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Quelles pratiques avec le livre jeunesse ?

Dossier coordonné par Élisabeth Bussienne et Clémentine Vallée


L’enseignant est un intermédiaire entre le savoir et l’élève, et donc notamment entre le monde des livres et le jeune lecteur. Notre travail de transmission fait de l’école un médiateur privilégié du livre jeunesse. Pourtant, alors que des masters lui donnent un statut légitime et que celui-ci est bien implanté en maternelle et en primaire, il peine à forcer les portes de l’enseignement secondaire. Alors que nous fêtions il y a quelques mois les vingt ans de la série Harry Potter, quelle place occupe aujourd’hui le livre jeunesse dans l’enseignement ?

Pour mieux cerner le champ des possibles offert par le livre jeunesse, il conviendra d’abord de s’interroger sur ce que recouvre le terme « livre jeunesse » et quelles en sont les spécificités. De la maternelle au lycée, différents genres sont représentés : l’album, le roman, les revues, en passant par le documentaire et la bande dessinée. Quelles caractéristiques permettent de classer ces ouvrages composites dans le domaine de la jeunesse (public visé, accessibilité du propos…) ? Ces caractéristiques sont-elles les mêmes selon que l’on est éditeur, auteur, enseignant ou lecteur ?

Paradoxalement, l’enseignant est celui qui prescrit, impose plutôt que propose… sans oublier qu’il n’est jamais en position d’absolue neutralité par rapport aux ouvrages choisis. Pourquoi certains blocages du côté des professeurs, notamment dans le secondaire ? La lecture à l’école est-elle une pratique culturelle et/ou une pratique de loisir ?

Si l’école est un médiateur privilégié du livre jeunesse, c’est loin d’être le seul. Quid des éditeurs, bibliothécaires, libraires et des actions qu’ils mènent avec les enseignants (prix littéraires, rencontres d’auteurs…) ? Comment sont actuellement utilisées les BCD en élémentaire : lieu de prêts, d’animations autour du lire, d’échanges autour d’activités de lecture et d’écriture ? Et quand l’élève devient-il à son tour médiateur ? Comment l’école peut-elle nouer des partenariats hors de l’école ? Quels outils les professionnels de l’édition fournissent-ils aux enseignants afin de faciliter leur travail d’appropriation et de médiation (dossiers pédagogiques…) ?

Parler du « livre jeunesse » et non de « littérature jeunesse » permet également d’évoquer des pratiques pédagogiques variées dans de nombreuses disciplines (usages de documentaires scientifiques, de textes en lien avec l’histoire, l’EMC, les langues – ouvrages bilingues – textes philosophiques, imagiers et abécédaires). Pourquoi et comment travailler sur un ouvrage jeunesse en classe entière, en pédagogie différenciée, en classe inversée, en inclusion, transdisciplinarité ? De quelle manière les enseignants utilisent-ils le livre jeunesse dans leurs classes (expériences pratiques pour le 1er et le 2nd degré) ? Quels sont les objectifs visés par l’étude des livres jeunesse (s’instruire, se cultiver, devenir lecteur, apprentissage de l’écriture, travail sur l’expression orale…) ? Sont-ce les mêmes objectifs que pour des ouvrages du patrimoine, des classiques ou des manuels scolaires ? Et que dire des classiques « abrégés » ou adaptés en album, BD, manga ? Le livre jeunesse est-il un substitut, un complément de manuel ou bien un nouvel outil à part entière pour mieux comprendre le monde actuel, au même titre que le numérique ?

Pour finir, il ne faut pas oublier que l’école reste un lieu majeur de démocratisation des savoirs. Le livre jeunesse peut-il contribuer à diminuer la fracture sociale dans l’accès à la lecture des populations défavorisées, priorité réaffirmée par les gouvernements successifs ? Et si oui, comment ?

Nous attendons donc vos contributions : quels livres pour la jeunesse utilisez-vous et pourquoi, comment les choisissez-vous, pour quelles pratiques ? N’hésitez pas à nous envoyer avant fin mars 2017 un projet d’article de quelques lignes nous expliquant votre axe de réflexion et vos principales idées.

Merci de nous envoyer vos contributions à (remplacez le [at] par @) :

Élisabeth Bussienne : elisabeth.bussienne[at]cahiers-pedagogiques.com

Clémentine Vallée : clementine.vallee[at]cahiers-pedagogiques.com