Accueil > Le Cercle de recherche et d’action pédagogiques > L’association > Les évènements > Présentation à Lyon


n° 509 «  Ce qui fait changer un établissement  »

Présentation à Lyon

Le 11 janvier

Samedi 11  janvier la présentation au CRDP de Lyon, du n°  509 : «  Ce qui fait changer un établissement.  » a accueilli plus de 50 personnes. Les coorganisateurs étaient le CRAP et Éducation & Devenir.

Les intentions premières de cette matinée, furent de faire se rencontrer les auteurs lyonnais de ce dossier, avec les personnes intéressées par les questions du changement. Faire dialoguer les acteurs locaux des deux associations CRAP et Éducation & Devenir fut un pari réussi ! L’assistance pluricatégorielle, inspecteurs, chef d’établissement profs, CPE, formateurs, IFE (Institut français d’éducation) a su échanger autour du changement dans les établissements.

La présentation du Cahier

L’ouverture a laissé place à la présentation des associations, des Cahiers Pédagogiques et du dossier N° 509. Changer ! Mais quoi ? Pour quoi ? Changer mais qui et comment ? Telles étaient les questions.
Les coordinatrices, Roxane Caty-Leslé du CRAP-Cahiers pédagogiques et Cathy Marret, à la fois CRAP et Éducation & Devenir, ont reçu une multitude de textes. Si tous témoignent du fort intérêt, souvent enthousiaste, porté à ces questions du changement, aucun ne se veut modèle.
À chaque contexte ses solutions, qui, elles-mêmes ne sont pas immuables. Le changement est un processus lent dont on ne se rend pas toujours compte. Il nait souvent de controverses, au sens de désaccords, qui évoluent vers des concertations et des actions. Le changement demande, pour survivre, des autoévaluations qui elles-mêmes aboutissent à des remodelages, à des régulations.

Le dialogue Alain Bouvier et Romuald Normand

«  Qu’est-ce qui préside au changement ?  » a demandé l’animateur Jean-Yves Langanay d’Education & Devenir. Alain Bouvier [1] réaffirme que l’un des freins au changement c’est l’individualisme. « Depuis longtemps les Cahiers Pédagogiques travaillent pour faire évoluer le travail de collaboration  » ajoute-t-il. «  La gouvernance, très succinctement, c’est provoquer, faciliter, la collaboration des parties, celle de l’établissement et celle des partenaires extérieurs. C’est mettre en réseau. La collectivité devient apprenante dès l’instant où l’on met en place des régulations par le biais d’autoévaluation. » «  Le concept de leadership dont je parle, dit Romuald Normand [2], est assez proche de celui de gouvernance.  » Le pilotage, souvent restreint aux activités pédagogiques et le management, trop axé sur la performance, ne suffisent pas à améliorer les résultats des élèves. Ni l’un ni l’autre ne conviennent pour décrire un des facteurs qui préside au changement. Le leadership, c’est organiser la discussion, la controverse en tant que débat d’idées, c’est faire en sorte que le chef d’établissement encourage les initiatives et reconnaisse les expertises et la créativité des uns et des autres. C’est favoriser la mutualisation. C’est initier et faire vivre des réseaux.

JPEG - 149.9 ko
Romuald Normand, Jean-Yves Langanay, Alain Bouvier. ©DR

«  Nous avancerons, dès lors qu’il se pratiquera davantage d’autoévaluation pour réguler. C’est un des leviers du changement.  » dit Alain Bouvier. «  La démarche d’autoévaluation apporte une réflexion sur les besoins en formation des personnels de l’établissement. Il est avérée que les formations, in situ, avec besoins identifiés, ont des incidences remarquable sur les résultats des élèves, sur les pratiques et les interrelations entre enseignants.  » renchérit Romuald Normand.

La Table ronde

Michèle Amiel du CRAP a fait dialoguer, deux professeurs de collège, un chef d’établissement, un CPE et la salle, autour de leur projet.
La création du «  lieu-parents  »
Les témoignages du principal Gérard Heinz et de Jean-Yves Degache, CPE, sur la création du lieu parent dans un RAR, a illustré ce que peuvent être la «  gouvernance ou le leadership ». Le constat dans ce collège, comme dans beaucoup d’autres, c’est la quasi absence des parents dans la vie du collège. Ils ne viennent à l’école, quand on les y pousse, que pour entendre des déplorations sur leur enfant.

JPEG - 145.7 ko

« D’abord on a sollicité les parents par d’autres moyens que l’écrit. Nous avons trouvé une personne, financée par la ville, qui habitait le quartier. Allant de porte en porte, par la parole elle a créé une émulation chez les jeunes parents. » dit Gérard Heinz, principal. L’autre levier fut de réhabiliter, non sans mal, un espace d’accueil avec table à langer grâce au Conseil général. Le groupe de parents relai parle du collège sur le marché, dans le quartier en terme plus élogieux : les élèves ne sont plus en grand danger. « Les enseignants travaillent pour leur bien. Il se passe de bonnes choses dans ce collège. » D’autre part, le comportement des élèves change quand les parents sont dans les lieux. La réalité remplace les rumeurs. Et le CPE de compléter : « Maintenant, cette année, après 3 ans, nous nous attaquerons aux devoirs, aux apprentissages. Nous voulons donner quelques billes aux parents concernant le travail à la maison. »

JPEG - 135.6 ko

Roxane Caty-Leslé


[1Ancien recteur, auteur de La gouvernance des systèmes éducatifs (PUF).

[2Sociologue, université Strasbourg co-auteur de L’école, la grande transformation, ESF.

Commander ce numéro

Les réactions des participants à l’issue de la matinée

Dominique Vassal, inspectrice économie-gestion, auteur dans le 509
J’ai envoyé un texte pour ce numéro. J’ai travaillé en aller retour avec la coordinatrice. Je pense qu’il y a un état d’esprit à avoir sur l’écriture, quand on entre, comme moi pour la première fois, aux Cahiers Pédagogiques. Je n’ai pas eu assez d’informations à ce sujet. Je demanderai plus de suivi dans l’écriture et aussi j’aimerais savoir ce qu’est devenu mon texte qui n’a pas été retenu. Quant à ce que je viens de vivre ici, je me régale. Ces échanges nourrissent ma réflexion.

Magali Debarmaker, assistante éducation dans un lycée pro
J’ai eu des nouvelles clés sur la relation avec les parents. Dès lundi je demande un entretien avec ma proviseurs, au sujet de la création du lieu parent. C’est la partie la plus importante pour moi dans le suivi éducatif le contact avec les familles.

Matté Cecile, proviseure de la civet scolaire Laccassagne
Je repars enthousiaste. Cela me fait sortir de mon quotidien, souvent sclérosé par l’administratif. Cela me donne du tonus pour monter des projets déjà engagés avec les profs. Il s’agit de l’accompagnement des élèves. Depuis l’automne en conseil pédagogique les profs ont réfléchi à ce problème et trouvé diverses pistes. Je vais leur proposer des pistes nouvelles. Je vais demander un accompagnement par le CARDIE

Rémi Tibert, IFÉ, Veille et Analyse
Ce que je retiens c’est le début mis en avant par Alain Bouvier : l’intérêt du travail collectif dans les établissements. C’est l’aspect essentiel de ma Veille et le rôle du chef d’établissement pour impulser des projets collectifs. En somme les deux mots Gouvernance et leadership.

Thomas Lescure, CARDIE, responsable du groupe de développement des 3C, centre de connaissance et culture, enseignant
La problématique des 3 C m’a marqué, c’est une autre approche du CDI. Il n’est plus 2.O. Il est lieu de collaboration des personnels et envisage un autre aspect du métier d’enseignant. Là nous sommes dans le changement et cela nécessite un accompagnement. Ce que je retiens ? C’est une idée qui m’est chère : on est tous des intellectuels et on doit rester en action, en proposition.