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N° 493 - Le Lycée entre collège et supérieur

Réforme

Par Patrice Bride


Dans quelle mesure les réformes font-elles changer l’école ? Question vive, alors que les candidats peaufinent leurs programmes politiques, que les diverses associations du monde éducatif élaborent leurs contributions aux débats, leurs propositions pour la mandature à venir.

Le dossier de ce numéro y répond à sa manière : même si la réforme en cours d’application n’est pas centrale dans les divers articles, elle est bien présente, au moins en filigrane, par les points d’appui qu’elle propose, ses effets, ses limites, ses insuffisances. Une nouvelle occasion de constater le fort décalage entre les attendus de ses promoteurs, les conditions locales de sa mise en œuvre et les dispositifs et démarches effectivement mis en pratique : du ministre aux élèves, il y a tout un monde…

Les assises de la pédagogie, dont il est largement question dans notre rubrique « Actualités éducatives » , proposent un autre éclairage : au-delà des mots pièges qui camouflent des projets d’orientations très différentes, au-delà des illusions sur la loi idéale susceptible de produire magiquement tous les effets positifs souhaités, changer l’école nécessite une cohérence entre un discours positif des décideurs et des ressources attribuées aux acteurs. Des « moyens », certes, mais sans en rester à des questions d’effectifs : plutôt que de transmettre des injonctions par voie de circulaire, mettre en place des dispositifs nombreux et variés de formation initiale et continue ; plutôt qu’un contrôle tatillon de conformité, organiser des cadres institutionnels favorisant les initiatives ; plutôt qu’isoler des enseignants dans leur formation initiale réduite à du « tutorat » ou bien dans leur recrutement et leur évaluation un par un par un chef d’établissement manageur, encourager la constitution de collectifs de travail.

Les bonnes réformes, ce sont celles qui mobilisent les enseignants, leur donnent l’envie et les moyens de faire évoluer leurs pratiques. Certains font sans, tous ont besoin d’une politique à la hauteur des ambitions de démocratisation de l’école.