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Revue de Presse du mercredi 7 octobre 2015

Usages - Numérique - Parents - Brèves


En ce premier jour d’un marathon de deux jours du Conseil supérieur de l’Education concernant les programmes des cycles 2, 3 et 4 mis en place à la rentrée prochaine, l’actualité éducative est un peu mollassonne. On s’intéresse cependant aux usages dans l’enseignement, tant pédagogiques qu’en heures supplémentaires. On apprend aussi que le numérique c’est automatique(ment) des sous. Enfin, avant quelques brèves, on se souvient que les parents d’élèves sont représentés dans les établissements publics locaux d’enseignement.


Usages

Il est d’usage dans l’enseignement secondaire d’avoir des heures supplémentaires nous dit la DEPP dans sa note d’information du mois. « Le volume des heures supplémentaires prévues dans l’emploi du temps régulier des enseignants du second degré public continue d’augmenter en 2014-2015, poursuivant l’évolution observée depuis 2007. Ces heures supplémentaires annualisées (HSA) avaient compensé en partie la baisse des emplois jusqu’en 2012. Désormais, elles accompagnent l’augmentation du nombre des enseignants. En 2014, les enseignants concernés assurent en moyenne 2,3 HSA par semaine. ». « Le nombre d’HSA varie, en partie, selon le corps d’appartenance de l’enseignant. Les professeurs agrégés, qui doivent un service d’enseignement de 15 heures, sont 84,7 % à effectuer au moins une HSA. » et « les heures supplémentaires annuelles sont très largement diffusées dans les classes post-bac des lycées : sections de techniciens supérieurs (STS) et classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) : plus de 90 % des enseignants y effectuent en moyenne près de 4 HSA par semaine, contre 2 pour les enseignants en collège. » Une précision que ne donne pas la DEPP cependant, la 1ère heure supplémentaire annuelle ne peut être refusée pour des raisons de service. Il serait donc peut-être plus judicieux de compter à partir de la 2ème.

Aujourd’hui, l’OCDE évoque les convictions et pratiques pédagogiques des enseignants.
La conclusion de cette étude dans l’article de ToutEduc est résumée par un titre radical mais clair : « Les enseignants prônent les pédagogies actives, mais y ont peu recours ». « En contradiction avec ces convictions, ces mêmes enseignants déclarent avoir plus souvent recours à des pratiques pédagogiques passives. Par exemple, ils présenteront un résumé de ce qui vient d’être vu, plutôt que demander aux élèves un travail en petits groupes. » Mais pourquoi ? « Selon l’OCDE, les pratiques actives peuvent s’avérer plus contraignantes pour les enseignants que les méthodes traditionnelles, du fait notamment des obligations liées aux programmes scolaires et aux horaires. Le manque de temps et de préparation peut détourner les enseignants des pédagogies actives. » « L’OCDE préconise plutôt une combinaison entre pratiques actives et traditionnelles "pour trouver un juste équilibre entre d’un côté, les contraintes du programme scolaire et de temps et, de l’autre, les convictions des enseignants et la nécessité d’encourager une approche active de l’apprentissage". » Si les économistes eux-mêmes le disent...
Pourrait-on se questionner sur un autre facteur compliquant l’implication des enseignants dans les pédagogies actives, à savoir une formation, initiale et continue, qui soit isomorphique, former les enseignants comme nous pourrions souhaiter qu’ils forment les élèves. Je vous renvoie à cette déjà ancienne vidéo de Ludomag.

Chez nos amis Québécois, par contre, on dit « Rien de nouveau dans l’utilisation des « méthodes actives », par opposition à l’enseignement magistral » dans le compte-rendu d’un débat du journal Le Devoir où il était question des apports du numérique dans l’enseignement.


Numérique

En France aussi il est question du numérique.
ToutEduc rapporte les propos du directeur du numérique pour l’éducation, Mathieu Jeandron, qui s’exprimait lors de la conférence d’ouverture de la 2e édition du salon virtuel de l’Onisep, sur "l’orientation scolaire à l’ère du numérique" . « La transformation numérique va toucher toutes les missions de notre ministère. Evidemment la pédagogie, c’est le cœur de notre métier, mais aussi toutes les autres missions et la mission d’orientation fait partie des missions essentielles. »

« Ecole : 30 millions d’euros pour développer les nouvelles méthodes numériques » titrent les Echos évoquant le plan numérique pour l’école de Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation nationale. Elle a lancé hier « un appel à projets de 30 millions d’euros destiné à financer de nouvelles méthodes numériques au service de l’apprentissage et de la réduction de l’échec scolaire. Baptisé E-Fran (Formation, recherche et animation du numérique), l’appel à projets doit accélérer la transition numérique dans les écoles et les collèges. Il s’adresse aux entreprises et aux établissements avec le concours, au niveau territorial, des rectorats et des collectivités. »

Toujours dans le domaine des sous du numérique éducatif, Le Monde se demande si « l’ubérisation peut-elle concerner les métiers de l’éducation : Chegg, l’école 2.0 à domicile » On y lit une chronique alarmiste sur l’évolution de la société qui n’épargnerait personne car sachez-le : « La transformation digitale de notre société n’épargne aucun métier. ». « Nous avions eu l’ubérisation des tâches quotidiennes avec TaskRabbit, l’agonie du métier de taxi avec Uber, la déferlante des métiers de l’hôtellerie avec Airbnb. Doit-on désormais craindre une disparition des professeurs de la fonction publique avec les applications mobiles de pédagogie en ligne ? ». Chers collègues enseignants, tremblez : « L’application américaine Chegg offre plusieurs services pour aider les étudiants en difficultés : cours et exercices en ligne, service de tutorat, e-livres, informations sur les bourses et subventions, offres de stages et emplois … Une application tout en un qui fait fortement concurrence au système éducatif public, au risque – sur le long terme - de remplacer les professeurs par une école virtuelle disponible à la demande. »

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L’innovation pédago-magique de Geneviève Brassaud

Parents

Je préfère laisser entièrement la parole à Claude Lelièvre qui sur son blog revient sur la place des parents à l’école, morceaux choisis. « C’est la semaine du retour annuel des élections de parents d’élèves ; et c’est le moment de revenir sur l’histoire longue et tourmentée de leurs représentations »
« Cela commence de façon particulièrement tendue. En septembre 1909, les cardinaux et évêques de France préconisent la création d’une nouvelle forme d’organisation, les « associations des pères de famille » : « vous avez le devoir et le droit de surveiller l’école publique. Rien de ce qui est mis entre les mains et sous les yeux de vos enfants ne doit vous échapper : livres, cahiers, images, tout doit être contrôlé par vous ». Finalement, fin janvier 1914, la Chambre des députés vote des dispositions afin d’ « assurer la défense de l’école laïque » contre les parents qui empêcheront leurs enfants de participer aux exercices réglementaires de l’école communale, ou de se servir des livres qui y sont régulièrement mis en usage. »
« A partir de la fin du XX° siècle, dans l’enseignement primaire public, on assiste à la croissance continue des suffrages qui vont aux « listes indépendantes ». La part des suffrages accordés aux « associations locales non affiliées » (à une fédération nationale de parents d’élèves) ou à des « listes de parents non constitués en association » aux élections des représentants des parents d’élèves aux « conseils des écoles » est en effet passée de 25% en 1978 à 42% en 1988, à 58% en 1998, à 65% en 2005 et à 74% en 2013. »

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Les élections des parents d’élèves par Jimo

Brèves

Le Monde rapporte une étude de la DEPP selon laquelle « 20 % des collégiens changent d’établissement. » que la journaliste lie avec le Brevet des collèges... En plus des déménagements, en particulier dans les familles monoparentales (serait-ce à dire que les divorces sont plus nombreux lors de l’adolescence des enfants ?), « Les changements d’établissement concernent surtout les élèves les plus fragiles : le taux de mobilité atteint 27 % pour les élèves qui avaient obtenu les résultats les plus faibles aux évaluations de fin de sixième. Le « manque d’aide en cas de difficultés scolaires » est cité par 18 % des parents, proportion qui monte à 46 % lorsque l’enfant est de faible niveau. »

Le Café Pédagogique se fait l’écho du choix, ou est-ce du tri selon François Fillon ? « Ancien ministre de l’éducation nationale et candidat aux primaires des Républicains, François Fillon est intervenu le 6 octobre lors d’un colloque organisé par Terra Nova et l’Institut Montaigne sur l’enseignement supérieur. F Fillon a défendu la sélection à l’entrée en université, particulièrement pour les bacheliers professionnels. »

Aujourd’hui aussi, le Café Pédagogique vous invite à participer « au 8ème Forum des enseignants innovants » ! « Vous avez jusqu’au 8 novembre pour déposer vos projets et faire partie des 100 enseignants invités au Forum. »

Dans L’Express, Sandrine Chesnel revient sur la question des stéréotypes sexistes dans les manuels scolaires.

Sur le site des Cahiers Pédagogiques, Sylvain Connac propose pour Différencier les pédagogies de s’interroger sur la configuration et la salade. Hé si, sans rire et en plus c’est passionnant : « Entre la « configuration » des élèves, à qui l’on demande de « faire pareil » que le maître, et la pédagogie de la salade, où l’on se contenterait de regarder « pousser » les enfants pour ne pas entraver leur créativité, Sylvain Connac défend l’hypothèse qu’il existe un juste milieu ».

Emilie Kochert,


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner en histoire-géographie avec le numérique
Hors-série n°37 - octobre 2014

Dossier coordonné par Laurent Fillion et Olivier Quinet

Les TICE en classe, mode d’emploi
Ouvrage - juin 2014

Ghislain Dominé - Éditions ESF, 2014.
Prendre en main les techniques - enrichir sa pédagogie - motiver les élèves - augmenter l’intérêt des cours - gagner du temps - apprendre en s’amusant.

N° 505 - Mieux apprendre avec la coopération
Dossier coordonné par Sylvain Connac et Stéphanie Fontdecaba
Revue n°505 - mai 2013

Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches.