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Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ?

Véronique Kleiner, CANOPE, coll. Agir, vidéo, 2015

8 mars 2016

Quel est le plus grand mammifère du monde ? Une femelle figurez-vous ! La baleine bleue.

Retrouver, sous forme d’outil pédagogique édité par Canopé, cette vidéo déjà diffusée sur ARTE est un vrai régal. Les images et animations sont belles, la narration par Sophia Aram très agréable à écouter et non sans humour lui donne le «  plus  » à la qualité de ce qu’il nous enseigne. En effet «  comprendre le dimorphisme sexuel c’est nous comprendre nous mêmes  ». Or les préjugés sur la différence de taille sont tellement ancrés et partagés pas tous et toutes qu’ils brouillent l’analyse scientifique.
Véronique Kleiner la réalisatrice réussit à faire le tour panoramique de toutes les observations que chacun et chacune nous pouvons faire à notre niveau sur les différences de tailles entre femelles et mâles. Observation, oui ! Mais quelles sont les explications ? Toutes les thèses envisageables sont interrogées. Ainsi sont explorées les différentes pistes : génétique, évolutive, métabolique et culturelle.

La pochette contient 2 DVD. L’un est composé de deux vidéos, 55 minutes pour la première et 44 minutes pour la seconde, chacune offrant la possibilité d’être regardée par petites séquences de quelques minutes. L’autre est un DVD-Rom proposant des compléments pédagogiques pour chacun des films.

«  Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ?  » est la première vidéo réalisée en 2013 avec les conseils scientifiques de la socio-anthropologue Priscille Touraille. Après la présentation des arguments biologiques et des lois de la sélection dans les 8 chapitres de 4 à 6 minutes chacun, les explications proposées commencent au chapitre 9 en posant la question autrement. Et dans le dernier chapitre (10) est alors analysée l’inégalité alimentaire comme explication à la différence de taille qui fait écho à la valence différentielle des sexes conceptualisée par Françoise Héritier.

Le second film intitulé «  grand et petite  » (44 minutes) traite du même sujet avec d’autres images et une démonstration qui se veut plus scolaire pour en arriver également à voir en quoi la différence de taille peut être une construction sociale. En partant du biologique et de l’étude des squelettes il nous montre la diversité des observations en posant des questions d’ordre écologique, philosophique, historique, ethnologique, anthropologique et ainsi présente la multiplicité des explications. Il est intéressant de voir comment en changeant les cadres des hypothèses scientifiques on peut aboutir à de nouvelles analyses sur le dimorphisme sexuel, par exemple en regardant les avantages et les inconvénients d’être grand-e ou petit-e selon les milieux de vie. Il semblerait tout de même que la sous-amimentation des femmes, alors que pour la procréation leurs besoins en protéines sont plus importants, expliquent en grande partie la différenciation de l’évolution de la taille.

Pour avoir accès aux propositions pédagogiques il faut ouvrir le DVD Rom ce qui n’est pas forcément confortable. Un vrai livret d’accompagnement permettrait d’avoir une vue d’ensemble des possibilités offertes, qui sont minces. On y retrouve les synopsis et les résumés des découpages par chapitres des deux films. Les références aux programmes de SVT de la seconde aux classes de terminales guident l’exploitation des séquences. Mais les fiches de travail avec les élèves paraissent bien succinctes.
Il est dommage d’avoir cantonné ces films à l’usage du lycée et de la SVT. De nombreuses séquences ont de l’intérêt dès l’école primaire. Au delà de l’aspect «  sciences de la vie et de la terre  » le questionnement plus sociologique donne à réfléchir et peut être une bonne entrée en matière pour des forum-débats avec des jeunes sur les questions des inégalités construites à partir de différences qui s’élaborent elles mêmes dans les rapports sociaux de sexe. Deux films pour petits et grands.

Geneviève Pezeu

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