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Actualité de novembre 2003 - Débat national sur l’avenir de l’école

Les dix propositions du CRAP-Cahiers pédagogiques

Texte adopté à l’Assemblée générale du CRAP les 25-26 octobre 2003

12 novembre 2003

Ces propositions sont la contribution d’un mouvement pédagogique engagé depuis de nombreuses années dans la transformation de l’école. Elles s’appuient sur notre pratique d’enseignants de terrain. Elles se veulent aussi une réponse à différentes déclarations remettant en cause des acquis et des principes essentiels. Nous sommes en effet convaincus que les solutions aux problèmes de l’école de demain ne se trouvent pas dans le retour à un passé mythifié. Nous serons résolument engagés dans les débats locaux pour faire avancer ces propositions.

• Proposition 1

La nation, en liaison étroite avec le monde enseignant, doit définir ce qu’elle attend des élèves en terme de connaissances et de compétences fondamentales à la fin de la scolarité obligatoire. Les capacités de lecture et d’écriture sont essentielles mais les fondamentaux, c’est aussi aujourd’hui, par exemple, savoir s’exprimer à l’oral, utiliser les nouvelles technologies, décoder les images, connaître les risques pour l’environnement...
C’est à travers le travail sur ces compétences que les activités scolaires prennent davantage de sens.

• Proposition 2

Nous défendons l’idée d’un Collège pour tous, c’est-à-dire où tous les élèves sortant du collège doivent avoir acquis les mêmes fondamentaux. Cela implique une évolution des pratiques, encouragée par des dispositifs comme les IDD, l’heure de vie de classe, la pédagogie de projet... Tout élève doit avoir rencontré un aspect du monde et de la formation professionnels. La connaissance des métiers doit concerner tous les élèves dès le primaire ainsi que la connaissance des outils et des machines d’aujourd’hui. Le brevet doit être transformé (évaluation de compétences disciplinaires, mais aussi transversales, évaluation de la présentation d’un travail poursuivi toute l’année, etc.)

• Proposition 3

Les programmes doivent continuer à aller dans le sens de la mise en œuvre de compétences, parallèlement à l’acquisition des connaissances, en établissant des ponts disciplinaires. Il faut veiller à ce que certaines avancées, comme le programme de français à l’école primaire, ne soient pas remises en cause. Symétriquement, il faut veiller à ce que les examens servent à certifier une formation qui articule connaissances et compétences plutôt qu’à mesurer la soumission à des normes formelles dont la seule fonction est de sélectionner.

• Proposition 4

Nous devons défendre ardemment, au lycée, au collège des dispositifs qui ont fait leur preuve (TPE, ECJS) ou qui les feront si on leur redonne plus d’importance (PPCP, IDD). Au lieu de les remettre en cause, il faut améliorer leur fonctionnement et étendre les TPE aux voies technologiques des lycées.

• Proposition 5

À l’école primaire comme au collège, il faut développer des alternatives au redoublement. Cela passe par la réactivation de la politique des cycles et la mise en place de formes souples de regroupements temporaires ou de pédagogies différenciées. Les Cahiers pédagogiques ont publié là-dessus de nombreux textes qui restent d’actualité.

• Proposition 6

Il faut développer les pratiques culturelles des élèves à l’école en les reliant aux apprentissages.
Les efforts faits pour développer ces pratiques doivent être poursuivis et accentués en lien avec les partenaires les plus divers. Cela inclut aussi bien les arts que la culture technique et scientifique.

• Proposition 7

Pour créer un climat propice aux apprentissages dans les établissements scolaires, et pour instaurer une autorité légitime, il faut développer tous les moyens qui ont été expérimentés et qui ont fait leur preuve : travail en équipe, structures de médiation, instances de concertation et de démocratie, ...
Invoquer le retour à l’ordre et à la discipline est simplificateur et dangereux.

• Proposition 8

Nous réaffirmons l’importance de la formation professionnelle des enseignants. Nous défendons les IUFM qui marquent le choix de la professionnalisation des enseignants à travers notamment le mémoire professionnel, les analyses de pratiques...
Nous souhaitons une articulation renforcée entre formation initiale et continue. La formation continue doit accompagner les réformes et répondre aux besoins identifiés des personnels.
Il faut aussi remettre en chantier les modalités des concours de recrutement des enseignants.

• Proposition 9

Dans l’École républicaine et démocratique qui doit être garante du vivre ensemble et de l’apprentissage de savoirs fondés en raison, il faut défendre la laïcité.
Celle-ci n’est pas seulement neutralité en matière religieuse, politique ou autre. Elle doit garantir, dans l’espace public scolaire, la possibilité de débattre avec esprit critique des grands problèmes de société, dans des formes respectueuses des croyances et des opinions de chacun, avec une visée universaliste.

• Proposition 10

Il convient de maintenir et renforcer l’aide publique apportée aux mouvements d’éducation populaire et aux mouvements pédagogiques. Ceux-ci ne sont pas seulement utiles pour les élèves décrocheurs (ateliers relais), mais leur expérience servirait beaucoup l’école, si cette dernière savait mieux utiliser leurs acquis et leurs compétences.


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