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Menaces sur les associations complémentaires de l’école

4 novembre 2005

Plus que jamais, alors que l’Assemblée nationale s’apprête à voter le budget de l’Education nationale, les menaces se précisent sur les associations comme la notre qui risquent de ne plus diposer des « mises à disposition ». Rappelons qu’il s’agit d’une pratique par laquelle l’Etat demande à un ou plusieurs fonctionnaires d’effectuer leur service dans le cadre d’une association ( procédure régulière de mise à disposition, MAD).Les effets ne se feront sentir concrètement qu’à la rentrée 2006, si ce n’est que les collègues ainsi mis à disposition ne peuvent pas attendre le mois de juillet (voire septembre, comme on le voit chaque année) pour connaître leur sort. Des informations dans la presse sont parues à ce sujet et nous nous félicitons des quelques échos que nos alertes ont pu avoir. Précisons cependant ici qu’il n’y a pas eu pour le moment de notifications officielles, mais de lourdes menaces qui nous inquiètent au plus haut point.
On entend parfois une argumentation selon laquelle il s’agirait là des effets de la « LOLF », qui modifie très sensiblement l’organisation du budget de l’Etat à partir de 2006. Qu’elle ait été votée à la presque unanimité du parlement le montre ; le but est bien une rationalisation des procédures budgétaires. Il n’y aucune contradiction avec le fait que des associations puissent recevoir une aide qui reconnaît un véritable travail d’intérêt public, avec une dose importante de bénévolat s’ajoutant à l’aide publique. Une justification donnée par le Ministère - la nécessité que les enseignants soient « devant leurs élèves » - ne tient pas : les enseignants MAD accomplissent effectivement un travail pédagogique.
L’argument des économies à réaliser ne tient pas non plus : on nous proposerait des subventions équivalant au coût des décharges (mais il serait alors à craindre que ces subventions ne fondent peu à peu comme neige au soleil). Par contre, ce système ne permettrait pas le partage des décharges de service entre plusieurs collègues, comme nous tenons à le faire, afin que les animateurs de l’association et de la revue soient toujours en contact avec la réalité du terrain de la classe.

Certains groupes, qui semblent disposer de moyens d’influence et de relais auprès des décideurs, se réjouissent explicitement de la perspective de voir les empêcheurs de rétrograder en rond que nous sommes à leurs yeux réduits au silence. Il y a quelques jours, la majorité - et non plus l’unanimité - de la commission des finances de l’Assemblée nationale a rejeté un amendement socialiste qui aurait permis de sauvegarder les mises à disposition dans le cadre de la LOLF ; elle montrait ainsi qu’il y a bien un enjeu politique dans l’affaire. Nous voulons encore espérer qu’au niveau le plus élevé on ne voudra pas prendre la responsabilité de faire disparaître (parce qu’asphyxiés et ne disposant plus des moyens nécessaires pour fonctionner) les associations complémentaires de l’enseignement public et, parmi elles, le CRAP et les Cahiers pédagogiques qui, depuis soixante ans, ont tant fait pour faire avancer une pédagogie adaptée à notre siècle et à notre société.


Ci-joint trois documents pour agir que nous vous invitons à télécharger, à utiliser et à diffuser :
- un modèle de lettre à envoyer aux parlementaires,
- le texte Veut-on étouffer la pédagogie ? de l’ICEM, le GFEN et le CRAP-Cahiers pédgogiques à joindre à votre lettre,
- le texte Les associations éducatives en danger ! signé par la plupart des associations complémentaires de l’école et syndicats, à joindre à votre lettre.

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Modèle de lettre
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Veut-on étouffer la pédagogie ?
PDF - 77.7 ko
Associations en danger