résout pas les problèmes sociaux par des leçons de morale. Il est urgent d’offrir une perspective politique et d’apporter son soutien à des populations qui font partie de notre société mais ne croient plus qu’elles peuvent participer au même titre que les autres à la construction de notre destin collectif.
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Queues de manifs
Établissements bloqués ou barrages sur les routes, tout est bon pour ceux qui luttent toujours contre la loi Fillon
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Non à la fracture raciale
Voilà plus d’un mois que les répliques de la manif lycéenne du 8 mars à Paris se font sentir. Faut-il parler d’un racisme anti-Blanc ? N’est-ce pas stigmatiser des imbéciles par ailleurs victimes de la relégation ? Doit-on en finir avec cette culture de l’explication sociologique et de l’excuse ? Pour prendre la mesure de ces xénophobies, « ParisObs » a enquêté. Rassemblé les statistiques. Écouté les parents d’enfants tabassés. Raconté l’agression d’un vétérinaire à Saint-Denis. Regardé les tribus dans un collège parisien
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9 blessés connus, 0 enquête
Neuf blessés légers et 10 plaintes. C’est le bilan que la Préfecture de police dresse de la manifestation du 8 mars. Les plaintes portent sur des vols avec violence (6), vol simple (1) et coups et blessures volontaires (3). Aucune n’évoque du racisme, du moins à titre principal. Aucune surtout n’a donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire. Ou même d’une enquête préliminaire. Le procureur de Paris ne le juge pas utile. Quelques condamnations en comparution immédiate lui ont, semble-t-il, suffi.

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“Je dis quoi à mon fils ? “
L e 25 mars dans un bistrot bruyant. Une trentaine de personnes ont répondu au mail lancé par Steph et Françoise. Leur fils, élève du lycée Paul-Valéry (12 e ), s’est fait violemment agresser lors de la manif du 8 mars. Après avoir porté plainte, Steph et Françoise lancent un mail pour recueillir des témoignages. Qui affluent. Profs, lycéens, parents. Une réunion s’ensuit. Les participants ne se connaissent pas forcément, mais le ton est résolument à gauche, voire à l’extrême-gauche. Virulence, désarroi et contradictions. Un représentant de la FCPE-Ile-de-France les rejoint. Extraits
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“La gauche joue son avenir”
Didier Peyrat avait mené, en 2001, pour le gouvernement une mission sur la sécurité dans l’habitat social. Il vient de publier un ouvrage passionnant «  En manque de civilité  » (éditions Textuel, 189 p., 18 € ).
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Mon lycée à l’heure tribale
Niak (asiatique) ; babtou (toubab, blanc) ; négro (noir) ; chalala (juif branché) ; céfran (français)... Sur le trottoir du collège-lycée Lamartine, Faubourg-Poissonnière (9 e ), ce garçon malin en convient : « On se surprend à utiliser ces mots, même si on n’est pas racistes. Cette façon de désigner les autres s’est généralisée. » Il sort de son sac le résumé d’une réunion sur ce thème organisée par le collège à la mi-mars. Il a écrit : « Ces deux dernières années, à Lamartine, se sont formés des groupes, souvent sur des critères religieux, ethniques ou culturels. Un racisme est apparu, et on constate une forte augmentation de la violence verbale. Les insultes graves sont banalisées et ne visent plus des personnes mais des groupes.  » Autour de lui, on précise qu’aujourd’hui un simple regard peut passer pour raciste. [...]
[...]les élèves ne sont pas nécessairement là où on les attend. Celui-là, qui porte une étoile de David où est inscrit « Israël vivra », désigne un de ses meilleurs copains : un beur. Celle-ci est une jeune fille black qui se réclame du judaïsme et achève de brouiller les pistes. Lors de la réunion, à la mi-mars, des élèves ont fait observer que l’obsession de la laïcité empêchait qu’on parle de religion dans les cours, et que l’ignorance creusait des fossés. Bien vu.
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Ecole Attention danger
C ’est surtout dans les collèges que les phénomènes d’ethnicisation sont les plus sensibles. Pour preuve, le rapport présenté au ministre de l’Éducation nationale en juin 2004 : «  Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires  ». Exemples : dans une école primaire, les élèves avaient institué l’usage exclusif des deux robinets de toilette, l’un réservé aux « musulmans », l’autre aux « Français ». Ou encore : un responsable local du culte musulman a demandé à un inspecteur d’académie de séparer les vestiaires car, selon lui, « un circoncis ne peut se déshabiller à côté d’un impur  ». Des établissements ont même accepté le principe d’une ségrégation alimentaire : « agneau interdit aux non-musulmans  », «  tomates réservées aux musulmans  »... « Nous avons été frappés et choqués par l’ampleur que prennent ces manifestations, leur prégnance  », confie l’auteur, Jean-Pierre Obin, à « ParisObs ».
Face à cette ethnicisation galopante, parents, professeurs et encadrement laissent souvent faire, déplore le rapport : « La grande majorité des enseignants estime que ce n’est pas leur rôle d’éduquer les élèves  », regrettent certains.
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“Pourquoi tu nous regardes ?”
Nicolas Vidal-Naquet a 42 ans, il vit à Paris, est vétérinaire à Saint-Denis. Sur l’affichette signalant son absence d’une semaine «  suite à une agression raciste, lâche et gratuite  », une main a écrit « MYTHO » . Le 22 mars dernier, vers 19 heures, il passe un appel dans le hall, face à la porte vitrée. Sur le trottoir opposé, quinze jeunes tiennent les murs, «  dont beaucoup sont connus de moi, et inversement  ». Trois s’approchent de son cabinet ; eux, il ne les a jamais vus. Le vétérinaire entrouvre la porte et s’entend dire : « T’as un problème ? Pourquoi tu nous regardes ?  » Puis ils le frappent au ventre, à la mâchoire, aux genoux. L’un d’eux balance : « Tu n’as pas à nous regarder, sale Blanc de ta race de merde. » Vidal-Naquet tombe à l’intérieur du cabinet, la porte se referme, et le trio se sauve. La scène a duré deux miutes. Tête gonflée, dent cassée, il s’évanouit deux fois à l’hôpital. Une semaine de convalescence. «  Je n’ai pas de haine ; j’ai de la fureur et de l’incompréhension. La tête qui tourne.  » Nicolas Vidal-Naquet exerce à Saint-Denis depuis quatorze ans.[...]
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Brouillage
Où sont passés les politiques depuis les débordements du 8 mars ? En vacances, en congé-maladie ou accaparés par l’Europe ? Hormis les déclarations de Julien Dray pour dénoncer l’inaction des forces de l’ordre, c’est le calme plat. L’UMP, qui n’a cessé de claironner ses bons résultats dans la lutte contre la délinquance, semble aphone. Même mutisme à la Mairie de Paris qui avait, l’été dernier, lancé une campagne d’affichage contre le racisme, et l’antisémitisme. On était pourtant loin du simple vol de portables. La précipitation des uns et des autres lors de l’affaire de la fausse agression antisémite du RER B aurait-elle bridé les langues ? D’habitude plus promptes à dégainer du communiqué, les associations antiracistes sont longtemps restées discrètes. Retrouvant de la voix pour s’émouvoir de l’appel lancé, quinze jours
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Une bande-son qui tape bas
« J’baiserais la France jusqu’à ce qu’elle aime  » , chante Tandem, duo du 93. Déclaration de guerre ou d’amour ? Lorsque certains rappeurs évoquent la France, ça rivalise de testostérone. «  La haine c’est ce qui rend nos propos vulgaires / On nique la France sur une musique populaire » , clame les controversés Sniper. Rupture de préservatifs en prévision. Dans un milieu où « négro », « rabza » ou « toutbab » sont plus des interjections que des insultes, le Blanc n’apparaît souvent que sous les traits d’un électeur FN ou d’un bourgeois. Le registre passe parfois du revendicatif au vindicatif : « Niquer le système, ils auront le feu car ils ont semé la haine / qu’on les brûle, qu’on les pende ou qu’on les jette dans la Seine  » , dit encore Sniper. Une chanson écrite à 17 ans, une violence fantasmée, se défendent-ils.
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En Baisse : La proviseur du lycée Turgot
Les lycéens faisaient une chaîne humaine devant la porte pour bloquer l’accès au lycée. Thérèse Duplaix, perdant toute mesure, aurait distribué des gifles à la volée puis elle a fait appel aux élèves de prépa et BTS pour forcer l’accès. A une élue qui avait suscité un débat en mairie, elle a annoncé : « Je veux constituer une milice de prépas. ».
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Le Point du 14 avril 2005

« Brice de Nice » roi du marketing
Ces prochains jours, si vos ados pénètrent dans le salon avec un air mi-chafouin mi-arrogant et vous lancent : « Salut, ça farte ? », ne vous inquiétez pas : ils sont sous l’effet de la « Brice attitude ». Un virus qu’ils auront attrapé lors d’une projection de « Brice de Nice ».
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La famille dans tousses états
Trente-huit chercheurs de l’Ined et de l’Insee ont dépouillé, six ans durant, 380 000 questionnaires collectés parmi nos semblables. Recueil grâce auquel ils dressent une fresque de nos vies affectives, « Histoires de familles, histoires familiales » (Ined, n°156). On y apprend que sept adultes sur dix vivent en couple, dont 80 % sont mariés. Que neuf personnes sur dix n’ont connu qu’un seul conjoint. Qu’un homme a toujours 23 % de chances de plus qu’une femme de retrouver un partenaire durable. Que les enfants de parents séparés quittent le domicile familial plus tôt que ceux dont les parents vivent en ménage, et que la présence au foyer d’un beau-parent les pousse plus vite encore vers l’indépendance. 1,6 million d’enfants vivent dans une famille recomposée et 1,5 million dans une famille monoparentale. La parenté tardive, soit le fait d’avoir un enfant après 40 ans pour une femme et après 45 ans pour un homme, progresse : ils étaient moins de 2 % voilà vingt ans, ils sont 5,1 % aujourd’hui
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L’Express du 11 avril 2005

Ecole et violence
Tout faux !

Pour le politologue Sebastian Roché, l’approche des pouvoirs publics ne se soucie pas assez d’évaluer l’efficacité des mesures prises
[...]Il faut encourager les actions pilotées par chaque établissement, mais surtout pas promouvoir de politique nationale de lutte contre la violence. L’approche doit viser simultanément trois niveaux - l’établissement, la classe, l’élève. Les programmes qui développent les compétences des élèves (savoir résoudre un problème sans violence), ou ceux qui les sensibilisent aux règles en les faisant participer, sont efficaces. Et il ne faut pas négliger les solutions à court terme. Si on pense qu’il faut changer toute la société pour réduire la violence, on n’y arrivera pas.[...]
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Le Figaro-Madame/ Figaro Magazine samedi 16 avril 2005

Polémique : La circulaire de Créteil
L’inspection académique de Seine-et-Marne vient de trouver une solution originale afin de faire remonter ses statistiques. Ce département francilien, comme tous ceux qui dépendent de l’académie de Créteil, souhaite que les collégiens soient plus nombreux à être orientés vers le lycée, alors qu’il connaît des résultats inférieurs à la moyenne nationale. En clair : il s’agit de favoriser les passages de la troisième à la seconde. Dans une circulaire adressée aux chefs d’établissement, en date du 31 mars 2005, l’inspecteur d’académie Philippe Sauret précise ainsi sa politique d’orientation : il s’agit selon lui d’inciter les principaux de collège à être attentifs aux voeux des parents d’élèves. Cette directive suscite quelques remous parmi les enseignants. « A aucun moment il n’est question de niveau ou de notes, s’indigne un professeur de mathématiques. Les décisions prises en conseil de classe ne serviront plus à rien puisque le principal aura seul le dernier mot. »
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Politis du 14 avril 2005

Ce que disent les « Indigènes de la République »
La mémoire coloniale remonte lentement dans la société française. Parfois par l’histoire. On évoquera ici la conférence anticolonialiste de Bandung qui, il y a tout juste cinquante ans, marquait l’émergence du tiers-mondisme. On retracera l’histoire de ce haut lieu de résistance toujours bien vivant : le Cedetim. Mais le passé colonial entre aussi en résonance avec la réalité de la France de 2005. Ce sera le cas samedi avec les Assises de l’anticolonialisme post-colonial. Une initiative qui fait débat au sein de la gauche. Les historiens Benjamin Stora et Jean Chesneaux nous font partager leurs analyses.
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Marianne du 16 avril 2005

La mémoire de l’esclavage
Le comité pour la mémoire de l’esclavage a remis son rapport, rédigé par Maryse Condé, à Jean-Pierre Raffarin et souhaite que le 10 mai soit désormais considéré comme date de commémoration officielle du crime contre l’humanité que fut la traite négrière. Le Premier ministre devrait prochainement rendre sa réponse. En attendant, marianne-en-ligne vous propose de mieux connaître cette tragédie. Plus de 20 millions d’Africains ont été en effet déportés entre le VII° et le XX° siècle. Principaux responsables de cette saignée démographique : les trafiquants européens et arabes.
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