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L’actualité éducative du n° 498 - juin 2012

Quel avenir pour les Rased ?

Entretien avec Maryse Charmet, du Bureau national de la Fnaren

À la rentrée 2012, les Réseaux d’aide aux élèves en difficulté (Rased) vont une fois de plus être mis à mal par les suppressions de postes : un tiers des 15 028 postes d’enseignants spécialisés ont disparu depuis 2007 ; plus de 250 000 élèves n’auront plus d’aides spécialisées.

Imaginons Gislain qui bénéficie encore aujourd’hui du soutien du Rased. Que va-t-il lui arriver en septembre si le dispositif disparait ?

L’enfant ne va pas retrouver l’enseignant maitre E (à dominante pédagogique) ou G (à dominante éducative) mais l’aide personnalisée, mise en place par Xavier Darcos en 2008.

Cette aide dispensée par les enseignants s’adresse prioritairement à des élèves qui ont besoin d’un soutien ponctuel en dehors du temps de classe. L’aide spécialisée, elle, s’adresse à des enfants pas encore devenus élèves, qui présentent des difficultés d’apprentissage ou d’adaptation aux attentes scolaires. Des difficultés que l’enseignant ne peut résoudre seul en classe.

Quand les enseignants font appel aux Rased, c’est qu’ils ont déjà essayé de pallier les écueils. La recherche faite il y a deux ans à l’université Paris Descartes montre que le Rased est efficace pour 80 % des enfants en grande difficulté pris en charge, contre 20 % pour ceux qui doivent se contenter de l’aide personnalisée. L’aide spécialisée prend en compte les dimensions psychosociales et cognitives de l’enfant. De plus, la formation des enseignants Rased leur permet d’avoir une approche très particulière. Ils empruntent des pistes qui donnent à ces enfants de réelles conditions pour reprendre le chemin des apprentissages.

Si les parents de Gislain ont les moyens, ils pourront s’adresser à des dispositifs privés. S’ils sont en milieu urbain, ils pourront l’inscrire, en liste d’attente, dans un des rares centres médicopédagogiques.

Dans la pétition que vous lancez, vous dites : «  Des réseaux entiers vont mettre la clé sous la porte  »…

Le R de Rased signifie «  réseau  ». Le rôle de maillage de relations est une des missions du maitre G et du maitre E. Ils sont dans un entredeux, entre l’école, l’enseignant de la classe, les parents, le psychologue scolaire et les autres soutiens médicosociaux. Ils travaillent en conjuguant ces différentes approches et ajustent leurs actions auprès de l’enfant.

Quels sont vos attentes, vos espoirs après le 6 mai ?

On sait que le ministère Chatel est en totale contradiction avec l’affichage et la communication gouvernementale concernant sa priorité pour l’aide aux élèves en difficulté. Les trois associations professionnelles des Rased (Fnaren, Fname, Afpen) ont contacté les candidats pour leur demander de refuser les suppressions de postes en cours et de rouvrir tous ceux supprimés depuis 2008.

Tout cela ne peut se faire qu’avec le redémarrage de la formation spécialisée et le départ en stage des maitres. Pour informer, pour mobiliser, nous avons mis en place une pétition. La projection publique du film Un parmi les autres, de Pierre de Nicola, permet un débat sur les aides rééducatives et aussi sur la charte de l’école de demain, «  Pour une école humanisante  », élaborée par le comité scientifique de la Fnaren.

Maryse Charmet
Bureau national de la Fnaren

Propos recueillis par Roxane Caty-Leslé


www.fnaren.com
Pour signer la pétition : www.appeldesrased.fr