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Le défi éducatif - Des situations pour réussir

Sous la direction de Marie-Christine Toczek et Delphine Martinot, Armand Colin

On ne peut que recommander la lecture de ce livre qui parvient, ce qui est trop rare, à présenter de manière vivante, avec un souci remarquable de pédagogie (les fiches de synthèse, les études de cas) et d’utilité pratique, quelques aperçus des recherches en psychologie sociale, que les enseignants auraient tout intérêt à prendre en compte, pour mieux faire réussir leurs élèves.


On ne peut que recommander la lecture de ce livre qui parvient, ce qui est trop rare, à présenter de manière vivante, avec un souci remarquable de pédagogie (les fiches de synthèse, les études de cas) et d’utilité pratique, quelques aperçus des recherches en psychologie sociale, que les enseignants auraient tout intérêt à prendre en compte, pour mieux faire réussir leurs élèves.
Ont été rassemblées des contributions d’une dizaine de chercheurs qui résument de nombreux résultats d’expériences ou d’observations, avec un souci de cohérence globale, puisqu’une idée-force semble se dégager au fond : pour faire réussir, il vaut mieux... faire réussir. Autrement dit, il faut parvenir à entrer dans le « cercle vertueux de la réussite ». Et cela implique d’aller au-delà des préjugés et des pratiques spontanées qui sont la plupart du temps contre-productives, du genre : « il ne faut pas trop leur dire que ça va bien, car ils vont s’endormir sur leurs lauriers » ou « noter sévère, ça motive à faire des efforts »...
Tout au contraire, les auteurs prônent, sans dogmatisme, des pratiques favorisant la réussite ; nous nous contenterons de pointer quelques principes relevés au fil du livre, pour donner envie d’y aller voir de plus près :
Plus l’élève se sent libre de ses actes, plus il se sent engagé.
Mettre l’accent sur « l’intelligence », les « dons » au détriment de l’effort, du travail, renforce le fatalisme et les conceptions résignées de beaucoup d’élèves (voir le savoureux test de la page 80). Il faut connaître les stratégies de « protection de l’estime de soi » d’élèves en difficulté pour pouvoir les aider vraiment (la déresponsabilisation, la comparaison avec d’autres élèves en difficulté, etc.). On doit réfléchir de près aux conditions nécessaires pour qu’un travail de groupes soit productif (intérêt du « puzzle », chacun apportant obligatoirement sa pièce à l’édifice commun) ; un complément utile à notre dossier sur le sujet (n°424).
L’autorité est peut-être incompatible avec de vrais apprentissages qui nécessitent une certaine posture de l’enseignant (mais les auteurs du chapitre « autorité et apprentissage : des objectifs mutuellement exclusifs ? » n’ont - ils pas une définition restrictive et donc discutable de l’autorité ?). On trouvera aussi d’intéressantes réflexions sur la question des identités (sociale, culturelle, sexuelle) et la manière dont l’École les traite (pour les auteurs, il faut prendre garde à ne pas bâtir des caricatures de ce que pourrait être une éducation démocratique fondée sur le respect d’identités multiples).
Reprenons enfin une des phrases de conclusion de ce revigorant ouvrage : « Les situations de classe peuvent donc bien être à la fois sources d’influences comportementales et régulatrices des performances et des comportements sociaux des élèves. [...] Elles sont de véritables leviers d’action pour favoriser la réussite de tous les élèves. »

Jean-Michel Zakhartchouk