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Mercredi 16 octobre 2013

Sanctuariser l’école - Directeurs à bout de souffle - Souffrir d’enseigner - Eduquer sans fesser - Demandez le programme -


Sanctuariser l’école

Suite à l’arrestation le 9 octobre dernier de Léonarda, jeune collégienne kosovare de 15 ans, interpelée pour expulsion par la police hors de l’enceinte scolaire, mais sur le temps scolaire, les réactions ne se sont pas fait attendre. Interrogé ce matin par France Info, à la sortie du Conseil des Ministres, le ministre de l’Éducation a exprimé très fermement son indignation et son engagement à ce qu’une telle situation ne se renouvelle pas. "Il y a des règles de droit et puis il y a des principes qui sont ceux de la France. La sortie scolaire, c’est de la scolarité" a affirmé Vincent Peillon. Sur le magazine L’Express, on peut lire et entendre les doubles points de vue des deux Ministres directement concernés par cette affaire, Vincent Peillon et Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur. Sur le site de la chaine LCiTF1 on découvre deux versions discordantes de le l’affaire. La jeune Léonarda avait-elle été prévenue et par qui avant d’être interpelée ? L’enseignante a-t-elle été contrainte de faire arrêter le car scolaire pour livrer son élève ? De nombreuses questions subsistent, et non des moindres. Une enquête administrative a donc été ouverte pour tenter de faire le point sur les modalités et la légalité d’une telle procédure. En admettant que sur ces deux points la justice établisse la légitimité de l’acte policier, ne faudrait-il pas alors questionner la Loi elle-même en lien avec la convention internationale des Droits de l’enfant pour qu’un enfant qui se rende à l’école s’y rende avec l’absolue sentiment de sécurité tant intellectuelle que physique ?


Des directeurs à bout de souffle

Il n’y a pas que les écoliers qui finissent fatigués au terme de cette première période scolaire. Dans cet article de 20 Minutes on apprend, selon un sondage du SNUipp, que "les directeurs d’école croulent sous le poids des missions."
Gestion matérielle au quotidien, tâches administratives diverses et variées, liens avec les très nombreux relais extérieurs, organisation des temps pédagogiques, partenariat avec les familles, écoute et présence auprès des élèves et des enseignants, temps de classe pour un grand nombre d’entre eux, et n’allons pas l’oublier, cette année, mise en place des nouveaux rythmes scolaires. Il ne manque en effet plus qu’un raton laveur à cet inventaire à la Prévert. Mais comment font-ils donc ? Et bien ils font...comme le souligne Sébastien Sihr : « les directeurs ne comptent pas leur temps de travail. Ils plafonnent à 44 heures par semaine pour pouvoir boucler leurs missions. C’est un record dans les pays de l’OCDE. Mais on ne pourra pas éternellement compter sur leur bénévolat et leur militantisme pour faire fonctionner l’école. » Comme dit le proverbe, à force de tirer trop sur la corde, toujours elle finit par se rompre...


Souffrir d’enseigner

Tel est le titre du dernier ouvrage de Rémi Boyer, livre co-écrit avec José Mario Horenstein et préfacé par Georges Fotinos dont on peut lire la présentation complète sur le site du Café Pédagogique. « Quand un militant de la seconde carrière des enseignants et un psychiatre de la MGEN écrivent sur les enseignants, ça donne un livre riche d’expériences, mais surtout de mauvaises expériences. Mais les bons conseils, les exercices pratiques, les fiches pratiques donnent de la valeur à un ouvrage qui n’est pas qu’une longue plainte de profs au bout du rouleau. » Le 10 octobre dernier le journal Libération leur consacrait un article entier intitulé Enseignants, les maîtres mots du désarroi. Pour les journalistes Catherine Mallaval et Véronique Soulé, il s’agit là d’« un livre riche en témoignages » dont on peut trouver la genèse et la raison d’être sur le site d’Aide aux profs fondé par Rémi Boyer.


Éduquer sans fesser

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Le dessin de Fabien Crégut

Aimer, éduquer, guider, élever, autant de nobles verbes qui ne vont pas aussi sans d’autres tâches, certes moins affriolantes mais pourtant nécessaires telles refuser, interdire, sanctionner, corriger...dur, dur le métier de parent ! Mais jusqu’où la correction est-elle tolérable et légale ? « Dans une interview à paraître jeudi dans Le Figaro, la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, préconise une « mesure symbolique » pour dire que la fessée « n’est pas tolérable. » Après la campagne contre la gifle, voici donc lancée la question de la fessée déculottée. Voilà qui devrait alimenter dans nos chaumières, d’âpres et intarissables discussions. En effet, sur ces questions d’éducation et notamment sur la notion d’autorité, contrairement à d’autres pays comme le Danemark par exemple, les Français sont loin d’être parvenus à un semblant de consensus.


Demandez le programme !

Terminons cette revue du mercredi par un petit détour Rue des écoles, émission animée par Louise Tourret sur France Culture. La journaliste recevait ce jour autour du sujet de la troisième refondation des programmes scolaires Alain Boissinot, ancien recteur d’Académie et Président du Conseil Supérieur des Programmes et Bertrand Geay, professeur de Sciences Politiques à l’Université de Picardie à Amiens et Directeur du CURAP. Pour A. Boissinot, il s’agit par le biais du CSP de recréer une institution qui remette de la transparence et de la cohérence dans la conception des textes. "Il faut arrêter de travailler en ordre dispersé," explique-t-il. Pour cela il est essentiel de s’atteler à une double cohérence "verticale et horizontale". D’un côté inscrire les programmes dans une verticalité qui est celle du curriculum scolaire et d’autre part veiller lors d’une même année, à mieux harmoniser et relier les disciplines entre elles, « ne pas ignorer en mathématiques ce que l’on fait en sciences », donne-t-il comme exemple. Pour B.Geay, la création du CSP doit également être l’occasion d’une double rupture par rapport aux programmes de 2008. Rupture quant aux méthodes et quant aux finalités. "Il faut des programmes applicables et faits sur le temps scolaire." Voilà une phrase qui ne devrait pas tomber dans l’oreille de sourds...

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Voici venue l’heure de nous quitter, et demain, en ce même lieu, c’est Bernard Desclaux qui vous livrera votre revue du jeudi !

Ostiane Mathon