Accueil > Ressources > Nous avons lu > Petite histoire locale d’un groupe d’accompagnement scolaire


Recension parue dans le N° 375 de juin 1999

Petite histoire locale d’un groupe d’accompagnement scolaire

Guy Lucas, L’Harmattan, 1998

14 juin 1999


Commander cet ouvrage



Ce texte de cent soixante pages n’est ni une analyse sociologique ni une réflexion philosophique. C’est un ensemble de témoignages très vivants d’une équipe d’aide aux devoirs, d’âge et de formation variés autour d’un spécialiste math-physique qui a préféré ce travail d’animation à un emploi dans un laboratoire. C’est l’expérience d’une quinzaine d’années d’un groupe d’accompagnement scolaire dans une maison de quartier à Sarcelles. On comprend mieux pourquoi une telle animation a réussi à éviter tant de redoublements dans les écoles primaires, les collèges et même les lycées, là où l’école seule, malgré la qualification et le dévouement de ses professeurs échoue souvent.

Les jeunes concernés sont souvent de culture étrangère : maghrébins, africains, indiens, tamouls ou turcs. Il ne suffit pas d’avoir une compétence disciplinaire pour les accompagner, il faut aussi prendre le temps d’écouter les problèmes personnels, familiaux, sociaux ou culturels qui interfèrent avec les problèmes scolaires. L’équipe d’âge et de culture variés doit être capable d’offrir à chacun des possibilités diversifiées de relation avec l’animateur. " Tu expliques aussi mal que mon prof à l’école (sic !). Tu vas deux fois trop vite, je vais attendre que Monsieur M. soit libre "

Suzanne a seize ans, elle est repliée sur elle-même. Elle est bloquée devant tout exercice scolaire qui lui est proposé. Il a fallu rien moins qu’une sortie nocturne avec toute l’équipe d’encadrement pour qu’elle arrive à prêter attention à l’exercice de maths du programme Des élèves, enfermés dans leurs problèmes de familles étrangères témoignent comment ils ont besoin d’être écoutés davantage : " Ici, on nous conseille sans nous faire la morale " Une autre confie de façon inattendue " comment j’ai gagné plus d’assurance pour défendre mon point de vue " Des filles de culture musulmane ont appris à " s’assumer " car c’est difficile " surtout quand on est une fille devant des mecs ".

On comprend mieux à travers tous ces témoignages d’animateurs et d’élèves comment s’impose de plus en plus un partenariat culturel et social dans certains établissements scolaires d’aujourd’hui. Patricia Portelli, qui préface cet ensemble de témoignages, a raison de souligner l’importance croissante dans certaines situations de " la complexité des conditions requises pour un développement global de l’élève en lien avec son milieu familial "

Joffre Dumazedier


Commander cet ouvrage