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21 jours à l’école

Quand France 2 parle de l’école primaire

Entretien avec Annabelle Pasquier

15 septembre 2015

Annabelle Pasquier est enseignante au Mans et formatrice à l’ESPE. Elle et son équipe sont au centre de l’émission Infrarouge qui a été diffusée sur France 2 le 8 septembre. Un reportage sur 21 jours passés dans son école et qui donne une image positive du métier, du nécessaire professionnalisme et du non moins nécessaire engagement humain et citoyen, et au passage d’un beau travail d’intégration d’élèves venus d’ailleurs. Nous avons interrogé l’enseignante.


Comment s’est établi le contact de l’équipe avec France 2 ?
Nous avons été contactés un mardi de décembre par le responsable communication de l’académie de Nantes, puis Julie Pellet, journaliste chargée de la préparation auprès de l’agence CAPA. Le jeudi suivant, elle se présentait à l’école pour nous rencontrer et voir si on correspondait à ce qu’ils recherchaient et nous présenter le projet. Le projet avait déjà failli voir le jour dans d’autres écoles de l’académie. Il était entendu dès le départ que ce reportage concernerait toute l’équipe, même si Alexandra Alévêque était plutôt positionnée dans ma classe. En effet, les journalistes recherchaient une classe de CP, avec une maître-formatrice. Nous avons ensuite demandé et obtenu les autorisations auprès de notre inspectrice, madame Pilon, et des autorités académiques.

L’équipe enseignante a tout de suite été enthousiaste pour ce projet. Pour une fois que l’on nous propose de montrer notre réalité, il aurait été dommage de passer à côté ! Nous savions dès le départ qu’il ne s’agissait pas d’une émission voyeuriste et que le parti-pris serait bienveillant. Néanmoins, plusieurs inquiétudes nous animaient quant à l’image du métier, le regard sur les élèves en difficulté et les familles. Et bien sûr notre image personnelle.

En janvier, nous avons su que notre école était choisie et Amélie Fretellier, notre directrice a dû demander les autorisations photos à toutes les familles de l’école, ainsi que prévenir la piscine, l’Arche de la Nature, etc. Enfin Stéphane Jacques, le cameraman et réalisateur, est venu passer une journée à l’école.

Quelles collaboration avec la journaliste qui se mettait dans une position d’enseignante pendant ces trois semaines ?
Nous ne nous sommes pas vues avant notre première rencontre, que vous voyez dans le reportage. Alexandra s’est tout de suite mise dans le bain, et je me suis comportée avec elle comme je le fais habituellement avec mes stagiaires. Au moins, les deux premiers jours, puisqu’il est apparu assez rapidement que ce n’était pas une stagiaire ordinaire ! Sa faculté d’adaptation m’a étonnée, elle peut se fondre dans tous les décors, tout en restant en retrait. Nous étions en permanence accompagnées par le caméraman, Stéphane, et l’ingénieur son, Pierre. Ils sont d’une discrétion incroyable et d‘une gentillesse remarquable.

Quelle image du métier ressort de ce film, à votre avis ?
Il me semble que le film montre une partie de la réalité du monde enseignant en 2015. Un peu édulcorée, peut-être. Tout a l’air de bien rouler dans ma classe et dans mon école (qui pourtant est entrée en REP + en septembre). Même si Alexandra le dit plusieurs fois, je pense qu’on ne voit pas assez le travail de préparation en amont, tout comme l’importance du travail en équipe et la liaison avec les partenaires de l’école, notamment le RASED.

Tous les retours que l’équipe enseignante a pu avoir sont positifs. Je pense que ce reportage a permis aux non-enseignants de rentrer dans une salle de classe, de voir les professeurs sous un autre jour et aussi de faire comprendre que notre métier est complexe et ne s’arrête pas à 16h15, avec deux mois de vacances l’été !

J’ai pu exprimer clairement mes opinions, sans que mes propos soient dénaturés ou coupés. L’équipe de journalistes a été d’une grande sensibilité, ils ont su capter les moments forts, montrer tous mes élèves sans en stigmatiser aucun et mettre toute l’équipe très à l’aise. Nous étions tristes de les quitter au bout de 21 jours et en même temps, un peu soulagés, il faut bien l’avouer

Tout ceci a été un réel travail d’équipe, je tiens donc à mentionner les noms de mes collègues : Amélie FRETELLIER (directrice), Emilie BOSSE, Anne GUILLEMOT, Eléonore PINEAU, Anne-Aurore HAMON, Laurence PAYEN-SURUGUE, Jérémy SIMON, Agnès Delon (GS), Régine BROUARD (RASED), le personnel de cantine, le personnel de l’Arche de la Nature.

Propos recueillis par Jean-Michel Zakhartchouk

Le reportage est visible en replay sur le site de France 2, gratuitement jusqu’au 15 septembre.