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Genève, Aix-en-Provence, Lyon : trois colloques

Quand fleurissent les idées

Trois colloques sur des thématiques qui intéressent les Cahiers se sont déroulés fin janvier.
A Lyon : « Former les enseignants au XXIème siècle », colloque inaugural de la chaire UNESCO.
A Genève : « Des écoles autonomes ? Rhétorique de la gouvernance et ambivalence des acteurs », colloque du laboratoire de recherche LIFE à l’occasion du départ à la retraire de Monica Gather Thurler.
A Aix-en-Provence : « Culture(s) à l’école, un enjeu pour l’égalité » colloque d’Education et Devenir.
Nous avons demandé à trois participants l’idée majeure qu’ils en retenaient.


(photos Nicole Priou)

Mutualiser les résultats de la recherche

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Ces journées qui réunissaient des administratifs des enseignants et chercheurs du Nord et du Sud, ont montré l’impérieuse nécessité de développer partout l’enseignement et, pour cela, de recruter, former et maintenir dans le métier des enseignants de qualité. Mais aussi que nous savons beaucoup de choses convergentes sur les façons d’entrer dans une profession enseignante en mutation et d’en sortir, sur ce qu’on y apprend en l’exerçant ou encore sur ce qui bouge dans la formation. Cette chaire Unesco ne formera pas les enseignants du XXIe siècle, mais elle peut être une interface utile pour impulser des recherches, faire circuler et s’approprier leurs résultats. Et montrer que ceux-ci, mutualisés, peuvent être autre chose qu’une source de démotivation pour des praticiens rebutés par des savoirs trop éloignés de leurs problèmes ou de caution à des ingénieries managériales ignorantes des finalités de l’éducation.

Patrick Rayou (Professeur en sciences de l’éducation, Paris VIII)


L’autonomie est morte, vive l’autonomie

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Après avoir été au cœur de l’évolution des politiques éducatives depuis 30 ans, l’autonomie des établissements est-elle passée de mode ? Ainsi le terme a-t-il été pointé du doigt en France lors de la récente concertation sur la refondation de l’école où on lui a préféré celui de « responsabilité ». Et les spécialistes francophones relèvent chez eux la même prise de distance, soit que l’autonomie soit déjà entrée dans les mœurs, comme en Belgique, soit qu’on s’inquiète plutôt d’harmonisation, comme en Suisse.
Il est vrai aussi que l’autonomie des établissements ne s’accorde guère avec celle des acteurs internes, ce dont les enseignants ont fait l’expérience, constatant qu’elle suscite de nouvelles instances, procédures de décision, prises de responsabilité et nécessités de redevabilité qui limitent en fait fortement leur liberté d’action. Finalement les seuls gagnants de l’autonomie pourraient être les pouvoirs centraux, préoccupés de déléguer au local le « sale boulot » et aux usagers le contrôle de la qualité du service.
Est-ce à dire que l’autonomie est morte ? Oui (et tant mieux) si on s’imaginait qu’il serait plus aisé de gérer les problèmes au niveau des établissements qu’au niveau national. Non si on veut bien considérer qu’elle est à réinventer à la base, sous une forme plus collective, quitte à lui donner un autre nom !
(merci à Monica Gather-Thurler et à Frédéric Yvon pour m’avoir passé leurs notes)

Yves Dutercq (CREN, Université de Nantes)

Place aux « pluri » dans l’école !

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Si nous voulons que l’Education Nationale retrouve le chemin d’une école égalitaire et juste, il est temps de changer de paradigme. L’école n’est plus le ciment de la nation car il est nécessaire d’utiliser une image plus souple que celle de ce matériau dans une société qui revendique la pluralité des identités. Notre école, pour qu’elle soit inclusive, pour qu’elle produise de la réussite, pour qu’elle serve la société, doit reconnaître et intégrer les différentes cultures auxquelles nous appartenons. Pour pouvoir y vivre et y apprendre ensemble, il lui est nécessaire de former les élèves à ses propres codes (la langue de l’école) tout en faisant une large place au plurilinguisme et au pluriculturalisme. Il lui faut ainsi concilier l’école de tous et de chacun. Un sacré défi à relever tous ensemble et que nous ont proposé tous les intervenants du colloque d’Education et Devenir.

Cathy Marret, principale adjointe en collège

Propos recueillis par Nicole Priou