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Assises de la pédagogie du CRAP-Cahiers pédagogiques

Des espaces où la parole circule

Synthèse des ateliers Jean-Michel Zakhartchouk

14 novembre 2014

Un écho des ateliers des quatrièmes Assises de la pédagogie, du CRAP-Cahiers pédagogiques, le 21 octobre 2014, à Paris "Le changement, c’est maintenu ?"


Lorsqu’on organise un colloque, il est toujours difficile de mettre en place, à côté des plénières, des ateliers d’échanges. Il faut que les locaux s’y prêtent, que le temps imparti soit suffisant, qu’on veille à une répartition équilibrée des participants entre ateliers et qu’on dispose de suffisamment d’animateurs et rapporteurs pour que ces ateliers méritent vraiment leur nom : des espaces où la parole circule et d’où chacun ressort à la fois satisfait du bouillonnement d’idées et de témoignages, et toujours au fond un peu frustré, forcément frustré, et du coup désireux de prolonger ce temps d’une autre manière (lectures, communication à d’autres).

« Chauffés » par la table ronde

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Aussi avions-nous prévu lors de nos Assises de la pédagogie, quatrièmes du nom, ce moment-fort, situé entre deux tables rondes, chacun étant « chauffé » par l’écoute des intervenants du matin et prêt donc à donner un avis, à participer aux débats.
Chaque atelier démarrait par un ou deux témoignages d’acteurs, plutôt brefs ; c’est tout l’art de l’animateur d’accorder suffisamment de temps à cet embrayeur de la discussion, mais pas trop pour que une discussion approfondie ait lieu et dépasse le simple cas du témoignage. C’est ainsi qu’on a pu avoir des échos d’un projet technologique à l’école maternelle dans la circonscription de Nanterre (par par Laïla Hafid et Arbya Eichi), de la mise en place des rythmes éducatifs à Bondy (témoignage de Fatiha Haddi, IEN), de l’expérience de nos amis Céline Walkowiak et Francis Blanquart sur l’école du socle à Loos-en-Gohelle, du travail mené par l’AFEV (Eunice Mangado) ou encore au collège Clémenceau de Paris. Eric Favey, membre du Conseil supérieur des programmes, a présenté sa conception de l’évolution possible des programmes dans une logique curriculaire et Stéphane Bardau a fait part de son expérience à l’ESPE de Créteil. Eric Verdier, de la Ligue de la santé mentale, a présenté des outils utilisés par son association pour prévenir les discriminations, tandis que Gwenael Le Guevel montrait comment on pouvait combattre celles-ci au quotidien dans ses classes de SEGPA.

Passer à la vitesse supérieure

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Ces ateliers ont rassemblé des acteurs de l’éducation très divers : militants chevronnés du crap-cahiers pédagogiques, mais aussi enseignants peu expérimentés, lecteurs ou non des Cahiers pédagogiques, des institutionnels intéressés, et aussi des personnes extérieures à l’éducation nationale, ce qui est toujours stimulant et interpellant.
Toute synthèse étant impossible, nous nous contenterons de faire ressortir des différents compte-rendus les « leviers » proposés pour que le changement soit « maintenu » et passe enfin à la vitesse supérieure.
• Le travail d’équipe revient très souvent : il est indispensable pour faire vivre l’école du socle, pour combattre collectivement les inégalités. Mais il faut que l’institution le favorise vraiment, et cela passe aussi par une redéfinition du service, surtout dans le second degré.
• Parallèlement, les élèves aussi doivent travailler en équipes, et il faut appuyer les projets collectifs, en veillant à ne pas diviser les tâches selon des soi-disant aptitudes. Apprendre à travailler en groupe à travers un projet doit être une compétence majeure à construire.
• Le dialogue avec les parents est jugé indispensable : il permet de recréer de la confiance, si on sait notamment communiquer sur les nouvelles pédagogies. On voit toute l’importance de ce dialogue dans la mise en place, par exemple, des nouveaux rythmes scolaires.
• Le développement d’une approche par compétences s’inscrit dans cette logique du « curriculum » qui doit se substituer à celle du « programme à faire ». Dès lors, si les disciplines scolaires gardent leur légitimité, les cloisons entre elles doivent tomber.
• L’école doit s’ouvrir à l’extérieur, et doit travailler avec les collectivités locales, en dépassant les logiques de territoires.
• L’autonomie des établissements est prôné, mais sous certaines conditions : celle d’un pilotage fort de l’institution, l’interrogation sur les buts de tout projet en matière de réduction des inégalités notamment.
• En matière de formation, pourquoi ne pas casser la règle des trois unités (temps, lieu, pédagogie), en faisant des formations communes à des personnes venus d’horizons divers avec des projets différents ? Il faut envisager la formation comme un tout, sans séparer initiale et continue. Concernant les ESPE, la place du concours et la modification du contenu de ceux-ci doivent continuer à être à l’ordre du jour. De même est-il important que les associations issus de l’éducation populaire aient toute leur place dans ces instituts.
• L’idée d’« école inclusive » va au-delà de l’intégration d’élèves ayant un handicap. Il s’agit bien de lutter contre toutes les discriminations. Et là c’est vraiment un changement d’optique essentiel que de reconnaitre que l’école française est loin de s’y attaquer suffisamment…

Jean-Michel Zakhartchouk

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