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Revue de Presse du jeudi 27 février 2014

Malaise - On connaît la chanson - Afrique et tice


Malaise

Le métier d’enseignant est un métier passionnant mais il peut aussi être source de souffrance. C’est le cas de cette enseignante de lettres et d’histoire géographie rapporté dans La Nouvelle République : "J’ai été nommée à 400 km de chez moi, dans un établissement en zone sensible, alors que je reprenais après un arrêt en longue maladie." L’éloignement,un emploi du temps infaisable l’empêchent de mener à bien sa mission : “Ces 22 h 30, avec les corrections – surtout en lettres, c’est très long – et les préparations, on arrive vite à 45 h de travail." Mi-décembre « j’ai totalement craqué », épuisée moralement et physiquement, elle a pris des médicaments."

Le malaise du monde enseignant touche aussi les futurs professeurs : les étudiants de l’ESPE de Toulouse manifestent pour réclamer une vraie préparation à leur métier et pas seulement au concours (LaDépêche)

Un malaise atteignant aussi les salaires des administratifs : sur Médiapart on apprend que la répartition des reliquats de prime dans l’académie de Toulouse se fait dans une grande opacité : ces primes peuvent représenter beaucoup pour les petits salaires mais il semblerait en fait qu’elles ont surtout profité à “23 cadres supérieurs auraient touché des primes exceptionnelles bien plus substantielles.”

Le malaise semble même toucher le ministre Vincent Peillon qui fait face à de nombreuses difficultés : pour Arnaud Gonzague dans Le Nouvel Observateur cela évoque “diablement” le ministre Jean Zay. En effet celui-ci voulut réformer la formation des professeurs et évaluer leurs aptitudes pédagogiques : “Tollé enseignant à l’époque : on allait donc mégoter sur l’excellence disciplinaire des enseignants de collège et lycée au profit de compétences secondaires, comme la pédagogie et créer le "baccalauréat pour toutes les inaptitudes" ?”. Le débat n’a effectivement pas beaucoup changé en 75 ans. Mais pourquoi ce titre ridicule ? : “Vincent Peillon entrera-t-il un jour au Panthéon ?"


On connaît la chanson

Comme le faisait remarquer Guillaume Caron hier, la chanson du "c’était mieux avant" continue de résonner. Elle résonne sur le site BoulevardVoltairel’on accuse le ministère de l’Education nationale qui "plutôt que d’instruire les jeunes Français aux connaissances élémentaires d’écriture et de calcul, préfère transformer l’enfant en une machine abrutie et l’« arracher à tous les déterminismes sociaux et religieux »". Et cela continue sur le refrain de l’instruction versus l’éducation. Le tout sans vraiment d’arguments puisqu’il est visible que l’auteur n’a pas lu les programmes scolaires : "l’école contemporaine ne transmet plus que des savoirs techniques, utilitaires, mais elle le fait mal. Résultat : des élèves sortent de leur cursus scolaire sans instruction, tant pratique que fondamentale." Par contre il a lu dans Causeur le billet de Jean-Paul Brighelli qui dénonce avec la violence dont il est coutumier l’enfant-roi de notre société, ces "jeunes-tout-pour-ma-gueule qui sont aujourd’hui les premiers consommateurs de tous les gadgets générateurs de fausse sociabilité. Des autistes à qui Facebook fait croire qu’ils communiquent. Des demeurés qui se croient sujets sous prétexte qu’ils crient plus fort que leurs bobos de parents (qui votent pour Meirieu et ses amis socialisto-libéraux, tout se recoupe), alors qu’ils sont de purs objets manipulés par les marchands du temple et les amuseurs de la société du spectacle." L’auteur a d’ailleurs trouvé un coupable unique : "Le mal vient de plus loin — de chez Philippe Meirieu".
Face à tant d’outrance, Ostiane Mathon propose avec optimisme des pistes pour améliorer l’école dans une interview accordée au magazine CotéFamille qu’elle reprend dans son blog. Il s’agit de réinventer plus les pratiques que les programmes : "Plus de coopération et d’intelligence collective", "Plus d’implication et de construction", "Plus de bienveillance", "Des professeurs solidement formés, recrutés par les établissements et engagés dans un processus de développement professionnel tout au long de leur vie".
Une autre piste est donné dans l’émission de Rue des écoles d’hier sur France Culture, où l’on parlait de "Réinventer l’exigence en classe" (avec la participation de Monique Royer des Cahiers Pédagogiques, auteure du portrait qui a inspiré l’émission-).


Afrique et tice

Dans l’actualité, l’Afrique apparaît plus souvent pour ses problèmes que pour ses réussites. Et pourtant !
L’Agence de Presse sénégalaise signale le lancement des MOOCs dans l’enseignement supérieur, annoncé par directeur de l’Enseignement supérieur, le Professeur Omar Sock. "C’est une manière pour l’Afrique de ne pas suivre mais de se développer en même temps que tout le monde". Cela se fait en partenariat avec l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne en Suisse.
France24 évoque le lancement de la première tablette éducative africaine en Côte d’Ivoire. Cette tablette, la Qelasy, "est destinée à “mettre l’éducation en Afrique en adéquation avec son époque” et “redonner aux étudiants l’envie d’apprendre, et aux enseignants celle de transmettre le savoir”. Le projet est vaste, "Qelasy n’est, en effet, pas seulement une tablette. Siregex a mis en place un site internet sur lequel les professeurs pourront déposer leurs cours, des exercices, les notes des élèves et faire parvenir aux familles toute information utile. Ces documents seront ensuite transférés sur les tablettes des élèves et des étudiants."

Géraldine Duboz


Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

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Enseignant : quel métier !
Hors-série numérique n° 33
Ce dossier propose un ensemble d’articles parus dans les Cahiers pédagogiques au cours des vingt dernières années. Pas de nostalgie dans notre démarche : nous souhaitons alimenter les débats en cours, en prenant du recul sur ce qu’une revue pédagogique a pu dire des métiers enseignants au cours des dernières années, sur ce qu’il ressort de ces articles parus au fil de différents dossiers. Ces textes sont de leur temps, déjà plus tout à fait le nôtre ; mais ils nous semblent contribuer à éclairer le chemin parcouru.

 

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Quand la classe est difficile
N° 501
Comment comprendre ce qui se joue entre l’enseignant et ses élèves quand une classe devient « difficile » ? Que peut-on faire dans la classe, ou bien avec des ressources extérieures ? Comment tenir bon sur l’essentiel, les apprentissages ? Rien de simple, ni dans le diagnostic, ni dans les solutions, d’autant que c’est peut-être en remettant en question l’organisation de l’enseignement en classe que l’on pourra avancer vraiment.

Apprendre avec le numérique
N° 498
Les articles de ce dossier montrent qu’il est nécessaire de porter un regard réflexif sur ces pratiques, un regard collectif pour analyser ce qui se passe au sein d’une classe lorsque l’enseignant y intègre de nouveaux outils. De l’intérêt d’ouvrir la porte de sa classe, au travers des blogs et des réseaux sociaux, et de s’intéresser à l’humain dans son entier et non seulement aux couleurs de son cerveau.