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Recension parue dans le N°453 de mai 2007

Laïcité, vérité, enseignement

Coordonné par Anne Rebeyrol et Michel Reverchon-Billot, sous l’autorité de Dominique Borne, CRDP de Bourgogne, 2006, Collection : Documents Actes et Rapports pour l’Éducation.

6 mai 2007

Quelle vérité enseigne l’école ? Comment se débrouiller avec les vérités particulières des élèves ? Comment distinguer, et apprendre à faire cette distinction, entre opinion et vérité, croyances et savoirs ? Quelle place pour le doute, pour l’affirmation ? Vaste ambition pour cet ouvrage, qui rassemble des contributions issues d’un colloque sur « le statut de la vérité dans les enseignements », rédigées pour la plupart par des inspecteurs traitant de leurs champs disciplinaires respectifs.
Des trois termes du titre, c’est très nettement le deuxième qui domine. La question de la laïcité, déjà largement travaillée, n’est rappelée par Jean-Paul Delahaye que comme cadre à cette recherche de la vérité qui doit animer nos enseignements. Jean Lambert propose un énième plaidoyer en faveur de l’enseignement du fait religieux, mais toutes les contributions suivantes invitent plutôt à consacrer avant tout du temps à cette question du statut de la vérité. Chaque auteur s’efforce de présenter les régimes de vérité propre à sa discipline, pour ensuite envisager des principes pour des pratiques permettant aux enseignants de travailler explicitement de tels problèmes épistémologiques avec leurs élèves. Les exposés concernant les sciences humaines (Benoit Falaize) et expérimentales, les mathématiques (Vincent Julien), la littérature (Emmanuel Fraisse), les problèmes de traduction en langue vivantes, sont parfois un peu ardus, les pistes pour l’enseignement ne sont qu’esquissées, mais représentent autant d’invitations pour les didacticiens et les pédagogues à s’emparer de ces questions.
Alors que l’accroissement et le renouvellement prodigieux des connaissances au cours du XXe siècle contraint l’école à redéfinir sans cesse les contenus à transmettre, à renoncer à de vaines tentations encyclopédistes, c’est peut-être en se recentrant sur l’acquisition d’une « éthique de la vérité » qu’elle trouvera une nouvelle légitimité. Dominique Borne dans sa conclusion du colloque définit un tel programme : entre vérité des croyances et prétention à l’affirmation absolue de la vérité, l’école doit être le lieu de « l’absolue recherche de la vérité ».

Patrice Bride


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