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Revue de presse de la semaine du 27 au 31 mai

Deux grandes lois devant le Sénat - Baccalauréat - Rapport de la médiatrice

Le Sénat amende et vote les projets de loi sur la Refondation de l’Ecole et sur l’enseignement supérieur.

Sujet majeur de la première partie de semaine, on retrouve cette question dans les revues de presse des 27 et 29 mai derniers, sous la plume respectivement de Mila Saint Anne et de Laurent Fillion.
Dans son ensemble, la presse a insisté sur le fait que les amendements apportés par les sénateurs, s’ils ont une certaine importance, n’ont pas remis en cause fondamentalement les grandes orientations de cette loi. Sont ainsi conservés la création de 60000 postes en 5 ans, la création des Espés, la refonte des programmes par une commission créée à cet effet.
Le Monde, dans son édition du 25 mai, insiste sur l’aspect politique de ce vote, et sur la division qu’il a mise au jour entre deux conceptions de l’Ecole. A la lecture de l’article, on a finalement le sentiment que les débats ont fait ressortir, sur l’échiquier politique, les même clivages que l’on rencontre dans les milieux éducatifs : la droite a défendu le sens de l’effort, la transmission des savoirs fondamentaux ou l’évaluation chiffrée, alors que la gauche a davantage insisté sur l’innovation pédagogique et l’effacement de tous les dispositifs de nature à classer et hiérarchiser les élèves.
Libération, dans son édition du 24 mai, insiste sur un autre aspect de cette loi préservé par le Sénat, et qui de ce fait semble définitivement acquis : le maintien du caractère unique du collège (suppression, notamment, des dispositifs d’apprentissage avant 15 ans).
Finalement, le dernier mot sur ce sujet revient aux Echos, qui parlent de "l’un des rares textes du gouvernement à avoir été approuvé par le Sénat sans l’apport des voix de la droite". La revue de Laurent Fillion, mercredi, rappelait par ailleurs que cette unanimité de la gauche n’avait pas été obtenue sur la loi relative à l’enseignement supérieur, contre laquelle ont voté les sénateurs communistes, cependant que les sénateurs écologistes refusaient de prendre part au vote.


Le Baccalauréat, marronnier en chef de la semaine

Il fallait s’y attendre. Avec un printemps aussi pluvieux, la végétation est à la fête. Et la presse d’éducation n’a pas échappé à la règle ! Il pleut, les marronniers poussent, comme le rappellent toutes les revues de presse de lundi à jeudi.

A tout seigneur, tout honneur, le Bac a été omniprésent dans la presse de cette semaine. A cette occasion, on a eu la confirmation qu’il existait un nouveau serpent de mer pour les journalistes éducation : la fraude au Bac ! Déjà présente les années passées au moment de l’examen (du fait notamment de cas de fraude et de fuites de sujets particulièrement médiatisés), la presse s’en empare cette année trois semaines avant le début de l’examen. Même si l’originalité des fraudeurs est presque sans limite, comme nous le prouve 20 Minutes, l’ennemi public numéro un, c’est le téléphone portable, et plus particulièrement le smartphone (mais que les tenants de la Tradition se rassurent, la bonne vieille anti-sèche reste le second moyen de fraude le plus utilisé !). Le figaro et Ouest-France développent ce sujet de la "triche version 2.O", qui a le don, en retour, d’irriter le blogueur Michel Guillou. De fait, le dispositif retenu : quelques brouilleurs par académie, qui tourneront de façon discrète d’un centre d’examen à l’autre, peut laisser perplexe sur la perception du phénomène par le ministère. Combien de cas avérés de fraude chaque année ? Quelle légitimité à cette image de l’élève nécessairement suspect, qu’il faut mettre sous pression ? comme si la pression inhérente l’examen et à ses enjeux symboliques n’était pas en elle même une partie du problème ?
Les langues vivantes sont également à l’épreuve. De Libération au Journal de Saône-et-Loire, l’accusation est la même, relevée par Mila Saint Anne : une épreuve mal pensée, qui bouscule les calendriers (alors qu’elle bouscule surtout les habitudes), et qui générerait une inégalité de traitement entre les candidats. Cafouillages il y a, certes. Mais la presse ne semble pas encline à faire confiance à l’intelligence collective des enseignants pour en tirer les conclusions et faire en sorte que les choses s’améliorent l’année prochaine.
Philippe Watrelot est revenu, quant à lui, dans sa chronique de mardi, sur les aspects plus généraux du Baccalauréat. Il aborde en particulier,au travers d’un article du Figaro (dans les pages "étudiant" du 27 mai), la question des comparaisons internationales. Pointant malicieusement du doigt les pays dans lesquels aucun examen particulier ne vient sanctionner la fin des études secondaires, il évoque, au travers de cet article, le caractère d’exception européenne du "Bac à la française". Le même Figaro-étudiant, dans un autre article, précise également que cette année, statistiquement, un bachelier sur deux sera le premier de sa famille. Malheureusement, leurs bons résultats scolaires ne permettront qu’à très peu d’entre eux de poursuivre les études auxquelles, toujours statistiquement, accéderont les enfants de parents bacheliers. Un nouvel exemple de ce que Philippe appelle le "problème de maintenance" de l’ascenseur social.

Dernier fruit de ce marronnier suprême qu’est le Bac, le "plus jeune candidat de France". C’est 20 Minutes qui a a dégainé le premier cette année. Maxime, 14 ans, scolarisé au lycée Pierre-Paul Riquet de Saint-Orens-de-Gameville (banlieue de Toulouse), prépare un Bac S Sciences de l’ingénieur et sait déjà qu’il veut devenir chercheur en astrophysique. L’article ne révèle pas la profession de sa mère, mais son père est présenté comme travaillant dans un laboratoire pharmaceutique. On devine en filigrane une famille dont les relations avec l’école ne sont pas à proprement parler la tasse de thé de la majorité des lecteurs des Cahiers Pédagogiques ! "Ses parents se défendent de lui mettre la pression. « On ne va pas s’attendre à ce qu’il ait 20 sur 20 en permanence », dit Christian Parra. Mais « on a passé une pseudo convention dans notre famille : toute note inférieure à 14 entraîne une explication". Qu’on se rassure ! Maxime n’est que le "troisième plus jeune candidat de France", ce qui nous laisse encore espérer quelques belles pages sur ce sujet dans les jours qui viennent, et en attendant - symétrie oblige - quelques articles sur le plus vieux candidat de France.


Fournitures scolaires, poids du cartable et remplacement des enseignants : quand la presse relaie les principaux griefs des parents.

Derrière le marronnier du Bac, d’autres ont également bien poussé cette semaine, ceux que l’on entend régulièrement évoqués - chose somme toute bien compréhensible - au gré des conseils d’école, conseils d’administration et des conseils de classe presque partout.
Le coût des fournitures scolaires et le poids du cartable Ostiane Mathon évoque, dans sa revue de presse de jeudi, les articles qui traitent de la question. Vincent Peillon a fait paraître au B.O. une circulaire sur le "développement des pratiques d’achat responsable". L’occasion pour Europe 1 (poids du cartable), l’Express ou Libération (prix des fournitures), de pointer les louables intentions du ministère ("Objectif : permettre une meilleure maîtrise des dépenses de rentrée") et les inquiétudes récurrentes de la FCPE sur cette question ("L’inflation des listes de fournitures à acheter à chaque rentrée scolaire (...] bafoue le principe même de la gratuité et met de nombreuses familles en difficulté".
Le remplacement des enseignants. Derniers des marronniers de la semaine, il est de ceux qu’on ne saurait contourner tant son tronc est large. Il a été arrosé cette semaine par la médiatrice de l’Education, sur le rapport de laquelle Bernard Desclaux a construit sa revue de presse de vendredi. Le remplacement des enseignants est catastrophique dans nos écoles, nos collèges et nos lycées. Pour tout un chacun qui y travaille ou y a des enfants, cette information ne saurait surprendre. Du reste, si la médiatrice (et la presse à sa suite) la reprend, c’est parce qu’elle est son premier motif de saisine, devant le fonctionnement de l’enseignement privé hors contrat et les recours aux conseils de discipline.
Sujet d’importance donc. Et sujet traité cette semaine par la presse sous forme de questions-réponses. Les questions, c’est Libération qui les pose, notamment, dans son édition du 30 mai. "les parents estiment que le droit aux cours de leurs enfants n’est pas respecté". les réponses, elles sont fournies, via une lecture attentive mais orientée du rapport de la médiatrice, par 20 Minutes, qui relève les "propositions chocs pour remplacer les profs absents" qui sont contenues dans le texte rendu public jeudi. Propositions contenues, pour l’essentiel, dans les dispositifs réglementaires existants, à l’image des protocoles de remplacement à l’intérieur des établissements.

Depuis quelques semaines, les sujets d’actualité éducative sont des sujets brûlants. Mais qu’on se rassure, les autorités veillent sur nous. La preuve, en ce premier juin, comme nous l’apprend Libération, le plan canicule a été déclenché !

Lionel Jeanjeau