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Revue du CIEP

Les langues d’enseignement, un enjeu politique

Hélène Eveleigh

2 février 2016

Le CIEP (Centre international d’études pédagogiques) a récemment présenté le dernier numéro de La Revue internationale d’éducation de Sèvres consacré aux langues d’enseignement dans différents pays. En voici la présentation.


Qu’est ce qui préside au choix de la langue d’enseignement et de scolarisation dans un pays ? Pour y répondre, ce dossier rassemble dix articles qui nous présentent des contextes très divers, de l’Inde à l’Algérie, en passant par le Pays basque espagnol, le Burkina Faso, les Comores, l’Estonie, le Paraguay, Singapour et la France. Un article analyse aussi la politique du Conseil de l’Europe.

Les dix études montrent que cette question est fortement dépendante des enjeux politiques et que les approches se différencient dans la perspective de la mondialisation. Dans nombre de pays, le choix de la langue n’est plus seulement, aujourd’hui, le fait des pouvoirs publics : de nombreux facteurs interviennent, qu’il s’agisse de stratégies de différenciation sociale ou de critères économiques et d’employabilité ou encore une affirmation identitaire pour des langues minoritaires.

Ainsi, en Inde, la langue maternelle est la langue d’enseignement à l’école primaire mais ensuite, la concurrence entre plusieurs langues dans le même état amène souvent les parents à choisir l’anglais, préféré sur le marché du travail.

Nouveaux acteurs

Partout, de nouveaux acteurs interviennent dans le débat, pouvoirs politiques régionaux, parents, organisations internationales, qui cherchent, les uns ou les autres, à peser sur les systèmes éducatifs.

En France, pays centralisé et linguistiquement homogène, la problématique se déplace vers les autres langues enseignées, avec des débats sur l’hégémonie de l’anglais et les pratiques de bilinguisme qui se répandent pour la scolarisation, dans le secondaire ou le supérieur. Cette question, parmi d’autres, sera abordée dans notre dossier à venir sur l’enseignement des Langues vivantes (dossier en cours d’élaboration : voir ci dessous l’appel à contributions de Soizic Guérin-Cauet et Hélène Eveleigh)

Les exemples analysés dans ce vaste tour d’horizon font bien ressortir les enjeux politiques de cette question.

Le dossier est coordonné par un linguiste, Daniel Coste, de l’École normale supérieure de Lyon, et un sociologue, Abdeljalil Akkari, de l’université de Genève, qui nous apportent, dans l’introduction, leurs regards croisés sur la question.

Hélène Eveleigh

« Les langues d’enseignement, un enjeu politique », n° 70 de la Revue internationale d’éducation de Sèvres. L’introduction et les résumés des articles sont accessibles en ligne.

Sur le site Revues.org, on trouve le catalogue de la revue et de nombreux numéros accessibles gratuitement.

A lire aussi :
L’histoire et le vélo
Présentation du numéro 69 de la Revue internationale d’éducation de Sèvres par Émilie Kochert

Appel à contributions : Les langues vivantes, pour quoi faire ?

Coordonné par Soizic Guérin-Cauet et Hélène Eveleigh

Apprendre une langue étrangère, c’est à la fois une évidence pour tous et une difficulté pour chacun. Et les études internationales ne font que confirmer ce constat contradictoire : les Français, en bonne place dans les échanges internationaux, seraient mauvais en langues. Et pourtant, l’apprentissage des langues obtient toute l’attention du ministère, qui souhaite qu’à partir de septembre 2016 tous les enfants de CP apprennent une langue vivante, puis une deuxième en 5e.
Il y a 10 ans, un précédent dossier des Cahiers pédagogiques témoignait «  du dynamisme des interrogations, des recherches et des préoccupations de professionnels et chercheurs animés par le souci d’un enseignement de qualité et d’une réussite véritablement démocratique pour les élèves  ».

L’objectif du présent dossier est de pouvoir apprécier les évolutions observées ou celles qui se dessinent. Parce que les langues vivantes ont fait «  parler d’elles  », à tous les niveaux, et les questions se sont peut-être déplacées, du champ didactique au champ politique et social, avec quelques sujets brulants.

Nous souhaitons donc interroger les pratiques qui permettent à l’apprentissage des langues vivantes d’être bénéfique pour nos élèves. Voici quelques questions qui font particulièrement débat mais la liste n’est pas exhaustive :

Est-ce qu’une langue vivante sert surtout à entrer sur le marché du travail ou bien à se construire une identité citoyenne ? Apprenons-nous une langue étrangère pour le plaisir ?
Quelles langues vaut-il mieux apprendre, celle de sa région, celle des grands pays qui font la mondialisation ?
Et puis comment ça s’apprend une langue ? En parlant simplement, en étudiant aussi l’histoire, la géographie, les valeurs, et les auteurs des pays qui la parlent ? En interdisciplinarité ?
A l’école élémentaire, qu’en est-il de l’apprentissage précoce des langues ? Un enfant apprend-il plus vite et plus efficacement à un très jeune âge ? Est-ce préférable à une immersion plus grande sur une plus petite période, en commençant plus tard ?
Au collège, les classes européennes, des classes bi-langues, mises en cause par la réforme, sont-elles élitistes ? Cela dépend-il des lieux, des pratiques ? Quelle place pour les langues dans les EPI ?
Au lycée, où en est-on de l’évaluation et du bac en contrôle continu ? Peut-on faire un bilan des évolutions liées à la réforme du lycée ?

Alors, si vous êtes concernés par l’apprentissage des langues étrangères, de la maternelle à l’université, en tant qu’enseignant ou formateur, inspecteur ou chercheur, élève ou parent, nous sommes intéressés par votre expérience et vos pratiques, sans exclure les travaux de recherche.

Un texte de quelques lignes, vous présentant, vous et le contenu de votre proposition, c’est ce que nous demandons dans un premier temps. Précisez la forme que prendra votre contribution (reportage sur des expérimentations, récit, présentation d’expérience, interview, témoignages, avec ou sans illustrations…). N’hésitez pas à vous lancer, nous pouvons vous accompagner dans l’écriture de votre article.

Date limite d’envoi de ces propositions : le 15 mars 2016.

Contactez-nous par mail. Merci à vous,
Soizic Guérin-Cauet et Hélène Eveleigh

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