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Billet du mois (Mars 2009)

Les réseaux existent

Par Monique Ferrerons, parent d’élève, professeur, syndiquée et militante


Partant pour une réunion publique avec Philippe Meirieu [1], je croyais retrouver là mes habituels collègues syndiqués... Pas vus. Non plus les membres du parti politique auquel j’appartiens, ni les représentants du mouvement pédagogique où je milite...
Peu de parents ou collègues du collège voisin où je travaille, ni des écoles où sont scolarisés mes enfants.
Et pourtant...
La salle prêtée par la mairie du VIIIe arrondissement était trop petite pour contenir ces parents, ces enseignants unis dans la même question : comment réagir face à l’avalanche de « mesures » qui visent à modifier le fonctionnement de l’école ?
Non, ce ne sont pas toujours les mêmes qui se mobilisent, et quand vous tous que je connais déjà ne pouvez être là, ce sont d’autres qui prennent la relève, tout autant mobilisés face à ce qui nous arrive !
Oui, ce qui nous arrive : ne parlons pas de « réformes », mais de « mesures », car ceux qui s’opposent à ces changements non concertés, proposés dans l’urgence, sans réelle évaluation des conséquences qu’ils entraîneraient, se retrouvent immédiatement projetés dans un statut de conservateurs. Nous n’avons pas affaire à des recherches qui viseraient la réussite de chacun, même du plus faible : non, c’est la loi de la jungle, la concurrence sans frein qui renvoie à un fonctionnement archaïque. Comme en médecine, parlons en termes de progrès : avons-nous fait des progrès dans le traitement de l’échec scolaire ?
Devant le sentiment de danger que court l’école, des relations de confiance naissent, des alliances entre familles et personnels de l’Éducation nationale se mettent en place, des situations de communication se renforcent, il faut aller vers des moments de réflexion commune. Entretenons ces potentialités ! Des possibles existent et d’autres sont encore à inventer.
L’école doit devenir plus lisible aux parents, et plus largement aux citoyens.
En tant qu’enseignants, ouvrons nos classes aux parents. Invitons-les pour qu’ils puissent témoigner de tout ce qui se fait, et de ce que les quelques effectifs encore allégés permettent d’oser comme projets.
Faisons vraiment fonctionner les conseils d’école. Une de leurs tâches pourrait être de faire l’inventaire des situations difficiles que rencontrent les élèves, et des structures d’aide qui existent : celles que le maître peut mettre en place, ce que le Rased assure, ce que les associations ou collectivités locales peuvent éventuellement proposer.
Ce jour-là, en, janvier, nous étions deux cents à réfléchir ensemble... Nous sommes donc nombreux... Quel vaste réseau possible ! Tous les acteurs potentiels face à ces mesures mal préparées ne sont pas encore unis : continuons, à nos différentes places, à tisser ce maillage inventif.


[1Le 19 janvier 2009, l’unitaire Éducation du Rhône dont fait partie la FCPE avait organisé une réunion-débat publique sur le thème : « L’école publique en danger - L’éducation est notre avenir, il ne doit pas se décider sans nous » avec l’intervention de Philippe Meirieu.