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Revue de Presse du vendredi 30 mai 2014

La réussite du numérique à l’école - La bienveillance et le métier de professeur - Les Français favorables à la réforme des rythmes


Rien de bien nouveau dans l’actualité éducative, on retrouve les mêmes thèmes : le numérique, l’attractivité du métier d’enseignant et les rythmes scolaires.

La réussite du numérique à l’école

Un article très intéressant de Antoine Amiel dans L’Express fait un point sur les divers plans numériques qui se sont succédé dans l’Éducation nationale depuis 1985 et pointe certains manquements : on se préoccupe beaucoup trop du matériel qui devient très vite obsolète. Mais il faut dire que le marché est juteux. "De grandes sociétés informatiques guettent les commandes de tablettes et logiciels. Microsoft, Apple, Google, IBM, HP ont tous développé des services éducation et tentent de séduire les pouvoirs publics et ses commandes massives. Cependant, l’équipement en matériel est-il forcément la priorité ?"

Il dénonce aussi l’oubli par les pouvoirs publics de l’usage du numérique et la mise en place de systèmes fermés (comme les ENT j’imagine). "Afin de véritablement développer l’usage du numérique dans les écoles et son appropriation par les élèves, un magasin d’applications pédagogiques dans lequel viendraient piocher les professeurs serait une bonne initiative. L’État a bien lancé Éduthèque, un portail agrégeant des ressources disponibles, sans réelle ligne éditoriale ni conseils pratiques quant à leur transposition en classe."

Un oubli important dans ces plans venus d’en haut : le professeur. En effet "valoriser les initiatives de professeurs, leur capacité à innover, inventer des modalités pédagogiques à partir d’outils qu’ils aiment utiliser n’est pas dans la tradition très hiérarchique et jacobine de l’Education Nationale. L’absence d’autonomie des professeurs et l’absence de valorisation de leurs initiatives ne peut que freiner l’usage du numérique."

Et n’oublions pas la coupure entre le pédagogique et l’équipement, conséquence de la décentralisation. Il faut harmoniser les politiques d’équipement. On ne peut que souscrire à cette réflexion : par exemple dans le Jura les collégiens sont dotés d’ipads mais arrivés au lycée, ils ne pourront pas les utiliser car la région refuse d’installer le wifi.
En résumé : "Les élèves et les professeurs doivent être mis au cœur de ce processus de conduite du changement vers le numérique, sans quoi les plans successifs n’imprégneront pas les pratiques pédagogiques."

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Le dessin de Fabien Crégut

La bienveillance et le métier de professeur.

La Voix du Nord fait aujourd’hui sa Une papier sur le métier d’enseignant : "Qui veut encore être prof ?". Sur internet, le titre est encore plus provocateur : "Enseignant, un métier en voie de disparition."
L’article revient sur les infos déjà parues : le manque de professeurs dans certaines matières mais aussi de professeurs des écoles. "Au moins un admis au dernier concours de professeur des écoles (instituteurs) l’a été à 7 de moyenne à Lille. Si bien que dans notre région, 64 postes n’ont pas été pourvus, le jury préférant ne pas recruter plutôt que baisser encore cette moyenne d’admission." Mais le journal ne tombe pas dans le panneau qui consiste à dire que les nouveaux enseignants sont des cancres en rappelant l’histoire du recrutement des instituteurs. "Entre 1879 et 1940, il fallait un certificat d’études primaires ou brevet élémentaire. Bref, avoir terminé ses études primaires avant de suivre trois ans de formation. À partir de 1945, ils étaient recrutés en classe de 3e avant d’être placés dans un cursus spécial en 4 ans. Bref, des profs de niveau bac." Aujourd’hui le recrutement est au niveau du master, soit bac+5.
Alors pourquoi une telle désaffection ? Le salaire du débutant ("Un enseignant commence juste au-dessus du SMIC contre deux fois le salaire minimum en 1981", selon la FSU), le niveau actuel du concours, la dégradation de l’image de la profession ? Des solutions diverses sont proposées qui feront beaucoup réagir, c’est certain : la bivalence, la régionalisation...

C’est pourquoi la volonté de bâtir une école de la confiance dans une société de la défiance semble cruciale ( L’Express ). C’est une volonté de Vincent Peillon reprise par Benoît Hamon. "Elle s’appuie autant sur le bon sens que sur les travaux des chercheurs en psychologie : on apprend mieux par l’encouragement que sous la contrainte ; on s’épanouit plus dans la confiance que dans la défiance. Cette approche n’exclut nullement l’existence de règles, de sanctions ou de punitions : la confiance de l’élève ne se nourrit pas de complaisance ou de démagogie mais de justesse et de justice."
Mais "comment épauler les enseignants, au quotidien ? La bienveillance est une posture exigeante, qui exige énergie et surtout confiance. Or des années de sondages le montrent : les français font confiance aux enseignants, pourtant ces derniers ne se sentent plus suffisamment reconnus. Comment nourrir cette reconnaissance ?"


Les Français favorables à la réforme des rythmes

L’Express revient encore sur la fronde de nombreux maires qui refusent d’appliquer la réforme, estimant que le "gouvernement n’en finit pas de s’enliser dans le dossier". Pour le journaliste, la réaction des maires est compréhensible "au regard des messages contradictoires adressés par le gouvernement". De nombreux maires UMP ont "déposé auprès des services du Premier ministre un recours en illégalité contre la réforme des rythmes." Mais à l’inverse, "le préfet des Hauts-de-Seine a déposé lundi deux référés devant le tribunal administratif contre les communes d’Asnières et de Levallois-Perret. Dans ces deux communes de droite, les délibérations des conseils municipaux vont contre la réforme."

Pourtant, Le Parisien expose les résultats d’un sondage dévoilé ce matin par le ministère. Les parents ont été interrogés : "69 % d’entre eux — et 67 % des parents d’élèves — estiment que la concentration des enseignements le matin permet aux écoliers « de bénéficier de bonnes conditions pour mieux apprendre »".
Les raisons : "« Les débats se sont focalisés sur les problématiques d’organisation du temps périscolaire. Les bénéfices pour les enfants d’une semaine mieux équilibrée avec cinq matinées d’école ont été occultés. Or, quand on remet les parents face au sens premier d’une meilleure organisation du temps scolaire, ils comprennent la logique et y adhérent », commente-t-on dans l’entourage du ministère."
Les parents sont donc convaincus par le principe mais sont inquiets à cause de la mise en œuvre sur le terrain. (Résultats du sondage à télécharger)

Géraldine Duboz


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