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Revue de Presse du jeudi 16 juin 2016

Baccalauréat - Egalité - Sexualité


Aujourd’hui, anniversaire de la loi Ferry, au milieu d’une actualité éducative pléthorique, on trouve deux sujets principaux, le baccalauréat (forcément !) et la sexualité, ou plutôt son absence d’éducation à...


Baccalauréat

Le bac reste au centre de l’actualité éducative. A commencer par l’annonce « Pour « sauver » le bac, Terra Nova propose de bouleverser le lycée » comme le dit Le Monde. « Imaginez un lycée qui ressemblerait un peu à l’université : une année scolaire divisée en semestres, une part d’enseignements à la carte, des modules à valider en cours d’année et un baccalauréat limité à deux jours. » l’article précise que « cette note apporte un projet de réforme clés en main au candidat qui voudrait s’emparer du sujet. Et peu importe sa couleur politique : les précédents projets de réforme du bac – tous avortés – ont montré que la question dépasse les clivages droite-gauche. »
Le Figaro considère que « Pour « sauver » le bac, tout le lycée doit être repensé selon Terra Nova ». « Le bac actuel est jugé trop onéreux : il coûte 100 millions d’euros d’après une étude du think tank Terra Nova parue mercredi 15 juin. A ce cout excessif, il faut ajouter « une complexification qu’on ne parvient plus à maîtriser ». Autre constat, l’année du bac ne prépare pas au supérieur. C’est du moins ce que défend Terra Nova. Il y a tout d’abord le problème de « la logique compensatoire du baccalauréat - une note en atténuant une autre » par le jeu de la moyenne et des coefficients. Ensuite, « seules les connaissances et compétences validées par l’examen final sont travaillées » par les élèves. Le constat est sans appel : une fois le bac en poche, « 6 étudiants sur 10 en licence sont en échec » »
Pour consulter ces propositions, vous pouvez aller sur le site de Terra Nova.

Dans Agoravox, un dénommé Anthrax étudie « Le bac, cette institution dépassée ». Il évoque les différentes propositions pour réformer le bac et rappelle que malgré les opinions différentes « ni les uns ni les autres ne semblent fermés à une réforme qui devrait aboutir à moins de stress pour les élèves, moins de lourdeur dans l’organisation, plus de justice entre les divers académies. De cette volonté à peu près unanimement partagée émerge la solution : le contrôle continu. » Il explique que selon lui «  il faudrait définitivement en finir avec cette stupide loi d’orientation signée Jospin d’amener « 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat » (et non au bac, grosse nuance). Pourquoi ? Parce que le fonctionnement de l’Education Nationale n’a pas évolué depuis Jules Ferry et repose encore sur le principe féodal de l’affidé et de la soumission à la hiérarchie. Un recteur dont l’académie présenterait des résultats non conformes à la sainte loi a peu de chance de « faire une carrière ». D’où les absurdes « commissions de rattrapage », chargées de faire remonter les notes pour que l’on puisse atteindre les 80% fatidiques. »

Libération s’interroge sur l’utilité des mentions. « Une mention au bac, oui, mais pour quoi faire ? » car « Un élève sur deux décroche aujourd’hui son bac avec mention. » « Les mentions sont proportionnellement plus nombreuses dans les séries générales que dans les filières technologiques et professionnelles. 47% des élèves qui ont décroché un bac pro en 2015 l’ont obtenu avec mention. Le pourcentage est sensiblement le même pour les bacs techno : 48%. En revanche, il grimpe pour les séries générales : 58,3% des admis ont eu une mention. » « Le Cnesco, dans une note publiée en début de semaine, s’est penché sur le rôle des options facultatives. Le parallèle est très intéressant. Les terminales ont en effet la possibilité de choisir une ou deux options supplémentaires » d’autant que « La première option a un coefficient de 2, la deuxième de 1. Et depuis 2013, l’option latin-grec a un coefficient de 3, soit plus que l’épreuve de français pour les séries S et ES ! »

Le Monde est allé interroger des candidats « A la sortie du bac de philo : « Le sujet sur le travail s’est imposé à moi » ». « Certains y ont vu une référence à l’actualité sociale de ces derniers mois et à la mobilisation contre la loi El Khomri. « On ne veut pas travailler moins, on veut simplement travailler tout court », réagit immédiatement Ewen, 18 ans, qui a choisi ce sujet. »
Ce même sujet de philosophie permet à Rue89 de nous proposer un article original : « la correction du bac philo sur Facebook ». Rappelons à toutes fins utiles, comme l’a mentionné un tweet hier, que les seuls "corrigés" qui vaillent sont ceux utilisés par les correcteurs. Les autres...

Vousnousils évoque le rapport de la DEPP sur le baccalauréat 2015 : « 87,9 % des candidats ont été admis. ».


Egalité

Toujours autour du baccalauréat, mais cette fois concernant l’épreuve de littérature. Dans L’Obs, le « Troisième épisode de la chronique féministe d’Eloïse Bouton ». « Les femmes, ces grandes absentes des programmes scolaires du baccalauréat
Où sont les femmes dans les programmes scolaires ? Les lycéens qui planchent actuellement sur leurs copies se sont peut-être déjà posés la question, et pour cause : le baccalauréat littéraire n’a jamais mis en avant aucun ouvrage écrit par une femme. Ne serait-il pas temps de changer la donne ?
 »
Relayé par Les Décodeurs qui se sont penchés sur ce sujet dans Le Monde. « Epreuves littéraires au bac : où sont les femmes ? » et ce avec le sérieux qu’on leur connaît. Ainsi, on apprend que « Le constat d’ensemble est écrasant : 75 auteurs et auteures ont été proposés aux bacheliers sur l’ensemble de ces 39 sujets dont seulement trois femmes, donc. Parmi elles, seule Colette apparaît plus d’une fois (deux), quand 18 hommes ont été proposés deux fois ou davantage encore. » Ils rappellent que « Comme le fait remarquer Françoise Cahen dans sa pétition, les pistes ne manquent pas pour inclure des femmes dans les programmes : Marguerite Duras, Madame de La Fayette, Annie Ernaux, Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute, George Sand, Louise Labé… L’enseignante insiste : ces écrivaines « ne sont pas spécialement intéressantes parce qu’elles sont des femmes, mais elles méritent d’être étudiées pour ce qu’elles ont apporté d’essentiel à la littérature et à la société. » »
Hasard du calendrier, en filière technologique aujourd’hui l’épreuve proposait d’étudier la place des femmes dans la société française...mais en étude de document d’histoire.


Sexualité

Le Café Pédagogique nous titre avec une ambiguïté sans doute involontaire « Education à la sexualité : Quelle place à l’’école après la débandade de 2013 ? »
« Publié par le Haut Conseil à l’égalité, le rapport sur l’éducation à la sexualité est très sévère pour l’Education nationale. Il souligne l’abandon de toute initiative en ce domaine depuis 2013 suite aux initiatives de la Journée du retrait de l’école. Mais plus globalement il montre la grande frilosité de l’institution scolaire sur l’éducation sexuelle. Le rapport invite à une nouvelle pédagogie de l’éducation sexuelle faisant davantage appel aux jeunes et prévoyant des moments non mixtes. »
Pour lire le rapport c’est ici « Rapport relatif à l’éducation à la sexualité Répondre aux attentes des jeunes, construire une société d’égalité femmes-hommes ».
Pour FranceTVInfo c’est essentiel car« L’entrée dans la vie amoureuse est un moment révélateur des inégalités entre les filles et les garçons, selon les auteurs. »
Libération est très direct : « Depuis quinze ans, l’Education nationale (dans une loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception) est censée assurer aux écoliers, collégiens, lycéens 3 séances annuelles sur le sujet (quitte à faire appel à des intervenants extérieurs). Et depuis 2016, ces séances doivent en présenter une « vision égalitaire entre les femmes et les hommes ». Et ? Le rapport n’y va pas par quatre chemins : dans un quart des 3 000 écoles publiques et privées passées au crible par le HCE, la loi n’est carrément pas mise en œuvre. » « Mais pourquoi ? Pour le HCE, bien sûr, « des blocages sur le sujet » sont à l’œuvre. Mais il y a aussi de graves déficits d’informations sur la sexualité des jeunes. La dernière grosse enquête d’envergure sur les comportements sexuels des 15-18 ans sur cette question (réalisée pour l’Agence nationale de recherche sur le Sida) a 20 ans. Face à ces jeunes que l’on connaît mal déferlent en revanche des informations multiples et contradictoires à portée de clic. Il suffit de demander à Google « comment faire l’amour » pour voir remonter quelque 26 millions de résultats ! »
Et le même journal, dans un autre article est très clair sur l’inégalité fille et garçon sur ce sujet : « Le Haut Conseil à l’égalité épingle l’éducation à la sexualité
Il se trouve encore un quart des filles de 15 ans qui ne savent pas qu’elles ont un clitoris, tandis que 68 % des garçons de 4e et de 3e ignorent la fonction de cet organe. Il se trouve aussi que 18 % des garçons de 15-24 ans pensent que mater un porno est un bon moyen d’apprendre à faire l’amour (contre seulement 4 % des filles).Voilà sans doute les chiffres les plus choquants parmi la myriade d’informations fournies par un rapport relatif à l’éducation à la sexualité, rendu public mercredi par le Haut Conseil à l’égalité (HCE) entre femmes et hommes.
 »
L’Humanité propose un article bien documenté mais réservé aux abonnés.


Brèves

Quelques informations rapides mais intéressantes à lire pour terminer.
Sur le site des Cahiers Pédagogiques le compte-rendu du « Débat sur les priorités éducatives » par Cécile Blanchard. « France Stratégie, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective, organisait le 13 juin un débat sur les priorités éducatives pour la période 2017-2027. L’occasion d’un tour d’horizon des grandes questions que pose la nécessaire transformation du système éducatif en France. »

Le Café Pédagogique évoque l’ « Enseignement professionnel : La ministre face au projet de l’opposition ». « Le 14 juin, la ministre a du répondre aux questions des députés de la Commission des affaires culturelles durant plus de deux heures. N Vallaud Belkacem a défendu les 3èmes prépa pro, la philosophie en LP, critiqué le bac pro en 3 ans et aussi répondu au projet de l’opposition de passer les lycées professionnels aux régions. »

Vousnousils s’inquiète du « Moral des inspecteurs de l’éducation nationale : « un malaise profond » » « Selon une étude portant sur le moral des IEN, nombre d’inspecteurs se sentent stressés et pas assez reconnus. "Beaucoup apparaissent en souffrance", indique le SI.EN-UNSA. »

Emilie Kochert


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Le lycée, entre collège et supérieur
Revue n°493 - décembre 2011

Comment transformer le collégien en lycéen ? Accompagner la démarche d’orientation et le projet de l’élève, pour préparer à l’enseignement supérieur ? Comment les enseignants se débrouillent-ils pour prendre en compte dans leur pratique ce nouveau positionnement du lycée ?

Le corps à l’école
Revue n°497 - avril 2012

Le corps à travers ses transformations, ses différences. Le corps de l’enseignant en tension dans la classe. Le corps qui socialise ou qui exclut. Le corps qui perturbe, désire ou souffre. Le corps pour bouger et ne plus bouger, pour courir et pour parler. Le corps pour grandir. Le corps pour apprendre.

Filles et garçons à l’école
Revue n°487 - fevrier 2011

L’école mixte est régulièrement mise en cause, accusée de desservir tour à tour les filles ou les garçons. La question des violences sexistes et homophobes préoccupe les acteurs de l’école. Ce dossier rend compte des débats, met en lumière l’inventivité de tous celles et ceux qui agissent en faveur de l’égalité entre filles et garçons.

Questions sensibles et sujets tabous
Revue n°477 - décembre 2009

Problèmes existentiels longtemps tabous à l’école, contestation de certains sujets « sensibles », comportements sexistes, racistes, homophobes : comment réagir ?