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La revue de presse du vendredi 24 avril

L’histoire, une passion française — Réforme encore — Bilangues encore


La réforme truste encore et toujours l’actualité aujourd’hui. Les programmes d’histoire, comme toujours, font couler beaucoup d’encre, tandis que la réforme du collège dans son ensemble reste sous les feux de l’actualité. Il y a aussi du nouveau pour les classes bilangues.

L’histoire, une passion française

Les nouveaux programmes d’histoire déclenchent encore de violentes réactions dont les médias se font l’écho. Je vous épargnerai celle du Front National. France Inter se fait l’écho de l’inquiétude de l’APHG en écrivant étrangement qu’il s’agit de l’inquiétude des professeurs d’histoire. Je ne savais pas l’APHG si représentative. Elle s’inquiète du caractère facultatif de certains thèmes : " l’Europe des Lumières : ce sont quand même de grands philosophes, c’est l’encyclopédie de Diderot, c’est Rousseau... Négliger ce chapitre revient à amputer la culture des élèves."
Denis Paget recentre le débat : "Il faut savoir ce que l’on veut, on nous dit tout le temps que les programmes sont trop lourds, donc il y aura des points de passage obligés et des questions au choix." C’est effectivement une demande très ancienne des professeurs d’histoire qui n’en peuvent plus des programmes surchargés qu’ils n’arrivent pas souvent à finir, ou alors en survolant de manière très rapide ces thèmes si importants.
La ministre a d’ailleurs publié un communiqué en ce sens pour répondre aux "présentations volontairement polémiques qui ne visent qu’à politiser un enjeu essentiel, celui de la transmission de notre histoire commune et du récit national, qui exige que le consensus le plus large soit recherché". Elle rappelle que c’est un projet et que les principaux intéressés,à savoir les professeurs, seront consultés.
Remarquons d’ailleurs que beaucoup de professeurs d’histoire apprécient ces nouveaux programmes allégés et porteurs de liberté pédagogique, même si certains choix et aspects peuvent être critiquables. Vincent Capdepuy, membre d’Aggiornamento s’en fait l’écho dans une tribune publiée sur Le Monde. Il dit une chose essentielle que tous ceux qui écrivent aujourd’hui sur ces programmes ont oublié : "Il est temps de faire davantage confiance aux enseignants." "Qu’importe, au final, que l’enseignement de l’histoire n’aboutisse pas à un récit fédérateur et unique. L’histoire n’est pas une berceuse pour endormir les consciences. Bien au contraire, elle est porteuse d’incertitudes, de questionnements, de suspensions du jugement, car les légendes dorées et les manichéismes moralisateurs n’ont rien à y faire. Face à des critiques qui ne font qu’accentuer la crispation identitaire et xénophobe, il importe donc de défendre ces programmes et de faire en sorte, même, qu’ils soient encore plus ouverts."

Finissons sur une note humoristique donnée par le blog "une année au lycée". Pour satisfaire tout ce que les Français voudraient voir mis dans les programmes, Fabrice Erre nous dessine le personnage ultime à étudier.


Réforme encore

De façon plus globale, l’ensemble de la réforme du collège continue à faire couler beaucoup d’encre. A droite, c’est Rama Yade qui s’exprime aujourd’hui dans Libération. De façon assez caricaturale, elle accuse "les socialistes de « préférer Jamel Debbouze » à l’apprentissage du latin." Étrangement pour elle :« l’école publique laïque n’a pas à enseigner les religions » car « l’éducation des religions, ce sont les familles ». Visiblement elle confond l’éducation religieuse et l’histoire des religions qui se fait depuis très longtemps en histoire, enseignement dont elle a elle-même bénéficié quand elle était élève.

Marianne donne la parole à une autre opposante à la réforme, Véronique Marchais qui est professeur de français. Ici, malgré quelques caricatures ("construire des cabanes ne va pas apporter aux élèves une culture solide", la critique est étayée par de vrais arguments, notamment sur les horaires des disciplines. On peut ne pas être d’accord mais certaines interrogations sont particulièrement légitimes, comme celle de "ces élèves qui n’apprennent ni à lire, ni à écrire correctement à l’école primaire. Là, il faudrait vraiment mettre le paquet… Si on voulait vraiment changer quelque chose, à la fois à l’école primaire et au collège – puisque le collège est la continuité de l’école primaire -, c’est d’abord ce sur ce point qu’il faudrait insister : travailler sur l’apprentissage de l’écriture et de la lecture."


Bilangues encore

L’Allemagne s’est émue de la disparition des classes bilangue, y voyant un affaiblissement important de l’enseignement de l’allemand. Les Echos nous rapporte leur espoir de voir "dessiner une solution par le haut : permettre aux collèges de conserver les classes bilangues dans le cadre de l’autonomie qui sera accordée aux directeurs d’établissement." "De fait, à Berlin, on évoque la possibilité qu’Angela Merkel aborde ce sujet avec François Hollande lors d’un prochain entretien bilatéral. A Paris, on parle de « réciprocité », jugeant que l’enseignement du français en Allemagne est aussi « un vrai sujet ». Un sujet d’autant plus délicat qu’il relève du domaine réservé des Länder."

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Détente avec Berlin, par JiMo

D’ailleurs, selon Le Figaro, l’Alsace va garder ses bilangues : "« Je me suis battu pour cela. » Jean-Pierre Gougeon, recteur de l’académie de Strasbourg et germaniste passionné, a obtenu satisfaction et l’a annoncé jeudi sur France Bleu Alsace."

Géraldine Duboz
Ce week end vous retrouverez le chef


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner en histoire-géographie avec le numérique
Dossier coordonné par Laurent Fillion et Olivier Quinet

Ce dossier, coordonné par Laurent Fillion et Olivier Quinet, montre que le numérique, à certaines conditions, a un réel impact sur les apprentissages des élèves en histoire-géographie, en développant l’autonomie, la collaboration, la concentration, le sens de l’effort, tout en offrant un aspect ludique que nos élèves apprécient. On verra ainsi naitre de nouveaux chemins qui amènent tous à apprendre, tous au savoir. Mais dans un monde où l’internet nomade donne accès à une banque de données dans laquelle on trouve le pire comme le meilleur, le vrai comme le faux, le rôle de l’enseignant devient aussi d’aider nos élèves à appréhender cet outil. Mais pas de doute : le numérique ouvre des possibilités immenses pour ces matières, dont il serait dommage de ne pas s’emparer.

Apprendre l’Histoire
our être bon en histoire, suffit-il « d’apprendre ses leçons », quitte à en oublier rapidement la plus grande partie ? Dans ce dossier, nous voulons plutôt prendre au sérieux la vocation de la discipline à former à la citoyenneté, à l’esprit critique, à « l’intelligence active »... Comment les enseignants de tous les niveaux s’y prennent-ils pour amener leurs élèves à « penser l’Histoire » ?