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Parents-enseignants, on se dit tout ?

Compte-rendu du débat du 1er octobre, par Jean-Michel Zakhartchouk

3 octobre 2008

Le mercredi 1er octobre s’est déroulée, au lycée d’Alembert à Paris, une réunion publique co-organisée par la FCPE et le CRAP-Cahiers pédagogiques.
Il ne s’agissait sans doute pas de « tout se dire », mais de mettre à plat les obstacles qui empêchent de bien communiquer entre parents et enseignants.
L’occasion était la parution du dossier des Cahiers pédagogiques sur « École et familles » et du livre de Pierre Madiot « L’école (enfin) expliquée aux parents et aux autres ».
Et l’ambition des organisateurs était avant tout de provoquer des échanges, sans taire les sujets qui fâchent, mais sans verser dans la plainte et les accusations réciproques. On sait que, trop souvent comme l’a rappelé Hervé Hamon, auteur de Tant qu’il y aura des élèves, les parents sont perçus par les professeurs comme des gêneurs ou des démissionnaires.

La table ronde, animée par Florence Castincaud, a permis à la fois de présenter des expériences et de resituer dans un cadre plus politique le sujet. Les interventions de la salle (et en particulier de nombreux responsables locaux FCPE) ont également permis de faire émerger des témoignages sur des pratiques positives (à l’occasion de fêtes et d’événements, d’un travail autour des devoirs et leçons ou même lors de combats communs, comme ceux de RESF autour des enfants sans papiers...), mais aussi de mettre en évidence tout ce qui ne va pas : mauvaise communication par manque de professionnalisme, absence de travail d’équipe, etc.)
On notera aussi le constat de Hervé Hamon : si la situation des collèges s’est plutôt améliorée globalement (c’est ce qui ressort de ses deux enquêtes à vingt ans d’intervalle dans les mêmes lieux), le domaine des relations parents-enseignants, lui, s’est plutôt dégradé, sauf si on intègre la vie scolaire et le travail remarquable des CPE, tout cela dans un contexte de renoncement à l’ambition démocratique, qui nécessite un travail commun entre partenaires.

Pierre Madiot, en conclusion, a fait l’éloge de la Loi d’orientation de 1989 qui avait mis en avant la notion de « communauté éducative », notion combattue avec une grande virulence, par Nicolas Sarkozy, durant la campagne des présidentielles. La droite actuelle ne considère les parents que dans le rapport individuel et non comme force organisée.
Or, on voit bien, à travers par exemple les « réussites paradoxales » d’écoles qui sociologiquement devraient davantage échouer, que les bonnes relations institutionnelles parents-enseignants sont un des facteurs essentiels de réussite et de progrès. Si on veut une école qui ne soit pas méritocratique, mais démocratique, cette question est à travailler et plus que jamais il devient nécessaire de mieux « expliquer » les secrets de l’École, ses codes, son histoire, aux parents et aux autres citoyens, d’où ce livre dont nous ne saurions trop recommander la lecture, œuvre à la fois personnelle et fruit de la réflexion et de la pratique du CRAP-Cahiers pédagogiques.