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Nouveau bac en langues : la belle occasion ?

14 janvier 2013

Après des années d’épreuves écrites au baccalauréat dans la plupart des sections générales, l’évaluation des langues vivantes change au lycée. On en parle !


Ecrit, oral, compréhension, expression : quatre aspects des langues seront évalués par de nouvelles épreuves. Tous les changements que cela implique suscitent des craintes, bien compréhensibles : avec des barèmes aux paliers très espacés, selon les échelles du CECRL, la nouveauté réside non seulement dans les épreuves et leurs critères d’évaluation, mais aussi dans les programmes sur lesquels elles s’appuient, dans leur calendrier et dans la décentralisation de l’examen à l’oral. L’expression orale, testée dans les séries technologiques depuis quelques années se généralise. La compréhension orale s’impose, hors du mois de juin. Les textes attribuent l’entière responsabilité de ces évaluations aux enseignants, qui les feront passer aux élèves dans leur cadre habituel.

Autrement

La nouvelle charge est lourde. Elle me paraît aussi une belle occasion de travailler autrement. Déjà, je salue sans retenue le retour de l’oral à l’examen : j’ai presque envie de le chanter ! Avec un bac qui les attendait en silence au bout de leurs années de travail des langues, le sérieux de l’oral ne restait-il pas un peu au deuxième plan dans certains esprits ? Et ne pas faire de fautes au premier ?
Maintenant qu’il va falloir parler, même à l’examen. Espérons que les approches communicatives, les directives pour entrer dans de "l’actionnel", fassent fleurir, au lycée comme partout, des pratiques convaincues de l’oral, des travaux oraux de groupes, du jeu, de la recherche, des échanges : une véritable intelligence linguistique. Liberté de l’expression et acquisitions rigoureuses, en parallèle, en construction jusqu’à l’examen.



Un souffle nouveau ?

Sur le papier, les nouvelles épreuves semblent soumises à de lourds programmes : comment en faire un cadre qui autorise nos élèves à prendre un peu plus d’autonomie ? Comment faire de ces programmes, en fait très largement ouverts et pleins de sagesses culturelles, non pas un poids qui nous enfonce dans un peu plus d’impossible, mais une occasion de libérer la créativité, tant des enseignants que des élèves ? Cela me paraît possible.

Nos inspecteurs ne peuvent se contenter de nous faire descendre l’information dans des réunions magistrales, il leur faut nous encadrer positivement. Cesser de nous inspecter chacun derrière une porte close, à coup de critiques et de modèles idéaux, et apprendre à valoriser la créativité des enseignants, à l’accompagner, individuellement et collectivement.

En équipe

Dans mon lycée, nous avons décidé de faire passer l’épreuve de compréhension orale au moment du bac blanc, pour garder un peu du cérémonial qui en fait un rite de passage apprécié de la majorité. Nous mettrons en commun les compétences électroniques des uns, les capacités organisationnelles des autres. Nous corrigerons sur une après-midi libérée collectivement. Occasion d’un travail de toute une équipe, mais qui nécessite la présence de chefs d’établissement prêts à écouter nos demandes. Nous venons de faire un test, d’échanger des copies et prévoir une réunion pour discuter des grilles : cela ne nous était jamais arrivé.

Mesure décidée sous un ministre de Sarkozy, la transformation du bac de langues s’applique sous un autre gouvernement. Puisse-t-elle être emblématique d’un renouveau de nos pratiques, tant dans nos classes, à l’oral et à l’écrit, que lorsque nous travaillons ensemble !

Sylvie Abdelgaber
Professeur d’anglais


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