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Pour une école du futur - Du neuf et du courage

Pierre Frackowiak - Chronique sociale, 2009, 208 pages

4 janvier 2010

L’auteur est souvent la cible des « antipédagogistes » comme il a failli être celle d’un ministre furieux de voir un inspecteur ne pas obéir à la baguette devant des injonctions simplistes sur la lecture. Militant convaincu d’une « autre école », il publie là un livre–manifeste qui reprend également des articles écrits ici ou là, notamment sur des sites (ce qui peut gêner le lecteur de par l’aspect quelque peu morcelé du livre) et qu’il prolonge actuellement par des conférences-débats.
On y trouve donc un grand nombre de propositions, autour de l’évolution du métier, de l’organisation de l’enseignement, et d’un service public de la petite enfance, fondées à la fois sur son expérience du terrain et la réflexion qu’il a mené avec d’autres notamment au sein d’une gauche politique qui, trop souvent, manque de courage pour secouer les frilosités et les corporatismes.
Il explicite ce qu’il entend par « société de la connaissance et de la communication » et fixe quelques idées-force pour avancer vers une véritable « école de l’exigence ».
On pourrait discuter sur les aspects que nous qualifierions de « tactiques » à propos par exemple du « socle commun ». Les critiques justifiées qui sont faites au texte actuel nous empêchent-elles de saisir l’occasion d’en faire autre chose et d’avancer dans les idées nouvelles ? On pourrait également se demander si parfois l’auteur ne surestime pas les vertus du « courage » au risque d’en oublier la nécessaire prudence et l’indispensable « ruse ». Écrire que les progressistes, en avançant leurs idées transformatrices de l’école, « auront le soutien des enfants qui s’ennuient, de ceux qui échouent et qui ne savent pas pourquoi » nous parait un peu osé.
Reste que ce livre nous invite à une vraie réflexion de fond, à des débats, à ce que Philippe Meirieu, dans sa préface, nomme des « perspectives claires » et des « ambitions auxquelles s’adosser pour ne pas s’abimer dans la dépression ou la répression ».

Jean-Michel Zakhartchouk