Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Réaction au rapport Thélot


Le rapport Thélot vient d’être publié. La question qui se pose aujourd’hui est double : c’est celle de la manière dont il va être entendu et compris dans les salles des profs et celle de l’usage qui va en être fait par le Ministre.
Sur l’une , comme sur l’autre, on peut être inquiet.

Réaction au rapport Thélot

Paroles du CRAP

15 octobre 2004

Le rapport Thélot vient d’être publié. La question qui se pose aujourd’hui est double : c’est celle de la manière dont il va être entendu et compris dans les salles des profs et celle de l’usage qui va en être fait par le Ministre.
Sur l’une , comme sur l’autre, on peut être inquiet.


Les enseignants, comme tous les Français, sont informés par la presse : peu auront le loisir et le désir de lire un volumineux rapport de 150 pages qui présente des propositions diverses et détaillées. La presse, elle, met essentiellement l’accent sur deux points : le socle commun et le service des enseignants, en négligeant les autres. Et souvent la nécessité de simplifier ou de « faire court » conduit à beaucoup de schématismes. Ainsi a-t-on pu entendre que le socle commun était confondu avec les méthodes de travail à adopter - le rapport n’en prescrit aucune- ou bien se réduisait à un simple « lire-écrire-compter » qui nous ramènerait bien en deçà de Jules Ferry . Sur le service des enseignants, on aimerait que le public soit informé des motifs et des objectifs de ce que proposent les rapporteurs. Ils n’ont jamais dit que les enseignants ne travaillaient pas assez, mais qu’il fallait prendre en compte dans le service des professeurs de collèges et lycées les nouvelles tâches, que beaucoup d’ailleurs effectuent déjà.

Ces simplifications médiatiques n’aident pas à avoir une pensée nuancée... Au Crap-Cahiers Pédagogiques, nous souhaitons que la réflexion puisse aller au delà des réactions immédiates et affectives pour construire une réflexion qui s’appuie sur une lecture approfondie des propositions.

La deuxième question est celle de l’utilisation de ces propositions dans le cadre de la future loi d’orientation. On peut craindre que le gouvernement, dans un contexte de réduction budgétaire, ne se serve de certaines des conclusions de la commission Thélot dans un sens purement comptable et de régression. Par exemple, accroître le temps de présence des enseignants dans leurs établissements pourrait devenir l’occasion de résoudre à peu de frais le problème des remplacements, ce qui n’est pas illégitime en soi, mais cela détournerait la proposition dont l’objectif est de permettre aux enseignants de travailler autrement.

Nous resterons vigilants, avec les associations ou syndicats dont nous avons déjà été les partenaires. S’il est trop tôt pour analyser au fond l’ensemble des propositions de la commission, nous suivrons au mieux l’élaboration de la loi d’orientation et nous y reviendrons dans les Cahiers pédagogiques. Nous tenons à ce que les travaux de M. Thélot ne soient pas déformés et ainsi instrumentalisés au service d’une politique scolaire antidémocratique et rétrograde.

Le bureau du CRAP-Cahiers Pédagogiques , le 13 octobre 2004.


Pour accéder au site du ministère "Loi sur l’école" : http://www.loi.ecole.gouv.fr


 Les Cahiers pédagogiques sont une revue associative. Pour nous permettre de continuer à la publier, achetez-la, abonnez-vous et adhérez au CRAP.