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Malaise enseignant ?


Une récente étude de la DEPP, Enseigner en collège et lycée en 2008, dont on trouvera par exemple une présentation dans le Café pédagogique, propose un panorama du métier enseignant dans le second degré. On y apprend que « 93% des professeurs estiment que le malaise enseignant existe, du fait de l’absence de reconnaissance professionnelle (48%), des conditions de travail (36%), ou des conditions de rémunération (11%). […] À l’inverse, l’insertion dans le travail d’équipe ou le projet d’établissement sont très rarement cités. 30% envisagent de cesser d’enseigner dans les 10 à 15 ans à venir, soit pour quitter l’enseignement (un sur cinq envisage d’aller vers une entreprise privée), soit pour intégrer l’Université ou la formation. » Comme l’indique très bien le titre de l’article du Café, les enseignants cherchent une issue.
Ce bilan assez sombre peut s’expliquer de multiples manières : un déphasage certain entre une école qui peine à évoluer et une société en mutation rapide, un fonctionnement trop rigide, qui place souvent les enseignants dans des situations impossibles.
C’est bien une des raisons d’être des mouvements pédagogiques comme le nôtre de proposer des alternatives, à l’enlisement dans des modes de fonctionnement obsolètes comme à des réformes intempestives et imposées aux forceps. Effectivement les unes comme les autres ne contribuent pas à la reconnaissance, laquelle ne peut être attendue a priori de l’extérieur mais commence par le travail collectif et la mise en réseau des idées, des expériences et des énergies. Cela sera au cœur de nos débats lors de la prochaine assemblée générale des adhérents à notre mouvement.
Modestement, le CRAP-Cahiers pédagogiques permet à des enseignants de se retrouver, de partager, de réfléchir ensemble , tant pour évoluer dans leurs pratiques que peser autant que possible sur les choix de politique éducative. Les manifestions et rencontres que nous organisons le font vivre, notre revue et notre site s’en font l’écho et avancent des propositions concrètes. Ainsi de notre dernier hors-série numérique Quelles alternatives au redoublement ?, qui s’efforce de dépasser un stérile débat pour ou contre afin de promouvoir des pratiques permettant de prendre en compte les difficultés scolaires et la diversité des rythmes d’apprentissage. Ainsi également du dernier numéro des Cahiers, Travailler par compétences, qui montre qu’au-delà des pièges, des inquiétudes ou des réticences, nous disposons avec cette approche d’un outil très utile au service de conceptions pédagogiques comme la différenciation, l’évaluation formative ou encore l’individualisation. Pas de remède miracle à tous les maux de l’école et au malaise des enseignants, mais des pistes pour reprendre du pouvoir sur notre métier, pour donner davantage de sens à notre enseignement.

François Malliet