Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > Revue de Presse du mercredi 27 janvier 2016


JPEG - 26.3 ko

Revue de Presse du mercredi 27 janvier 2016

Bilan - Réforme - Portiques - En bref


Cette revue de presse a un parfum de lendemains qui chantent ou qui déchantent selon le point de vue. On y découvre aussi que la réforme continue à faire couler l’encre tandis que les portiques en lycée reçoivent des réponses au mieux sceptiques. En bref, on ira faire un tour au Maroc et vers Falaize (Benoît de son prénom) dans les colonnes du site des Cahiers Pédagogiques.


Bilan des manifestations

Tout d’abord le Café pédagogique rend compte du satisfecit des syndicats appelant hier à la grève dans deux articles.
Le premier s’intitule « Succès de la grève contre la réforme du collège » évoque en fait les motifs des enseignants du second degré qui manifestaient. On peut ainsi y lire « On nous propose une réforme qui supprime des heures de cours. La réforme nécessite le volontariat des enseignants. Mais si les professeurs ne s’investissent pas dans les projets fixés par la réforme les postes seront supprimés. » d’un enseignant d’histoire-géographie qui n’a apparemment pas compris ce que sont les EPI.
Le deuxième évoque lui « Primaire : Une forte mobilisation pour l’égalité salariale avec le second degré » et donne ensuite intégralement la parole à Sébastien Sihr. Dans ce double motif à une grève, chacun y a trouvé son compte.

Sophie Coignard met de l’huile sur le feu dans Le Point en évoquant ce qu’elle appelle « le "deux poids, deux mesures" du gouvernement ». Selon elle, les manifestations d’hier et la réception par le Premier ministre des représentants des taxis est la « Preuve qu’il ne fait pas bon manifester pacifiquement pour être entendu ».


Réforme suite...

Dans La Croix, Denis Peiron, revient sur les différents points de la réforme du collège en vidéo. Il y montre les reculades mais aussi les éléments frictionnels de cette réforme.

Dans les blogs de Médiapart, un collectif propose de renouer le dialogue. Mais en fait de dialogue, on y cite les opposants, le SIA-FSU, et les signataires sont tous eux-mêmes des opposants déclarés à la réforme. A ce demander ce qu’ils appellent dialogue puisqu’ils commencent par « Les opposants et grévistes veulent dans leur grande majorité que l’enseignement au collège soit réformé, mais c’est dans le sens du plus, du mieux et du meilleur qu’ils tiennent à le voir évoluer.  » pour continuer par « Le monde enseignant est historiquement un électorat de gauche, garant d’équilibres idéologiques. Sa défection lors de prochaines échéances électorales ne ferait qu’aggraver la crise morale vécue par le pays. ».


Portiques

Lyon Capitale s’interroge sur les portiques au lycée : « l’annonce de Wauquiez nous laisse dubitatifs ».« Laurent Wauquiez l’a promis dans sa campagne pour le réaffirmer au lendemain des attentats, il se donne un an pour "lancer la protection de la quasi-totalité des lycées de la région", notamment par l’installation de portiques de sécurité et de caméras de surveillance. » « Mais, pour Gérard Heinz, secrétaire académique du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale, de nombreux doutes persistent sur la mise en place et sur l’efficacité de telles mesures.
Sur l’aspect pratique, le syndicat relève également le temps nécessaire à de tels contrôles : "Si l’on part d’un lycée type d’à peu près 1 000 élèves et qu’on arrive à faire passer chaque élève en l’espace de 3 secondes – ce qui est très rapide et ce qui veut évidemment dire que tous les élèves acceptent d’ouvrir leur sac et ne rechignent pas... – il faut 73 minutes pour faire passer tout le monde. Je ne sais pas comment des élèves vont réussir à arriver à l’heure en cours avec cela", interroge Gérard Heinz.
 » Le même de remarquer que « si vous mettez des portiques de sécurité, ça va créer des attroupements devant les lycées, ce qui n’est pas une très bonne chose en termes de sécurité. ». Et d’ajouter « que certaines demandes plus concrètes en matière de sécurité dans les lycées sont toujours sans réponse. "Nous demandions déjà sous le mandat précédent le report des loges d’accueil au niveau des grilles des établissements, ou la mise en place de systèmes de sonorisation différents pour pouvoir faire fonctionner nos exercices d’évacuation… Ce sont des choses toutes bêtes, très concrètes, qui pourraient bien évidemment être bien plus utiles, et pour lesquelles on n’a toujours pas de réponse. »

Cette annonce semble décidément rencontrer peu d’échos favorables puisqu’Eric Debarbieux dans AJEDUC reprend les mêmes arguments et enfonce le clou.. Il explique par exemple que « Au nom même de la « protection situationnelle » cette proposition est techniquement inepte. Tout point de concentration est potentiellement une cible. Les portiques non seulement concentrent les personnes mais de plus les fixent. » D’autant qu’ « Il est difficile de compter sur la politesse du gentil terroriste qui va choisir de passer les portiques avec sa kalachnikov ou sa ceinture explosive alors qu’un lycée s’étend sur parfois plus d’un hectare. Il en va de même de la vidéoprotection. Espérer qu’elle effraye le terroriste est d’une naïveté déconcertante : tout school shooting est un drame de la communication, où être visible par vengeance ou par revendication est indispensable ! ». Et il ajoute « 95% des faits de violence scolaire sont commis en interne. Penser qu’on traitera cela en enfermant l’école sur elle-même est une mollesse de la pensée et une méconnaissance de la réalité. ». Monseur Wauquiez semble avoir autant de succès que le plan LSD (lycée sans drogue) en Ile-de-France...


En bref

Au Maroc les enseignants stagiaires luttent contre deux décrets en manifestant. Manifestations interdites par le pouvoir et réprimées dans la violence comme on peut le voir dans une vidéo du Figaro. Selon que vous vivrez en démocratie...

Sur le site des Cahiers Pédagogiques, Yannick Mével rapporte un entretien avec Benoît Falaize qui évoque son dernier ouvrage Enseigner l’histoire à l’école. Il y propose de travailler davantage à l’aide du récit : « je dis comment l’enquête (je rappelle le sens antique du mot «  histoire  » qu’utilise Hérodote, celui qui veut que l’histoire soit d’abord et avant tout une exploration des traces et témoignages du passé), comment les situations-problèmes et les documents ont une part essentielle pour la structuration intellectuelle du passé chez les élèves. A condition que ces démarches soient adossées à des moments de récit, de mise en intrigue et de développements dits, écrits, racontés, par l’élève, le maitre, ou le roman. Et ce, d’autant plus à l’école élémentaire où l’accès aux documents historiques relève d’une vraie compétence (y compris en lecture), face à des sources souvent complexes et peu accessibles. Mais cela est vrai aussi pour tout ce qui relève de la symbolique de l’iconographie. ».

En Angleterre, une directrice est fort contrariée par les pyjamas des...parents d’élèves ! Cette anecdote nous est rapportée par 20Minutes. Très énervée, elle explique « Si nous voulons élever le niveau, ce n’est pas trop que de demander aux parents de venir lavés et habillés. »

Emilie Kochert


JPEG - 20.3 ko

Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Les parents et l’école : trente ans de réflexion
Hors-série n°41 - novembre 2015
Coordonné par Guy Lavilleux

La question des relations entre les parents d’élèves et l’école n’est pas nouvelle. Les Cahiers pédagogiques en parlent et y réfléchissent depuis plus de quarante ans. Ce nouveau hors-série numérique est constitué d’articles tirés de nos archives des trente dernières années, pour mettre en perspective enjeux et débats d’hier et d’aujourd’hui, pointer les problématiques qui perdurent mais aussi des pistes pour aller vers plus de dialogue et de coéducation.

Développer des compétences en histoire-géographie


Hors-série n°28 - mars 2012

L’approche par compétences bouscule la conception ordinaire de l’histoire-géographie. Elle est ambitieuse en explicitant ce que les élèves doivent être capables de faire en manipulant des notions et des connaissances en permettant d’évaluer sérieusement ce qu’ils ont appris dans ces activités.