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Éditorial du n° 523 - Le climat scolaire

Quels élèves veut-on former ?

Pierric Bergeron


Quand on se lance dans un changement en éducation, on ne peut pas savoir quel sera le rapport entre l’investissement et le produit, ce n’est pas de la finance. Et même en finance, le sait-on (l’actualité récente nous donne à en douter) ? Le changement s’accompagne toujours d’un sentiment de risque, mais tous les enseignants ne devraient-ils pas s’autoriser à en prendre ? Et l’institution ne devrait-elle pas les y encourager et les accompagner ?
Ce que l’on sait, c’est que le système scolaire actuel dysfonctionne, il laisse sur le carreau bien trop de jeunes qui, comme les autres, méritent qu’on se décarcasse pour qu’ils réussissent. Il y a urgence à s’y atteler. Trêve de fantasmes, le risque n’est pas si grand, les bons élèves s’en tireront toujours, quelle que soit la méthode et l’on ne va pas vers une terra incognita.
Des expérimentations ont été menées, analysées et évaluées ici, dans d’autres pays et au sein de structures scolaires innovantes (et Clisthène n’est pas la seule) où l’on a pu constater qu’on peut tendre, dans un climat scolaire serein, vers la réussite de tous les élèves. Les établissements qui prennent en charge les décrocheurs, en questionnant l’ensemble du système, apportent eux aussi des pistes de solutions.
Bien entendu, ce n’est pas une simple réforme des collèges qui peut renverser la vapeur, elle devra s’accompagner d’une formation des équipes, d’un aménagement du temps scolaire des personnels et des élèves, d’une facilitation du changement par les corps intermédiaires, d’une modification du système d’évaluation et de plus d’autonomie des équipes dans l’organisation pédagogique.
Néanmoins, tout cela ne changera pas vraiment l’école si l’on ne se pose pas la question de savoir «  quels élèves on veut former ?  » : une minorité à la tête bien pleine, pour renouveler l’élite de la nation formée au détriment d’une majorité qui suit tant bien que mal, ou alors, l’ensemble des élèves dont on assure la réussite en construisant avec eux un socle commun de connaissances et de compétences exigeant. Il va falloir que notre société s’accorde, après une véritable réflexion partagée, sur la réponse.

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Le climat scolaire
Qu’est-ce qu’un bon climat scolaire ? Est-ce lorsque les élèves répondent à notre fantasme du «  bon élève  » ? On ne peut nier l’impact qu’il a sur les personnels et les élèves. Se sentir bien ou mal à l’école détermine en profondeur le parcours que l’on y mènera.