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L’actualité éducative du n° 498 - juin 2012

Le web, c’est pas tout pourri

Par Caroline Jouneau-Sion


«  J’ai pourri le web  », titrait un article de blogue qui a fait du bruit. Pourtant, cette aventure qui a remué les médias prouve justement que le web est tout sauf pourri.

Autrefois, l’enseignant aurait relaté son expérience dans sa salle des profs, obtenant le soutien enthousiaste de ses collègues et amis et le regard réprobateur de quelques pédagos discrets. Aujourd’hui, Loys Bonod a raconté son expérience sur son blog. Il a donc réfléchi à la manière dont il allait le faire, en a exprimé les objectifs, a décrit la méthode, les consignes, analysé les réactions des élèves. Il a porté sur son travail un regard analytique. Il l’a soumis au regard des autres sans distinction : celui de ses amis en pédagogie (en antipédagogisme, pour certains) sur le forum Neoprofs, mais aussi celui de ses contradicteurs sur Twitter, Facebook et les blogs qui ont commenté, critiqué, souvent (pas toujours) argumenté. Il a répondu, réfléchi, a parfois nuancé son propos, exposé d’autres de ses pratiques. Ailleurs, quelques professeurs ont proposé d’autres manières d’atteindre les objectifs de Loys : faire réfléchir, avoir l’esprit critique et réaliser soi-même un exercice du bac, le tout sans nier l’inéluctable recours à internet. Bref : la discussion pédagogique a eu lieu, et elle a changé les choses, dans les têtes et dans les classes.

Edgar Morin appelait récemment les enseignants à tenir leur journal pour prendre du recul sur leurs pratiques enseignantes. Je crois que de plus en plus d’enseignants tiennent un tel journal en tweetant, en bloguant, en discutant sur les forums. Le web est un espace de réflexion pédagogique.