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L’actualité éducative du N°408 - Novembre 2002

Quoi de neuf du côté de l’innovation ?

Par Marie-Christine Chycki

On a pu craindre un moment de voir disparaître le CNIRS dans les remous postélectoraux. Annonce de sa suppression, puis démentis discrets... Il est vrai que les priorités du moment étaient autres : agir vite, frapper fort, il n’y avait plus assez de caméras pour suivre Sarkozy, occupé à rassurer la France... Dès juillet cependant, Luc Ferry a clairement signifié le maintien de ce Conseil qui, malgré sa courte vie, a permis à des équipes souvent isolées d’exister, de se faire reconnaître, d’explorer de nouveaux chemins dans la lutte contre l’échec scolaire. Certes, entre l’aval du CNIRS donné à tel projet et sa réalisation concrète sur le terrain, beaucoup d’obstacles et de désillusions ont pu intervenir ; nous en parlerons ci-dessous dans un bref tour d’horizon de la situation des établissements pionniers. Il n’en demeure pas moins que le CNIRS a été et doit rester un symbole fort d’ouverture dans une institution si difficile à faire évoluer...
Le Conseil demeure en place donc. Mais depuis le mois de mai, il semble que ses activités soient fort réduites dans l’attente de nouvelles instructions. Le ministre a en effet manifesté l’intention de redéfinir à la fois ses missions, les programmes à mettre en œuvre et ses modalités de fonctionnement. Une réunion est prévue le 31 octobre. Qu’en sortira-t-il ? Il faut espérer que l’indépendance - relative - du Conseil vis-à-vis du ministère sera préservée...

État des lieux des établissements pionniers

La lettre de REVEIL [1] de septembre 2002 rend compte des rencontres organisées en juillet par l’association, et dresse l’état des lieux des projets dans lesquels des participants sont engagés.

Six témoignages sont donnés. Deux d’entre eux concernent des établissements ouverts et qui « fonctionnent » :
- Le Mans (collège Anne Franck) : nous en avons parlé dans cette rubrique lors de son ouverture en septembre 2001. Malgré une évaluation conduite par des inspecteurs plutôt hostiles, l’idée qu’une « autre école est possible » progresse. Les demandes d’inscription augmentent considérablement, très au-delà des possibilités d’accueil.
- Cantal : un an d’existence, expérience riche, épuisante, mais satisfaction de la majorité des parents, des profs et des élèves. Jusqu’en décembre aucun moyen. Visite de 5 inspecteurs (IPR). Problème pour la rentrée : le recteur semble orchestrer la fermeture de l’établissement en pratiquant la désinformation (réactions vives des enfants et des parents). Finalement le collège se maintient en 2002-2003 mais au prix du départ d’Anne Raynard et de la nomination arbitraire du principal adjoint du collège de tutelle de Mauriac comme chef de projet alors qu’il ne s’y est jamais impliqué. Deux recours ont été déposés au tribunal administratif de Clermont-Ferrand.

Les quatre autres font état de projets plus ou moins avancés :
- Grenoble : aux dernières nouvelles, après la fermeture « autoritaire » du centre lecture et la récupération par l’IA, des postes dégagés ultérieurement pour sa réouverture par le cinistère, le CNIRS a obtenu 2 nouveaux postes. Un espoir revient : à suivre !
Le projet collège, bien accueilli par les élus, les conseillers généraux, plutôt bien reçu par l’inspecteur adjoint à l’IA, doit être présenté à la recteure en septembre 2002.
- Le Trégor : projet caractérisé par la liaison cycle 3-collège (6e-5e-4e) Malgré un avis favorable du CNIRS, un tir de barrage des profs avant même le CA du collège. De nouveaux parents du secteur se mobilisent. Nouvelle démarche, recherche d’appuis des élus pour obtenir des locaux. Fin de non-recevoir du rectorat qui renvoie vers l’IA.
- Garges : projet conçu et présenté à l’occasion de la création d’un nouveau collège. Avis favorable du CNIRS. Travail avec parents (FCPE), syndicat SGEN. Mais discours contradictoire de l’IA selon le lieu ou les interlocuteurs, d’où refus au niveau local des syndicats. Puis nomination par l’IA d’un principal pas intéressé par le projet. Malgré une bonne fréquentation des réunions publiques, ECE 95 n’est pas assez implantée pour créer une force de pression.
- DECLIC 93 : fait nouveau et important, la réunion de travail sur la veille éducative entre le CNIRS et la DIV (délégation interministérielle à la ville). Un partenariat s’instaure. Dans l’Essonne, un établissement virtuel collège-lycée démarrera avec une 6e et une 3e au collège de Grigny et une seconde à Evry. L’effectif de 15 à 20 élèves dans chaque lieu se limitera au départ à des primo-arrivants francophones.
L’équipe de 15 profs (5 chevronnés et 10 jeunes) aura pour mission de diffuser la pédagogie innovante auprès d’un maximum d’élèves de tout l’établissement.

Il faut noter également :
- Un nouveau collège-lycée expérimental à Bordeaux vient d’ouvrir à la récente rentrée. Il est présenté sur le site Internet : http://www.clisthene.fr.fm/ en tous points remarquable.
Les données sont brutes, mais rendent compte des obstacles, des espoirs, des difficultés et aussi des réussites qui montrent que cette voie-là est possible, qu’il faut continuer à la tracer...


[1REVEIL : Rénover l’École en Valorisant et en Encourageant les Initiatives Locales. Contact : reveil.perrier@wanadoo.fr Site Internet : http://assoreveil.org Georges HERVE, rue du Château 63500 PERRIER.