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Revue de presse du mardi 3 mars

Attentats et école - au Québec - Compétences et réforme - en vrac


Les imprimeurs sont en grève : les journaux ne sortent pas en kiosque. La plupart est donc disponible gratuitement en ligne aujourd’hui. Profitez-en.
La revue parle aujourd’hui encore des effets des attentats sur l’école. Elle va faire un tour au Québec, s’intéresse aux compétences et à la réforme du collège puis donne quelques infos en vrac.


Les attentats et l’école

Les conséquences des attentats continuent à secouer l’enseignement. Dans une double page (accessible aujourd’hui gratuitement en ligne), Le Figaro s’intéresse à "L’école et la théorie du complot", notamment en interviewant le politologue Pierre-André Taguieff : "le danger majeur du conspirationnisme actuel vient d’un scepticisme exacerbé, de cette « hypercritique », à laquelle la jeunesse est sensible, séduite par un discours de défiance de principe vis-à-vis de la culture « officielle », celle des parents, des médias, de l’institution scolaire, des autorités politiques. Pour autant, le complotiste doute de tout, sauf de ses propres certitudes…" "Quel est le rôle de l’école sur ce terrain ? Sa mission n’est-elle pas, entre autres, d’aider les élèves à faire la distinction entre un fait et une opinion ?". La question est posée mais aucune solution proposée, le journaliste se contentant de critiquer les mesures annoncées par la gouvernement.
La double page revient aussi sur les théories les plus fumeuses en vogue sur internet et chez les ados : les frères Kouachi agents secrets, le Pentagone jamais frappé par un avion, les illuminatis (qui reviennent dans chaque cours sur la Révolution, d’ailleurs), l’homme sur la Lune enregistré dans un studio. C’est complété par l’interview du fondateur du site Conspiracy Watch (L’observatoire du conspirationisme et des théories du complot).

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Théorie du complot en cours de maths - Jean-Marie Olaya

La laïcité à l’école est aussi interrogée en la personne de Abdennour Bidar, chargé de mission sur la pédagogie de la laïcité au Ministère de l’Éducation nationale. Il était l’invité hier du "Club de la Presse" sur Europe 1, interrogé par Michèle Cotta, Alexandre Kara et Serge July. Comment la laïcité est-elle appliquée dans les établissements scolaires, quelles difficultés rencontre-t-elle ? Quelles réponses sont apportées ? A réécouter (et voir).

Mais tous les problèmes de l’école et de la société vont être résolus grâce à l’enseignement de l’histoire. Claude Lelièvre sur son blog revient sur la matière préférée des Français à laquelle on demande tant. Il rappelle les déclaration des hommes et femmes politiques qui en appelle à l’enseignement du "récit national". C’est le cas notamment de Martine Aubry : "Devant l’insécurité culturelle grandissante, il y a urgence à reconstruire un imaginaire commun, comme Michelet l’a fait pour la IIIe République. Les programmes d’histoire, de géographie et de langues doivent faire une place à un récit national dans lequel chacun puisse se retrouver. Regarder la France plurielle telle qu’elle est et la revendiquer : voilà le but".
Rappelons tout de même qu’il serait bon de lire les programmes existants avant de faire ce genre d’annonce. Il me semble que le "récit national" est déjà enseigné, la France occupant la majorité des programmes. Et n’y a-t-il pas une contradiction entre ce "récit national" et la "France plurielle" ?


L’enseignement vu d’ailleurs, au Québec

Le Devoir rapporte une expérience intéressante d’échange de postes entre deux professeurs français et québécois. Les différences dans l’organisation et dans l’enseignement permettent d’appréhender une autre façon d’enseigner. La Québécoise a été surprise du manque de professionnels dans les écoles françaises. "En classe, l’enseignant est un peu laissé à lui-même avec ses élèves, y compris ceux qui ont plus de difficultés. Ici, il n’y a pas de grande mobilisation autour de l’enfant pour élaborer des plans d’intervention. « J’ai été chanceuse, je n’ai pas eu de cas d’élèves avec des besoins particuliers, explique Paméla, qui enseigne depuis au moins dix ans. Mais quand ça arrive, on s’organise entre nous, entre profs. »

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Une prof québecoise en France - Jean-Marie Olaya

Le Québec éprouve d’ailleurs des difficultés dans le recrutement de ses futurs enseignants qui ne maîtrisent pas suffisamment le français (à lire dans Metro). C’est le président d’une organisation syndicale interviewé qui critique la formation trop "pédagogiste" des enseignants. "Il faut revenir à un enseignement disciplinaire. Les gens qu’on forme dans les universités, on en a fait des spécialistes de la pédagogie. Nous, on dit qu’un prof au primaire et au secondaire doit d’abord être un spécialiste de la matière qu’il enseigne." C’est à rapprocher de la France où l’on critique souvent la formation trop disciplinaire des enseignants. Un juste milieu à trouver ?
Mario Asselin en fait une autre lecture.


Compétences et réforme

Le blog Eduveille s’intéresse aux compétences. Olivier Rey s’interroge sur "la différence entre l’usage du terme par les acteurs éducatifs et sa perception par les chercheurs."
Le terme est utilisé avec embarras par l’institution qui "témoigne d’un intérêt limité pour le sujet". Il est porté "par des militants pédagogiques (associatifs ou syndicaux), par des enseignants ou par des responsables éducatifs intermédiaires (chefs d’établissement, inspecteurs…) plutôt que par la hiérarchie." Car "face aux effets manifestement inégalitaires des logiques de transmission induites par les programmes disciplinaires, l’approche par compétences a été perçue comme plus « démocratique »." Par contre la recherche est très critique : "une grande majorité des articles à ambition scientifique sur les compétences se consacre à une dénonciation sévère de la notion de compétence comme « théorie » de l’apprentissage." Pour savoir pourquoi, n’hésitez pas à lire cet article très intéressant.
La Lettre de l’Education revient aussi sur le socle de compétence et la réforme du collège. "Toujours en l’absence d’annonce officielle, le schéma d’une répartition du temps scolaire entre des horaires disciplinaires et des « enseignements complémentaires », dénoncée par le SNES-FSU depuis janvier, nourrit les débats, chacun prenant ses marques avant que la partie ne commence." " Mais des critiques préventives sont formulées aussi parmi les partisans de la réforme, le SE-UNSA jugeant « dérangeante » la notion d’enseignements complémentaires. « Tous les enseignements sont importants », souligne son secrétaire général, Christian Chevalier, qui souhaite le maintien des moyens horaires disciplinaires parallèlement à des « moments particuliers pour travailler autrement »."


En vrac

Tout d’abord un billet très intéressant de Mila Saint Anne sur son blog. Elle questionne le terme "innovation" dans l’éducation, terme galvaudé s’il en est. "L’utilisation des « nouvelles » technologies en classe est donc innovant. Faut-il rappeler que les premiers ordinateurs grand public (Mac ou Atari) sont en vente depuis 30 ans et qu’internet a 20 ans ? Si on y songe, le Bic cristal inventé en 1950 n’a été autorisé dans les salles de classe qu’en 1965 mais en 1971/72 je remplissais toujours mes premiers cahiers d’écolier à la plume sergent major.
D’ailleurs, les pédagogies Montessori (1900) et Freinet (1964)* sont toujours des pédagogies innovantes…
"
Eduscol lance un nouveau portail de ressources pour l’enseignement des langues vivantes (à lire sur VousNousIls)
Le Monde relaie un étude montrant que la maîtrise du français est fondamentale pour la réussite des enfants issus de l’immigration. "Les jeunes issus de l’immigration sont donc d’emblée dans une situation plus compliquée que ceux qui manient la « langue de l’école » le jour, les soirées, les week-ends et les vacances. Le rapport ne le note pas, mais toutes les études sur l’entrée dans la lecture montrent que si un enfant ne possède pas un vocabulaire suffisant, il sera handicapé en termes de compréhension ; que s’il n’a pas fréquenté assez souvent les mots et la littérature jeunesse, joué avec les mots, il n’aura pas la conscience phonologique nécessaire pour comprendre le principe de la lecture qui ne va pas de soi."
Toujours sur le site du Monde, une interview de Claude Lelièvre sur le calendrier scolaire. Il revient sur l’histoire du zonage. Il estime que "pour vraiment améliorer nos rythmes, il faut aujourd’hui s’atteler aux congés d’été… un chantier pas facile à inaugurer."
Et un coup de cœur pour ce billet de Mara Goyet qui explique que non, enseigner au collège n’est pas moins valorisant qu’enseigner au lycée ou à l’université. Comme elle l’écrit " bon nombre de gens semblent penser que plus les élèves sont jeunes moins la tâche est intéressante, noble, intellectuellement satisfaisante" et pourtant...

Géraldine Duboz
Demain Bernard Desclaux sera aux manettes.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Réussir l’école du socle - En faisant dialoguer et coopérer les disciplines
Ouvrage - 2013
Francis Blanquart, Céline Walkowiak - ESF, 2013
Organisé de manière très concrète autour des pratiques scolaires de classe au collège et en 2de de lycée, cet ouvrage s’attache à tous les aspects de la pédagogie ouverte et innovante nécessaire à la réussite de « l’école du socle commun ».

Enseigner en primaire avec le numérique
Coordonné par Armelle Legars et Ostiane Mathon
26 février 2015

« Quelle place le numérique occupe-t-il aujourd’hui dans les espaces d’apprentissage de nos écoles primaires ? Quels enjeux éducatifs et pédagogiques permet-il de requestionner ou de soulever ? Différents acteurs de l’école se sont emparés de ces questions dans ce dossier. Ils montrent quels freins et obstacles ils ont rencontrés, mais aussi ce que leur permet l’école numérique que ne leur permet pas l’école sans numérique : des apprentissages fondamentaux abordés autrement, des besoins pédagogiques auxquels répondent de nouvelles pratiques. »