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Revue de Presse du lundi 12 octobre 2015

Maintien - Réforme - Agenda


En cette semaine post-manifestation, la revue s’attarde sur le maintien des élèves à l’école jusqu’à 18 ans et de celui des enseignants dans leurs académies. On s’interroge sur la course à l’assurance répondant à la course aux agressions et on découvre l’agenda culturel éducatif des mois à venir.
Ah et bien sûr on y parle réforme, encore...


Maintien

Le Café Pédagogique se fait l’écho dans un Expresso d’un article du blog d’Henriette Zoughebi souhaite prolonger la majorité jusqu’à 18 ans et « pour cela remplacer le mérite par l’égalité pour permettre à chaque jeune quelles que soient ses origines sociales, géographiques, culturelles d’ouvrir ses possibles et de les réaliser. L’école doit reconnaitre à chaque jeune le droit de se tromper, de tâtonner, d’essayer. Cette fluidité des parcours scolaires passe par la mise en place de passerelles entre les voies et les filières. Elle exige aussi une pédagogie renouvelée qui redonnerait goût et espoir aux élèves en difficultés par un rapport nouveau à la culture, à l’art, aux savoirs ; par la reconnaissance de l’intelligence sensible à côté de l’intelligence abstraite et à égalité avec elle ». Cela ne ferait d’ailleurs que largement entériner un fait puisqu’elle dit elle-même que « plus de 77% des jeunes de 18 ans sont scolarisés ».

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L’école jusqu’à 18 ans selon Geneviève Brassaud

Les profs aussi pourraient bien rester 18 ans, voire plus, au même endroit. Touteduc confirme que le Conseil d’Etat conteste « le Conseil d’Etat confirme que les circulaires (EN et enseignements agricoles) sont illégales » sur les mutations des enseignants. Les circulaires prévoient « "en outre, des possibilités de bonification par des points liés à des situations individuelles, familiales ou d’ancienneté". Or la loi du 11 janvier 1984 "portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’Etat" prévoit que les affectations "doivent tenir compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille". » et d’ajouter que « le Conseil d’Etat confirme ainsi, avec les mêmes "considérants", une décision du mois de juillet, il avait alors annulé la circulaire équivalente de l’Education nationale, à la demande d’un professeur d’éducation physique et sportive. »


Assurance

Le Figaro nous dit que « Les jeunes profs [sont] de plus en plus séduits par une assurance spécifique ». Dès le début de l’article on mesure qu’en réalité c’est un peu plus complexe car « Le contrat dédié aux personnels de l’Éducation nationale proposé par la Maif a déjà convaincu plus d’un enseignant sur deux. Les moins de 30 ans représentent 10% des bénéficiaires. ». Il s’agit pour la MAIF d’« un produit d’appel : pour un peu moins de 40 euros par mois, ces derniers bénéficient en plus de leur assurance professionnelle d’une assurance habitation et automobile. » Il est vrai que « Selon une enquête de l’Insee datant de juillet 2014, plus d’un enseignant sur dix recevrait des menaces chaque année. »

Le Plus du Nouvel Obs donne la parole à un professeur qui y a souscrit, il explique : « Un jour, j’ai contacté une élève qui était absente depuis plusieurs jours pour des raisons médicales. Je voulais lui proposer d’adapter mes cours à ses problèmes de santé, afin qu’elle puisse avancer dans le programme. Quand elle est revenue au collège, elle m’a fait savoir que ses parents souhaitaient me rencontrer : ils n’avaient pas apprécié que j’appelle à leur domicile. Mon implication avec leur fille leur avait paru suspecte. ». Il rappelle que « certains enseignants n’osent pas parler de la violence qu’ils subissent. Ils craignent que leur hiérarchie et leurs collègues les croient incapables de gérer une classe ou de désamorcer une situation délicate. » Il est vrai que pour oser parler, il faut sentir qu’on sera soutenu...

Le Parisien enfonce le clou en affirmant dans son article sur le sujet : « Selon des chiffres que nous révélons, un enseignant sur deux contracte désormais une assistance juridique spécifique en cas d’incident avec les élèves ou leurs parents. » Deux enseignants y témoignent de la violence subie par des accusations fallacieuses, accusations bien trop fréquentes et qui se multiplient.


Réforme encore et toujours

Le Monde rapporte sous la plume de Séverin Graveleau qui y était les propos des opposants à la réforme descendus dans la rue samedi. « le pari n’est pas perdu », le SNES (le syndicat FSU de l’enseignement secondaire) annonce « 15 000 à 20 000 manifestants contre 8 000 à 8 300 selon une source policière (...) A titre de comparaison, le cortège parisien du 19 mai, première journée de grève, avait réuni 3 500 personnes selon la police, et ’6 000 à 7 000’ selon le SNES-FSU ». Ce sont « les enseignants d’allemand et de langues anciennes (qui) sont les plus visibles dans les rangs". Mais quel est l’avenir du mouvement de contestation ? "Même si elle inquiète beaucoup de collègue, on n’arrive pas à mobiliser massivement contre la réforme », explique un manifestant, affirmant que ses collègues vont « lancer la guérilla dans les établissements » et « boycotter les formations qui leur sont proposées pour préparer la réforme en question ». Je me demande quelle fut la note de ce collègue en "agir en fonctionnaire de l’état"...

La réforme, ce vieux serpent de mer, dont Yann Forestier se fait le conteur sur le site des Cahiers Pédagogiques titrant « Le débat sur le collège : bien trop politicien pour être politique »...On y lit « C’est sous la pression de l’opinion que le gouvernement a choisi d’abandonner l’idée, présentée en février à la presse par le ministre dans le cadre de ses Propositions pour la modernisation du système éducatif français, de limiter l’enseignement obligatoire de la philosophie au tronc commun de 1re, la réduisant à une option en terminale. Jusqu’en juillet, alors que l’idée est écartée depuis deux mois, intellectuels et hommes de lettre ont multiplié les tribunes, manifestes et pétition pour dénoncer «  l’assassinat de la philosophie  » » ou encore que « La gauche [est] à la recherche d’un combat à mener ». il s’agit de la réforme Haby de 1975.

L’Express abrite dans ses colonnes une tribune signée Emmanuel Davidenkoff, Martin Hirsch, Guillaume Houzel, François Taddeï, Coline Vanneroy. Ils y militent pour une « culture du oui » dans l’éducation. Ces intellectuels reprennent un constat accablant : « Devons-nous nous résoudre à ce que notre système éducatif forme ce que Marc Bloch appelait des chiens savants, "dressés à donner, par quelques exercices choisis d’avance, l’illusion du savoir" ? En 1944, déjà, l’historien dénonçait la manie examinatrice du système éducatif français et ses conséquences sur les élèves : "la crainte de toute initiative ; la négation de toute libre curiosité (...) là où devrait au contraire régner la libre joie d’entreprendre". Un constat sévère qui reste pourtant largement d’actualité. Plus qu’ailleurs en Europe, les trajectoires des jeunes Français.es sont marquées par une pression à "se placer" socialement, le plus vite et le mieux possible, par la possession de diplômes. Ce système a ses avantages - une forte désirabilité des études par exemple - mais aussi ses effets pervers, car il crée de l’angoisse sur l’orientation et une vive compétition scolaire. Ce système laisse aussi peu de place à l’autonomie, à la recherche de soi, à l’expérimentation de projets et de trajectoires.  ». Ils en appellent donc à une réforme de la vision des études par les organismes d’enseignement supérieur car disent-ils « Aujourd’hui, consacrer ses heures à un projet civique ou solidaire vous attirera souvent un regard réprobateur de l’institution éducative, quand elle pourrait aménager votre emploi du temps pour vous permettre de concilier études et engagement. »

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Agenda culturel

Deux documentaires sortent dans peu de temps autour du monde de l’éducation.
Le premier nous emmène au Pakistan sur les traces de Malala Yousafzai nous annonce 20Minutes. L’article évoque l’avant-première londonienne d’« un documentaire intime sur l’icône du droit à l’éducation des filles ». « Filmé pendant 18 mois entre le Royaume-Uni, le Kenya, le Nigeria, Abou Dhabi et la Jordanie, le documentaire de l’Américain David Guggenheim nous apprend que son père a choisi son prénom en l’honneur de Malalaï de Maiwand, une combattante et poétesse afghane qui rallia l’armée pachtoune contre les troupes britanniques en 1880.
« Quand j’étais petite, beaucoup de gens disaient "changez ce nom de Malala, c’est un mauvais prénom, il signifie tristesse". Mais mon père répondait +non, il a une autre signification, le courage », raconte la jeune fille.
 » Évoquant d’autres propos personnels du documentaire on peut lire « Mais « il m’a seulement appelée Malala, il n’a pas fait de moi Malala, j’ai choisi cette vie », tient-elle à préciser, pour faire taire les critiques qui l’accusent de n’être que le porte-voix des idées paternelles.
Un père qui confie sa stupeur à l’annonce de l’attaque des talibans contre sa fille : « ils n’avaient jamais tué d’enfant, jamais je n’aurais cru ça ».
 » Il faudra cependant attendre le 27 janvier 2016 pour le voir en France.

Plus proche dans le temps et dans l’espace, ToutEduc annonce la sortie pour le 25 novembre d’un documentaire sur les tous-petits à la maternelle. « Le documentaire "Lundi, c’est violet", qui suit une toute petite section de maternelle pendant un an, devient un long métrage d’1h15 et change de titre, "Dis maîtresse". Il sort en salle le 25 novembre. Pour Jean-Paul Julliand, interrogé par ToutEduc, il s’agissait d’abord de "donner du temps au temps", de prendre le temps d’écouter une petite fille qui ne veut pas mettre son tablier pour faire de la peinture parce qu’elle a retroussé ses manches et que, pour elle, ça suffit bien. De même, on ne s’autorise pas, sur un format télévisuel, les silences. Or le réalisateur avait filmé l’enseignante qui veut apprendre à ces tout petits à se laver les mains et à se rhabiller après être passé aux toilettes ; l’ATSEM qui l’assiste, pense que c’est trop pour une seule séance. L’enseignante hésite avant de lui donner raison. C’est ce temps d’incertitude qui donne son prix à la relation entre Géraldine et Aline, à leur dialogue permanent.  »
Ayant pu bénéficier, cet été lors des rencontres d’été du CRAP, d’une avant-première, je me permets de vous le conseiller, c’est à la fois touchant et passionnant sur certaines facettes de notre métier.

Emilie Kochert


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Tout commence en maternelle


Revue n°517 - decembre 2014
Ils ont entre 2 et 6 ans et ils interpellent la communauté éducative pour qu’elle pense leur école, redéfinisse ses missions, entre épanouissement de l’enfant et apprentissages. Que sait-on aujourd’hui de l’école maternelle ? Quelles sont les attentes ? Qu’y apprend-on et pour quoi ? Avec qui ?

Prévenir la violence au collège. À travers le dispositif Parlons tabou
Ouvrage -

Coordonné par Vijé Franchi et Gwenaëlle Colin
Collection Repères pour agir, Scéren-CRDP d’Amiens et CRAP-Cahiers pédagogiques, 2005.
Les conduites dites à risques menacent à la fois la « paix scolaire », indispensable aux apprentissages, et les élèves eux-mêmes. La prévention est une alternative aux défis quotidiens à relever. Cet ouvrage d’une enseignante et d’une chercheure propose une démarche, des outils, un dispositif, Parlons tabou, expérimenté dans l’académie de Lyon après l’avoir été en Afrique du Sud, dans des conditions encore plus difficiles qu’en France.