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Quelques échos des ateliers

Trois militantes du CRAP ont circulé dans les douze ateliers du lundi après-midi pour aller à la pêche aux bonnes idées et aux propos impertinents. Florilège.

Verrou va-t-on ?

Un mot retenu à l’occasion du passage, hier, dans différents ateliers : verrou.
Des mots qui y sont reliés : autorité, autorisation, oser, prise de risque.
De même que certains parlent de savoir ou de rapport au savoir, l’envie me prend, en clôture de ces Assises, de mettre un coup de projecteur sur le « rapport au(x) verrou(s) »…
Des verrous qui, pour certains d’entre eux, nous viennent d’ailleurs : verrous des concours de recrutement, du temps de service, des prescriptions hiérarchiques, des examens des élèves, etc.
Mais verrous aussi – et c’est sur ceux-là que je voudrais insister – qu’on s’impose parfois sous forme d’auto-prescriptions et d’auto-censures. Si certaines sont utiles, d’autres sont paralysantes. André de Peretti et François Muller ont souvent évoqué ce qu’ils nomment l’effet Bunuel en référence à un épisode du film L’ange exterminateur : des convives réunis dans une maison après une soirée à l’Opéra se condamnent, la nuit venue, à rester sur place, persuadés qu’ils ne peuvent pas sortir parce que les issues sont bloquées. Or, ils découvriront au matin que les portes étaient ouvertes.
Ce qui conduit de Peretti à souligner notre tendance à l’auto-enfermement là où pourraient se cultiver des « stratégies inventives, non répétitives ».
D’autres, comme l’ergonome François Daniellou, parlent des « prescriptions remontantes », celles dont le travailleur lui-même est porteur : ses propres sources internes de prescription, qui autorisent ou interdisent telle ou telle forme d’interaction avec les autres, telle ou telle prise d’initiative.
Pour sortir des slogans et passer à l’action comme y invite notre affiche sans doute avons-nous, collectivement à œuvrer pour faire sauter des verrous… sans oublier de commencer par ceux qu’on s’auto-administre faute d’avoir suffisamment su voir et investir les marges de manœuvre, même étroites, dont on dispose.
Ce qui est source de souffrance pour les acteurs nous dit Yves Clot c’est « le travail empêché ». Il nous faudrait travailler à rendre explicite – à la fois personnellement et collectivement – ce sur quoi nous avons envie d’être « auteurs » pour conserver ou retrouver la fierté du « bon boulot », celui qu’on a envie de faire, avec la volonté tenace – là ou ça résiste – d’œuvrer à améliorer l’existant pour une école plus juste et plus efficace.
Cette confiance suffisante qui permet de s’autoriser à entreprendre et à investir les marges de manœuvre possibles se construit et s’accompagne en formation initiale et dans les débuts dans le métier et s’entretient par la formation continue.

Nicole Priou

En bref

En CLAIR ? Pas si clair…
Quel impact ? Pour quel pacte ?
Dans soutien scolaire y a pas que scolaire.
Pas de peau Julien, t’es pas prioritaire.
Boucles blanches sur tableau noir.
Pas de plan. Pas d’écran.
On parle. On écoute. On se parle.
Il faut donner du temps au temps.

Christine Vallin

Autour de l’école

Le troisième écho des ateliers est la présence d’une dimension que l’école française a trop peu explorée jusque-là : la dimension locale, celle d’une relation renforcée, ou même à créer, avec les parents, avec le quartier, avec les entreprises, en acceptant d’ouvrir les locaux, de partager un peu le pouvoir, la formation des élèves, la réflexion sur leur réussite.
Florence Castincaud