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Revue de Presse du lundi 3 mars 2014

Remaniement - Eduquer autrement - Education à la sexualité


L’actualité éducative peu présente aujourd’hui est toute entière dominée par l’éventuel remaniement du gouvernement. On réfléchit cependant à éduquer autrement (à internet, en respectant les rythmes...). Enfin l’éducation à la sexualité représente un enjeu dans de nombreux pays.

Remaniement

Le remaniement ministériel annoncé par les médias semblent de plus en plus probable. Dans une interview accordée au Parisien, Jean-Marc Ayrault parle d’un gouvernement resserré. "C’est une décision qui appartient au président de la République, mais j’y suis favorable. En Europe, beaucoup de gouvernements ont moins de ministres et ça ne marche pas plus mal."
Ce gouvernement resserré devrait concerner l’Education nationale comme le plaide l’historien Claude Lelièvre dans l’Express. Il fait un historique des gouvernements de la Ve République pour montrer que la plupart du temps, "le périmètre du ministre de l’Education nationale" s’étendait à l’enseignement supérieur. "En revanche, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, il y a toujours eu un ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, de plein exercice, hors du périmètre d’action du ministre de l’Education nationale." "François Hollande a commencé par choisir la continuité avec Nicolas Sarkozy . Mais il n’est pas obligé de continuer. Il peut se placer à nouveau dans la grande continuité de la Cinquième République ( et de l’ensemble des gouvernements de gauche avant lui)." On peut regretter cependant que Claude Lelièvre n’explique pas pourquoi ce grand ministère lui semble nécessaire.
Pour ce remaniement, beaucoup envisagent le remplacement de Vincent Peillon dont "la côte de satisfaction chute de sept points par rapport à août 2013, pour tomber à 32%" (L’Express). D’ailleurs Véronique Soulé, dans son blog Libération, s’inquiète : "Mais où sont passés nos ministres ?". En effet "où sont donc passés Vincent Peillon (à l’Education), George Pau-Langevin (à la Réussite éducative) et Geneviève Fioraso (au Supérieur et à la Recherche) ? Leurs agendas sont tout maigrichons, aucun déplacement, aucune annonce à l’horizon...". L’ambiance au ministère semble à couteaux tirés puisque L’Express parle d’une guerre déclarée entre le directeur de cabinet de Vincent Peillon et le directeur de l’enseignement scolaire. "Cet épisode jette un éclairage assez cru sur l’ambiance qui règne dans l’entourage de Vincent Peillon. Alors que le ministre de l’Education, tête de liste aux élections européennes dans le Sud-Est est régulièrement donné partant, ses plus proches collaborateurs, à couteaux tirés, cherchent une porte de sortie."
Pour remplacer Vincent Peillon, le JDD pense éventuellement à Ségolène Royal : "un bruit persistant l’envoie à l’Éducation." D’après lEst républicain, "Elle en rêve et a fait savoir qu’elle était prête."

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Le dessin de Fabien Crégut

Eduquer autrement

C’est au Havre qu’une école "alternative" va voir le jour. Mieux s’adapter aux rythmes des enfants, travailler de façon plus souple, en petits groupes, ce sont les souhaits de trois enseignants lancés dans ce projet. "Le programme scolaire tel que nous devons l’enseigner à l’école publique ne permet pas une adaptation des enfants au cas par cas. Nous ne contestons pas son contenu, ce sont les méthodes de transmission à l’enfant que nous interrogeons », explique Alan Flicoteaux, fondateur du projet", dans 76actu.fr.
Sur France Info Emmanuel Davidenkoff revient sur la volonté d’évaluer les enseignants selon les résultats de leurs élèves, à l’occasion de la sortie d’un livre de deux chercheurs français (Vincent Dupriez et Régis Malet , L’évaluation dans les systèmes scolaires). Cette évaluation par le résultat ne fonctionne pas pour plusieurs raisons : "le rôle de l’école ne peut être réduit à la stricte délivrance de savoirs", "les élèves n’ont pas tous le même niveau, la même aide à domicile ; leur réussite ne dépend donc pas exclusivement de la qualité de l’enseignement délivré à l’école" ou "si on fait la course à la performance, on peut être obligé de renoncer à s’occuper de ceux qui ralentissent la classe pour se concentrer sur les plus hauts potentiels."
Dans la Libre Belgique, Anne-Claire Orban de Xivry s’interroge, elle, sur la manière d’éduquer à internet. Elle met en garde contre la démarche protectionniste "considérant Internet davantage comme un amas de dangers plutôt que comme un lieu de socialisation et d’expression". Elle y voit plusieurs possibilités : "l’inclusion de la diversité et la sensibilisation contre les discriminations", notamment au travers des forums et des jeux vidéos. Mais pour tout cela, il faut s’en donner les moyens.
Au Royaume Uni, on s’inquiète du niveau d’anglais et de mathématique dans The Guardian car "according to the Organisation for Economic Co-operation and Development, a quarter of adults in England have the maths skills of a 10-year-old." (D’après l’OCDE, un quart des adultes en Angleterre ont les compétences mathématiques d’un enfant de 10 ans). C’est pourquoi le parti travailliste veut que les élèves étudient les maths et l’anglais jusqu’à 18 ans : "All teenagers will have to study maths and English up to the age of 18 under a Labour government, the party will announce on Monday as it unveils plans for a "national baccalaureate" to better equip young people for the workplace." L’Angleterre veut rejoindre ainsi la plupart des pays développés, comme la France, et amener tous ses jeunes à un baccalauréat national. Un investissement pour l’avenir.


Education à la sexualité

C’est un sujet qui préoccupe à travers le monde. En Thaïlande, "c’est un sujet tabou, aussi bien pour les enfants, les parents que les professeurs. L’éducation sexuelle est quasi-inexistante dans le pays, ce qui en fait un réel problème de société : grossesses précoces, rapports non protégés, transmission de maladies…" (Thailande.fr). "Pour lutter contre ce problème, la Thai Health Promotion Foundation s’est armée de la technologie et du numérique pour toucher au plus près la jeunesse thaïlandaise [...]. Elle vient en effet de lancer une application pour smartphone, appelée MeSex (qui signifie en Thaï « avoir des relations sexuelles »)". Cette application (en tête des téléchargements d’applis éducatives) devrait permettre aux adolescents d’avoir des réponses aux questions qu’ils n’osent poser.
Au Sénégal aussi le numérique est utilisé. Le Soleil online nous apprend que le ministère de l’éducation nationale a lancé avec l’ONG Oxfam un projet « Connecting 4 Life ». Le projet "va mettre à contribution les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour sensibiliser les élèves sur l’éducation sexuelle. Dès lors, des outils comme E-Learning, le téléphone portable et les réseaux sociaux seront utilisés pour atteindre le maximum de cibles. En plus, un numéro vert, le 21000, sera mis à la disposition des jeunes. Ainsi, ils peuvent envoyer des questions et recevoir des réponses de manière confidentielle, gratuite et anonyme". Les objectifs sont "le maintien du taux de prévalence du Vih/Sida à moins de 3 %, la réduction du nombre de grossesses précoces et, par conséquent, le maintien des filles à l’école".
Au Québec, on s’inquiète de "l’hypersexualisation et la sexualisation précoce des jeunes" ainsi que d’une recrudescence des MST (LaPresse.ca). Et l’on réclame le retour des cours d’éducation à la sexualité qui avaient disparu ("Selon Mme Robert, ce fut une erreur de penser que l’éducation sexuelle pouvait être intégrée dans les cours réguliers."). Une pétition a même été déposée sur le site de l’Assemblée nationale.

Géraldine Duboz


Dans la librairie des cahiers pédagogiques

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Éducation à la santé
Hors-série n°24 - janvier 2012
Comment éviter le moralisme, les injonctions aux « bons » comportements ? Comment ne pas se limiter à des actions ponctuelles, marginales, déconnectées de l’enseignement ? Des exemples de démarches de projet, de partenariat, pour impliquer les élèves, sans oublier de « soigner le milieu ».

 

 

 

 

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Questions sensibles et sujets tabous
Revue n°477 - decembre 2009
Problèmes existentiels longtemps tabous à l’école, contestation de certains sujets « sensibles », comportements sexistes, racistes, homophobes : comment réagir ?