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Revue de Presse du mercredi 16 septembre

Cantines - Sexisme ? - Supérieur - Brèves


Aujourd’hui il est beaucoup questions des cantines et de ceux qui peuvent y manger ou non. Pour faire pendant, la question du sexisme revient sur le devant de l’actualité éducative tandis que l’enseignement supérieur fait face à la hausse des effectifs. Quelques brèves viennent conclure cette revue de presse.


Cantine

Suite à l’article de l’Express de lundi concernant les cantines de L’Ile-Saint-Denis, voici les réactions qui apparaissent.
Tout d’abord dans la Gazette des communes, on estime que « La cantine doit être un service public ouvert à tous ! ».
Pour Slate, « Exclure les enfants de chômeurs des cantines scolaires : une proposition bête et méchante ». « S’il fallait une preuve que la stigmatisation n’est pas l’apanage de l’extrême-droite : c’est la municipalité écologiste de l’Ile-Saint-Denis qui a jugé qu’il fallait désengorger les cantines (puisque c’est bien de cela qu’il s’agit) en réservant l’accès aux enfants dont les parents travaillent. Interrogé par l’Express, Julien Bonnet, directeur de cabinet du maire (EELV) Michel Bourgain jure la main sur le coeur :
« Nous sommes favorable à l’ouverture de la cantine à tous les enfants, mais nous n’en avons tout simplement pas les moyens financiers, humains, et matériels ».
Et la municipalité de dégainer un argument qu’elle imagine probablement implacable : les dotations de l’Etat ont largement baissé ces dernières années.
 » « on ne voit pas bien comment un enfant pourrait comprendre cette discrimination : un enfant à qui l’on dit qu’il n’a pas le droit de manger à la cantine comprendra qu’il ne mérite pas de manger à la cantine. Point. »

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Le tri sélectif dans les cantines par Jimo

De son côté, Le Figaro, s’intéresse à la réaction des parents d’élèves et à la politique. « Ces arguments peinent à convaincre la secrétaire nationale d’EELV. Interrogée sur RTL à ce sujet ce mardi matin, Emmanuelle Cosse s’est montrée critique vis-à-vis des choix faits par le maire écolo. « Je ne le défends absolument pas et il le sait », a-t-elle réagi. « Je pense que les communes doivent toujours accueillir l’ensemble des enfants ». Elle reconnaît néanmoins les difficultés financières rencontrées par cette commune, qui compte 70% de logements sociaux. « Ce n’est pas pour autant qu’on va dire aux personnes qui ont le plus besoin de l’Etat qu’elles doivent être mises de côté, poursuit-elle. C’est d’ailleurs pour cela que je pense qu’il est plus utile que [le maire aille] discuter des difficultés de sa commune avec le premier ministre ». »


Sexisme ?

Évoquons les lignes éditoriales à travers une étrange polémique concernant les fiches Eduscol sur l’Enseignement Moral et Civique.
Pour Libération : « En classe, il faut bien énoncer les clichés sexistes pour les dénoncer »
« La (mini) polémique est partie d’une info RTL, titrée « Quand le cours d’enseignement civique perpétue des clichés sexistes ». En cause, l’une des fiches mises à disposition des enseignants pour préparer leur nouveau cours d’enseignement moral et civique. Thème de la séance : « Les discriminations sexistes, travail sur les stéréotypes ». Cette séance destinée aux élèves de 3e débute par « un « brainstorming sur les différences entre les filles et les garçons », d’environ un quart d’heure. Puis, affirme RTL : « Le professeur entre en action pour donner des exemples d’hommes avec des caractéristiques de femmes et de femmes avec des caractéristiques d’hommes. C’est écrit noir sur blanc : Billy Elliot fait de la danse, il a des "caractéristiques féminines". Autre exemple : Laurence Parisot ou Angela Merkel sont citées pour avoir des "rôles masculins" et de pouvoir. » Trois heures après, un mail du cabinet de la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem démine : « S’il est bien demandé aux élèves d’identifier les caractéristiques "masculines" et "féminines" de chacun des personnages, c’est justement pour mieux permettre aux élèves d’identifier ces stéréotypes qui sont encore très présents et d’échanger avec eux sur l’égalité des droits entre les filles et les garçons. » En clair, il faut bien énoncer ces clichés pour mieux les dénoncer. »
Pour Le Figaro par contre : « Un document du ministère de l’Éducation renforce les stéréotypes garçons-filles ».

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Stéréotypes par Geneviève Brassaud

Quant à 20Minutes, ils élargissent la question à l’enseignement de l’EMC dans son ensemble. « « On craint que l’EMC ne soit pas perçu comme un vrai enseignement par les élèves, mais plutôt comme un moment de discussion de type café du commerce », déclare Jean-Remi Girard. A contrario, Christian Chevalier estime que « l’EMC est l’occasion d’enseigner autrement. Ce n’est plus le prof qui assène son cours, mais c’est un échange. Et d’ailleurs, l’enquête Pisa de l’OCDE indique bien que nos élèves ne savent pas s’exprimer. C’est l’occasion de les y aider » ». Est-ce la crainte que les enseignants ne sachent pas guider leurs élèves ou de laisser la parole aux élèves ?

Il semble pourtant que le sexisme ait encore de beaux jours dans l’opinion publique comme le montre ce sondage publié dans Vousnousils... « Près de sept Européens sur dix (67%) considèrent que les femmes n’ont pas les capacités pour « devenir des scientifiques de haut niveau », selon un sondage réalisé par l’institut français OpinionWay pour la fondation L’Oréal, qui montre que ces préjugés « sont tenaces ». » et « Les femmes sont quasiment aussi nombreuses (66%) que les hommes (67%) à avoir cette opinion ».


Supérieur

L’open source est préconisé dans l’enseignement supérieur nous apprend Toolinux. « Une proposition pour favoriser les solutions ouvertes et les licences libre. C’est ce qui est envisagé pour l’enseignement supérieur. »

Pour Le Monde c’est surtout les effectifs qui posent problème. « La rentrée 2015 s’annonce comme celle de tous les records : les universités devraient accueillir 65 000 étudiants en plus, Cette hausse s’explique majoritairement par une hausse des inscriptions des bacheliers de 2015. Le choc est d’autant plus fort que de précédentes projections, fin août, faisaient état d’une hausse de 50 000 étudiants. En outre, le nombre de bacheliers, lui, n’a pas augmenté. Contrairement aux années précédentes, c’est donc une véritable préférence pour l’université qui se manifeste au moment où elle connaît pourtant de nombreux problèmes budgétaires. « Il faut mesurer l’ampleur et l’effet quasi sismique de ce choc démographique. Cela fait trois ou quatre ans que la hausse des effectifs dure, et elle va se prolonger », prédit M. Mandon. Un pic démographique est en effet attendu en 2017-2018. » Mais « l’écrasante majorité des étudiants a trouvé une place. Au 15 septembre, seuls 103 dossiers de bacheliers restaient en suspens ».

Cependant, le boom des prépas attire l’œil du Parisien. « Ils sont de plus en plus nombreux à faire leur rentrée dans des formations payantes pour préparer un concours. Une réponse à l’angoisse de l’échec. » « Sous le terme de « prépa » se cachent aussi une ribambelle d’organismes privés qui proposent aux étudiants stressés de mettre toutes les chances de leur côté pour à peu près tous les concours et tous les examens possibles. » mais « à condition d’y mettre le prix — de quelques centaines d’euros à 10 000 EUR pour des stages intensifs, ou encore des tutorats à l’année comme ceux que suivent, en parallèle de la fac, une grande partie des étudiants en première année de médecine. ». « les prépas affichent sur leurs présentations, à côté du prix, des taux de réussite souvent rassurants, bien qu’ils ne soient vérifiés par aucun organisme officiel indépendant. « Il n’existe aucune preuve tangible que ça marche, résume Philippe Mandry, rédacteur en chef du magazine spécialisé l’Etudiant. Mais le niveau d’anxiété des familles est tel qu’elles sont prêtes à acheter une promesse. » »


Brèves

Restons dans l’enseignement supérieur, mais japonais. Selon Slate, « le gouvernement japonais demande aux universités de ne plus enseigner les sciences humaines ».

A l’occasion de sa dernière sortie vidéo évoquons Ploup la série vidéo de ArteTV : stress de la 1ère fois, le dealer est-il le meilleur conseiller.

Dans Educavox, « Des tablettes à l’école ? Bien sûr ! » avec un petit souvenir : « Je me souviens des TO7 qui ont bercé mes années collège et du doux ronronnement de leur cassette, tandis que chez moi je découvrais la puissance d’ordinateurs comme l’Amstrad CPC 6128. Que l’école rate certaines étapes du développement informatique et passe à la case tablettes directement, pourquoi pas ? D’autant que les tablettes, ça fait déjà un petit bout de temps que cela existe et il serait temps de s’y mettre. Cela ne veut cependant pas dire qu’il faut sauter sur toutes les innovations technologiques sans réflexion. » L’auteur met cependant trois conditions : la tablette n’est pas une fin en soi, il faut qu’elles soient réellement connectées, et il faut penser à la formation technique et pédagogique des enseignants.

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Les tablettes Thomson TO7 de Jimo

Signalons sur le blog d’Aurélie Gascon, un article sur la peur de l’erreur, vue comme une faute par l’élève, il s’intitule « Madame, vous pouvez venir voir si c’est bon ? ».

L’Express nous raconte cette surprenante initiative d’un milliardaire new-yorkais, il verse 15 000 dollars à des enseignants. « Jim Simons, richissime patron de hedge fund, considère que les enseignants en sciences des écoles publiques de New York ne sont pas assez rétribués. Pour y remédier, il a décidé de mettre lui-même la main à la poche.
Jim Simons doit sa fortune et sa renommée à l’école publique.
 ».Mais pourquoi ? « "Ces professeurs font preuve d’une grande rigueur morale", se justifie Jim Simons. "Ils occupent le terrain. L’année prochaine, 1000 d’entre eux [seront rétribués] et cela représentera 10% du total qu’on dénombre dans le public à New York."
Aux Etats-Unis, les professeurs gagnent en moyenne quelque 56 000 dollars par ans. Mais la somme est très en dessous (de l’ordre de 25%) de ce que gagne en moyenne leurs compatriotes américains dans le privé à un niveau d’études comparable. Pour Jim Simons, dont la fondation s’est fixée pour mission d’encourager la vocation des jeunes professeurs de science et de mathématiques, "Mieux vaut distinguer les bons professeurs que de taper sur les mauvais".
 » Une belle initative pour terminer cette revue de presse.

Emilie Kochert qui cède avec plaisir sa place demain à Pascal Thomas qui sera donc le premier à dire la vérité sans être exécuté...

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Filles et garçons à l’école
Revue n°487 - février 2011

L’école mixte est régulièrement mise en cause, accusée de desservir tour à tour les filles ou les garçons. La question des violences sexistes et homophobes préoccupe les acteurs de l’école. Ce dossier rend compte des débats, met en lumière l’inventivité de tous celles et ceux qui agissent en faveur de l’égalité entre filles et garçons.

École et milieux populaires
Revue n°520 - mars 2015

Le mythe de l’égalité républicaine, nous n’y croyons plus trop, nous savons bien que certains élèves «  sont plus égaux que d’autres  ». Nous ne sommes pas naïfs. Mais pour la plupart, enseignants et acteurs de l’éducation, nous pensons travailler à la promotion de tous et souhaitons souvent pouvoir «  compenser  » les inégalités.

Quelle éducation laïque à la morale ?
Revue n°513 - mai 2014

Que s’agit-il d’enseigner, pour ce qui ne peut se réduire à une discipline scolaire ? Dans quel objectif, entre pacification des relations et formation du jugement moral ? Qui pour le faire, dans quel cadre ? Bien des questions, et ce dossier ose dès maintenant des réponses, dans la conviction que nous touchons là à un rôle fondamental de l’école.