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La revue de presse du vendredi 6 novembre 2015

Réforme - Ecrans - Harcèlement - Brèves


La revue de presse du jour survole des sujets aussi divers que la réforme, les enfants face aux écrans, le harcèlement scolaire et la précocité. Elle se termine par une série de brèves et de ressources numériques pour les enseignants.


Réforme

La réforme continue de diviser les collègues sur les réseaux sociaux. Les "antis" structurent désormais leur action contre les formations académiques (ainsi que celles prévues en établissement). Former tous les personnels avant la mise en œuvre d’une réforme est risqué mais constitue une première pour un ministère de l’Éducation nationale.
Je ne vais pas revenir sur tout le mal que je pense du boycott de ces formations. Et je ne parle même pas de de ceux qui effectuent des pressions malsaines (quelles que soient les positions défendues d’ailleurs).

Le SNES, clairement opposé à la réforme, se fait l’écho de témoignages d’enseignants ayant assisté aux premières formations (durant les vacances scolaires notamment).

Si l’on accepte le principe de ne pas bloquer le déroulement de ces formations, le moins que l’on puisse attendre, c’est qu’elles soient de qualité et de nature à donner aux équipes les moyens de travailler. L’un des deux témoignages cités est savoureux (alors que la situation est finalement assez triste). Il s’agit de celui de Monsieur Samovar qui publie un billet (sobrement) intitulé : « Comment survivre à une réunion de formation sur la Réforme du Collège ». On y perçoit un certain "bricolage" de la part de formateurs (même si parmi eux, il y a pu avoir des intervenants convaincants) peu préparés à l’exercice. Le plus triste, c’est que ça achève de convaincre ceux qui étaient opposés (et qui le restent du coup) et déçoit ceux qui étaient plutôt en faveur de la réforme.

Les avis plus officiels à propos de la mise en œuvre des formations sont bien plus enthousiastes. Ainsi, on peut lire sur le site de l’académie de Poitiers : « la réforme du collège est en marche. Plus de 350 personnes ont participé à un séminaire de formation, à La Rochelle. Cette première session sera suivie de cinq journées thématiques pour tous les enseignants entre janvier et juin ». Michèle Vinel, déléguée académique à la formation des personnels de l’Education nationale déclare :« je crois que le remue-méninges d’ateliers en ateliers a particulièrement plu aux participants. Les encadrants se sont placés en position d’accompagnants et non de formateurs. Des personnes ressources. Ce séminaire a été une belle expérience de travail en équipe. Les participants ont pu se construire une opinion sur la réforme du collège à partir de la réalité des textes ».


Harcèlement

Hier, c’était la « journée contre le harcèlement à l’école ». Tous les médias ont donc choisi de traiter du harcèlement scolaire.

Sur le site du gouvernement, une page est consacrée au problème et présente « 6 choses que vous devez savoir sur le harcèlement à l’école ». Il y est rappelé notamment que « 10% des collégiens subissent un harcèlement, soit 332 000 élèves sur 3 332 000 collégiens. Et 7% des collégiens sont confrontés à un harcèlement sévère, soit 233 000 élèves »

De nombreux médias ont intégré un témoignage de victime de harcèlement dans les reportages traitant du phénomène. Ces témoignages, permettent dans de nombreux cas, de mettre un visage sur ce phénomène grave mais peu visible. France 3 a, par exemple, « rencontré Jonathan Destin qui a été harcelé durant plusieurs années avant d’attenter à ses jours ». Parmi tous ces jeunes qui en arrivent à l’irréparable, on trouve une constante : la victime reste souvent très (trop !) longtemps invisible aux yeux des adultes à cause de son silence.

Il nous appartient de mener au sein des établissements scolaires toutes les actions utiles favorisant la communication entre les élèves et les adultes. Le climat scolaire est déterminant. Mais il est vrai aussi que, malheureusement, et malgré toutes les bonnes volontés, il peut arriver qu’un élève harcelé passe totalement inaperçu. Il arrive même qu’il se suicide (ou tente de le faire). La responsabilité des personnels est alors engagée et le chef d’établissement se trouve en première ligne.

Une certaine presse locale, à l’affût du sensationnel, s’empare assez facilement de ce genre d’événement tragique pour vendre sa daube ; quitte à détruire la réputation d’un établissement et à ruiner plusieurs années de travail. La vérification des sources, la déontologie et l’éthique s’effacent tranquillement devant les impératifs de vente.

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Le chef d’établissement harcelé par les médias par JiMo

Ecrans

Selon le gouvernement, « 4,5 % des collégiens sont victimes du cyber-harcèlement. L’utilisation d’internet, des téléphones portables ou encore des réseaux sociaux fait que le harcèlement entre élèves se poursuit en dehors de l’enceinte des établissements scolaires ».

Caché derrière un écran, c’est tellement plus facile.

Le Figaro interroge Angélique Kosinski-Cimelière, psychologue pour enfants. On apprend qu’une « étude Ipsos menée en France, les 4-14 ans passent en moyenne 3 heures par jour devant les écrans. Au risque de casser le lien social familial ». « Ce chiffre est, par ailleurs, en constante augmentation. En effet, trois heures, c’est déjà 10 minutes de plus qu’il y a cinq ans ».

Interrogé par Delphine Bancaud pour 20 Minutes, « le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron estime que les parents doivent fixer des règles claires pour limiter la consommation d’écrans de leurs enfants ». Les conseils donnés sont pertinents comme par exemple « inviter [l’enfant] à développer une pratique créative des écrans. Au lieu d’être passif devant une vidéo, pourquoi ne pas l’inciter à utiliser le logiciel de programmation Scratch ou un logiciel de retouche de photos ? »


Brèves

« Sébastien, 22 ans, détecté surdoué enfant, démonte le cliché de l’enfant génie à qui tout réussit dans un livre, Funambule ». L’Express recueille ses propos : « je veux montrer qu’être à haut potentiel intellectuel n’est pas être un petit génie surdoué. C’est être un enfant avec parfois des difficultés. Que l’Éducation nationale ne sait pas encore assez bien traiter ces enfants, car les profs ne sont pas formés à cela ».

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Les surdoués en équilibre par Geneviève Brassaud

Laura Buratti, pour Le Monde, dénonce : « les étudiants de dix-sept métiers de la santé, comme la kinésithérapie, les soins infirmiers ou la maïeutique (sages-femmes) et ceux des dix métiers du travail social comme les éducateurs spécialisés ou les médiateurs familiaux doivent se tourner vers leur région pour solliciter des bourses, sur des critères sociaux. Ce qui engendre des inégalités de traitement selon le lieu des études ».

Paul Raguet, élève en terminale au lycée Diderot à Paris, répond sur le site de l’Express à Valérie Pécresse, candidate LR aux régionales en Ile-de-France, qui veut généraliser les tests salivaires à tous les lycéens pour lutter contre la consommation de cannabis.
La réponse de l’élève est simple (et de bon sens) : « Si Valérie Pécresse veut vraiment lutter contre le décrochage scolaire ou contre la drogue au lycée, qu’elle commence par donner des moyens de prévention, des moyens financiers pour recruter des médiateurs, des surveillants, des encadrants, des médecins scolaires et des psychologues ».

Enfin, cet article du Monde.fr va encore agiter les salles des professeurs. Mattea Battaglia s’appuie sur une note de la DEPP, le service statistique du ministère de l’éducation nationale, publiée ce mois de novembre pour affirmer : « à la rentrée 2014, dans le second degré, un enseignant est face à 22 élèves en moyenne pendant une heure de cours. Derrière cette moyenne – qui n’est pas celle des effectifs des classes mais bien celle des élèves présents en heures de cours –, des disparités existent : on compte 24 élèves en collège et lycée d’enseignement général et technologique, contre 16 en lycée professionnel – étant entendu qu’il s’agit dans ces deux cas, encore, de moyennes ». Elle précise : « si l’on se fonde sur Repères et références statistiques, sorte de présentation chiffrée du système éducatif réactualisée à chaque rentrée par le ministère de l’éducation nationale, c’est bien un alourdissement de la charge des enseignants qui transparaît. Comme l’ont mis en avant nos confrères de la revue en ligne Café pédagogique, on est passé au collège, entre 2007 et 2014, de 22,3 élèves par classe à 24,2. Et de 27 à 28 élèves au lycée général et technologique ».

Bon week-end !
Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Le climat scolaire
Revue n°523 - septembre 2015

Qu’est-ce qu’un bon climat scolaire ? Est-ce lorsque les élèves répondent à notre fantasme du «  bon élève  » ? On ne peut nier l’impact qu’il a sur les personnels et les élèves. Se sentir bien ou mal à l’école détermine en profondeur le parcours que l’on y mènera.

Le pari du collectif
Revue n°524 - novembre 2015

C’est une évidence, nous travaillons tous en équipe : dans l’établissement, autour d’une classe, pour un projet, sur un cas particulier d’élève… Hors du collectif, point de salut ! Est-ce si sûr ?