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Quelle éducation prioritaire ?

Quand la fée électricité monte sur scène

Virginie Vitse

Mêler apprentissage de connaissances scientifiques et spectacle théâtral, découverte de l’univers de la physique et du monde de l’art : en Zep, ça carbure !

Le rideau se lève.
Les acteurs marchent d’un bout à l’autre de la scène. Seuls, à plusieurs, avec différents rythmes, différentes trajectoires... Petit à petit deux groupes se forment et se placent face à face.
La musique s’arrête.
Les paroles courent d’un groupe à l’autre.

Le Soleil éclaire la Terre
Il faut huit minutes à la lumière du Soleil pour atteindre la Terre.
Il existe aussi la lumière artificielle
La lumière a une trajectoire
On ne voit pas la trajectoire de la lumière
Nous pouvons la voir grâce à la poussière
Il faut des petits obstacles
Par exemple des grains de poussière de craie…

En réalité, ce ne sont pas des acteurs mais des élèves de CM1 qui participent au projet « Sciences en scène », initié par l’équipe pédagogique des réseaux ECLAIR et RRS et le centre pilote La main à la pâte de Nogent sur Oise (Oise).

Science ou théâtre ?

C’est du théâtre ! Les élèves ont appris à maitriser l’espace, le contact avec l’autre et avec le groupe, le regard, la prise de parole, l’articulation. Ils ont exploré différentes manières de parler, et d’exprimer la colère, la joie, la tristesse, la peur avec la voix et aussi avec le corps. Pour le spectacle de cette année, ils sont passés par un travail d’improvisation sur les thèmes de l’électricité et de la lumière, et parmi toutes les propositions des élèves, certaines ont été retenues pour le spectacle. Par exemple, pour l’écriture de la scène évoquée au début de ce texte, j’ai demandé aux élèves de faire la liste ce qu’ils avaient appris et retenu en sciences sur le thème de la lumière… Il a « suffi » ensuite d’organiser !

La mise en scène s’est construite grâce aux répétitions successives, et à une petite expérience de spectateurs : au cours de l’année, les élèves ont assisté à une représentation théâtrale qui leur a permis d’avoir une première approche de la scène… jusqu’à l’aboutissement que constitue la création du spectacle et les représentations devant un public, en passant par des lectures de textes comme la pièce de Karl Valentin Le projecteur réparé, la mise en voix d’extraits de textes scientifiques d’Hubert Reeves et de Pierre Léna, et de contes sur le thème de la lumière.

Et c’est tout autant de la science. Dans ce réseau d’éducation prioritaire, les élèves sont habitués à la façon de faire de « La main à la pâte ». Pour ce projet, ils ont pratiqué une démarche d’investigation en étudiant les propriétés de la lumière et de l’électricité : comment se déplace la lumière ? Qu’est-ce qu’une ombre ? Qu’y a-t-il dans l’ampoule ? Ou encore comment allumer l’ampoule ? Ils ont formulé des hypothèses qu’ils ont vérifiées grâce à l’expérimentation. Certaines de leurs recherches et de leurs découvertes ont été exploitées puis adaptées afin de les mettre en scène. 

Et c’est ainsi que le spectacle final oscille entre imaginaire et rationalité, poésie et vérité scientifique, rêve et réalité.

Virginie Vitse,
enseignante détachée au sein du réseau d’éducation prioritaire de Nogent-sur-Oise


Sciences en scène

Le projet « Sciences en scène » a concerné cette année quatre classes de CE2/CM1/CM2, ce qui représente une centaine d’élèves. Cette action est reconduite pour la troisième année consécutive. Le thème proposé l’an dernier portait sur l’astronomie et la mesure du temps, et cette année, les élèves ont étudié les propriétés de la lumière et de l’électricité.
Ce que nous visons, c’est de faire acquérir aux élèves une culture littéraire et scientifique dans un projet qui donne du sens aux apprentissages par une approche pluridisciplinaire, qui permet à chacun de s’impliquer dans un projet collectif. Et qui, par le spectacle final, crée aussi des passerelles avec les parents et les familles, occasion de favoriser leur implication dans le suivi scolaire de leurs enfants.
Ce projet est aussi un travail de réseau. Il s’inscrit dans le Contrat d’objectifs des réseaux ECLAIR/RRS. Il correspond à deux axes : « améliorer la maîtrise de la Langue » et « sensibiliser les élèves à un univers culturel ». Il est proposé à toutes les classes du cycle 3.
Pour que le projet aboutisse, il faut bien sûr quelques moyens : pour les classes qui y participent, les dépenses (achat de matériel, spectacles) sont prises en charge. Mais surtout, les enseignants sont accompagnés par un ESAP tout au long de l’année. Ils participent à différentes réunions de régulation de l’action qui leur permettent de se rencontrer et de mutualiser leurs pratiques.


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