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Recension parue dans le N° 409 de décembre 2002

Mots pour maux à l’école primaire

Élisabeth Godon, ESF éditeur, collection « Pédagogies », 2002.

4 décembre 2002


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Le livre d’Élisabeth Godon est d’abord un récit écrit à la première personne. Témoignage de son travail d’institutrice remplaçante dans plusieurs écoles du quartier de la Goutte d’Or à Paris où elle exerce au sein de classes réputées « difficiles » ; classes de perfectionnement, classes d’intégration, etc.

Élisabeth Godon nous livre sa démarche, ses questionnements, ses doutes, ses réussites et ses échecs avec une grande sincérité. On comprend alors que son témoignage constitue une sorte d’analyse de pratique et apporte au lecteur des éléments de théorisation pour une démarche professionnelle en milieu difficile (violences, handicaps multiples, illettrisme...), notamment dans ce que l’on appelle l’AIS (adaptation et intégration scolaire).

Porteuse d’un projet à l’égard des élèves dont elle s’occupe, l’auteur tente de mettre en place ce qu’elle appelle des « passerelles » entre les élèves, entre eux et elle, entre eux et le monde... Passerelles pour qu’une démarche d’apprentissage devienne possible.

Les mots énoncés en classe, les paroles véridiques, les espaces symbolisés par le langage constituent ces passerelles dans la mesure où elles viennent mettre du symbolique en lieu et place de pulsions le plus souvent destructrices. D’où le titre Mots pour maux à l’école primaire.

On notera dans sa démarche des exemples intéressants « d’inventions pédagogiques » qui prouvent que ce métier est avant tout un univers de créativité dans l’action, de mise en place de dispositifs « sur le chantier » remis en question indéfiniment.

Notons entre autres :
- un cahier journal particulier ; « Les minutes d’une journée de classe » (avec des couleurs par rubriques d’analyses) ;
- « le sac à mots » ; sorte de déversoir symbolique à destination des élèves, servant en début de journée à « déposer » ses angoisses, violences, peurs... avant de commencer à travailler ;
- « le tableau d’autorégulation » où les élèves peuvent, en fin de journée, évaluer leurs comportements ;
- un espace classe divisé en espace de travail et espace de jeux ;
- une réflexion pertinente sur la loi, et la permanence dans l’accompagnement.

Christophe Roiné


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