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Recul ou avancée ?


Suite à la décision de Xavier Darcos de différer la réforme du lycée, la presse unanime note cette première dans la politique de Nicolas Sarkozy : un arrêt, et très brusque, dans un train infernal de réformes conduit jusqu’alors sans le moindre égard pour les usagers, par un ministre chauffard. On peut s’en féliciter mais le risque demeure que rien ne se fasse alors que la rénovation du lycée est indispensable. Contrairement aux affirmations du ministre sur le conservatisme des enseignants, personne ne souhaite le statu quo et des propositions sont avancées. En effet il s’agit, dans une véritable concertation, de donner du sens et du contenu à cette réforme. Alors que les contours de ce qui a été proposé sont bien flous et apparaissent surtout s’inscrire dans la logique comptable de la réduction des moyens, les chantiers de l’organisation des modules, d’une refonte du baccalauréat ou de la mise en place d’un accompagnement scolaire restent ouverts. Sur ce dernier point, égrainer soutien scolaire, aide méthodologique, conseil d’orientation, travail interdisciplinaire et même travail d’expertise ne suffit pas. Le dernier numéro des Cahiers pédagogiques consacré aux devoirs (N° 468 - As-tu fait tes devoirs ?) apporte pourtant des pistes de réflexions et de pratiques sur cette question. Quel sens donner au travail personnel ? Quelle articulation entre le dedans et le dehors de la classe ? Quelle place pour les TICE ? Quelle formation des enseignants ?
On le voit, il appartient maintenant au gouvernement d’ouvrir des concertations, de s’appuyer sur les organisations d’enseignants et de lycéens pour construire une réforme utile et positive. Ressortir la même chose dans un an ou enterrer toute rénovation du lycée serait la pire des choses.