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La revue de presse du vendredi 22 avril 2016

Fumées - Sécurité, faits divers et justice - Numérique - Insolite


Aujourd’hui, c’est la journée de la terre ! Pas grand chose à voir donc avec la revue de presse du jour qui aborde des sujets aussi variés que les fumeurs dans les lycées, la sécurité et la justice ou encore le numérique et qui se termine par une petite rubrique « insolite ».


Fumeurs, enfumages & fumisterie ?

On pourrait presque en rire tellement la situation est consternante. Un communiqué du SNPDEN rappelle comment la gestion des élèves fumeurs dans les lycées et devenue un casse-tête juridique inapplicable pour les chefs d’établissements : « Suite aux attaques du 13 novembre et en application de la circulaire conjointe des ministres de l’Éducation et de l’Intérieur, des lycées ont autorisé les élèves à fumer dans des « zones spécifiques » pour éviter des rassemblements devant les établissements pour la durée de l’état d’urgence ». Sans être un juriste averti, on voit bien tout de suite la limite de cette circulaire puisqu’elle entre en contradiction avec le décret n°2006-1386 du 15 novembre 2006 fixant les conditions d’application de l’interdiction de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif. Le SNPDEN a d’ailleurs « saisi à deux reprises le Premier ministre pour lui signaler les incohérences de la réglementation qu’entraînait cette situation et lui demander de la mettre en cohérence ».

Comme il fallait s’y attendre (et là, pour le coup, pas besoin d’être devin), on apprend dans l’Express d’hier que deux associations anti-tabac ont saisi le tribunal administratif de Pontoise « sur le cas d’un établissement, le lycée Paul Lapie de Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, dans lequel le proviseur avait autorisé les élèves qui le souhaitent à fumer dans l’enceinte du lycée ». On ne sera pas plus étonné d’apprendre que « le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a suspendu jeudi en référé la décision du proviseur d’autoriser les lycéens à fumer dans la cour. Une décision soutenue par la ministre de l’Éducation ».

L’article de l’Express souligne la « position ambigüe de la ministre » en rapportant ses propos : « fumer est interdit au sein des établissements scolaires. Donc, ça n’est pas parce que nous cherchons à éviter les attroupements, notamment aux abords des lycées, qu’il faut permettre aux élèves de fumer à l’intérieur des lycées ».

La réaction de Najat Vallaud Belkacem est d’ailleurs disponible sur le site de l’Éducation nationale.

Sur Franceinfo.fr, on pourra lire la réaction de « Philippe Vincent, le secrétaire-adjoint du SNPDEN, [qui] estime "qu’entre un danger immédiat à court terme et le risque à plus long terme de l’usage du tabac, il paraissait y avoir une priorité qui était de mettre les élèves à l’abri d’un risque d’attentat". Il ne comprend pas "que dans le contexte actuel de tueries de masse, l’Etat n’ait pas trouvé un moyen, fût-il législatif - on a su quand même faire voter un état d’urgence - pour temporairement trouver un aménagement qui permette de mettre nos élèves à l’abri" ».

Ce sentiment d’abandon est partagé par de nombreux chefs d’établissement comme le rapporte Fabien Soyez pour Vousnousils.fr.


Sécurité, faits divers et justice

La sécurisation des établissements reste présente dans l’actu éducative. Certains vont même jusqu’à prôner des mesures très contestables quant à leur efficacité sur le terrain. Ainsi, un reportage sur FranceTvInfo nous apprend qu’« une expérimentation vient d’être lancée dans deux établissements de La Ciotat dans le cadre du plan de renforcement de la sécurité ». En effet, pour entrer dans leur établissement, « les élèves sont sous haute surveillance à La Ciotat. Ils devront s’y habituer. À l’entrée, désormais plus d’accès libre, passage obligatoire par un portillon de sécurité ». Alors que l’on vise à lutter contre les attroupements devant les établissements scolaire, on peut s’interroger sur la pertinence d’un tel dispositif.

Alors que paraît aujourd’hui au bulletin officiel « l’instruction de politique disciplinaire concernant les faits portant atteinte à l’intégrité physique ou morale des mineurs », on trouve plusieurs articles qui traitent de mise en cause de fonctionnaires de l’Éducation nationale dans l’actualité de ces derniers jours. A charge, ou à décharge d’ailleurs.

Aurélie Collas, pour Le Monde, revient sur les résultats de l’enquête administrative concernant un professeur de mathématiques qui enseignait à Villemoisson-sur-Orge, interpellé pour agression sexuelle sur mineur de 15 ans, alors qu’il avait été déjà condamné en 2006 par la justice britannique pour des faits similaires. L’article donne les conclusions de l’enquête : « il n’y a eu, de la part de la commission disciplinaire de l’académie de Versailles chargée en 2007 de statuer sur une éventuelle sanction, ni laxisme, ni complaisance, ni volonté d’étouffer l’affaire. C’est plutôt une "erreur d’appréciation" qui l’a conduit à réintégrer l’enseignant dans son poste malgré sa condamnation, expliquent les inspecteurs généraux. Une erreur suffisamment "grave" aux yeux de la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, pour qu’elle considère que, "si l’affaire s’était déroulée aujourd’hui, la question du maintien en poste du recteur se poserait". Mais "la question ne se pose pas, ce dernier étant aujourd’hui à la retraite et n’occupant plus de fonction administrative", a-t-elle déclaré dans un entretien au journal Libération vendredi ».

Il arrive aussi que des personnels soient mis en cause à tort. Ainsi, un article sur le site de l’Express nous informe « qu’une trentaine de parents d’élèves d’un collège de Biscarosse a été condamnée, ce mardi, à une amende avec sursis pour avoir accablé de plaintes et sans preuves, un professeur de sport de l’établissement ». On imagine assez facilement l’état d’esprit du professeur qui a fait l’objet de ces différentes plaintes visiblement infondées.


Robotique et numérique

Dans cette revue de presse, il est question, une nouvelle fois du numérique (et même de robotique).

Parmi les actualités signalées sur ce sujet par l’ESEN, on pouvait lire ce matin : « le développement des technologies numériques et de leurs usages nécessite du personnel qualifié, qui manque sur le marché du travail, et des enseignants compétents dans ce domaine. Après avoir proposé une définition des métiers du numérique, la mission d’inspection a analysé les besoins quantitatifs et qualificatifs des métiers du numérique, et les formations y afférentes. Cette étude de l’offre de formation initiale et continue a permis de recenser les formations d’enseignement supérieur préparant aux métiers du numérique et d’analyser le vivier et la contribution qu’offrent les trois voies de formation au baccalauréat. La mission émet des recommandations visant à améliorer l’évaluation des besoins par une évolution de l’appareil statistique, et une meilleure coordination des instances ». Le rapport de la mission d’inspection est disponible ici.

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Networked teacher par JiMo (26/01/2015)

Le site Eduscol, dans sa partie veille, propose un lien vers un site de ressources pour les sciences du numériques : Pixees. Je vous en conseille la visite.

Enfin, pour clore cette rubrique, le magazine en ligne Ludovia nous informe que « 20 établissements de la région Rhône Alpes, avec plus de 20 équipes inscrites et plus de 200 participants seront au rendez-vous de la 5ème édition française du concours de robotique FIRST Tech Challenge (FTC2016) les 11 et 12 mai prochains à Fontaine, dans la métropole de Grenoble ». « Ce concours international de robotique est organisé par l’association FIRST (For Inspiration and Recognition of Science and Technology, créée en 1989 pour sensibiliser et impliquer le jeune public dans les sciences et techniques) et sponsorisé en Europe par PTC, société de logiciels de développement de produits. Il se déroule partout dans le monde (Etats-Unis, Inde, Singapour Russie, Corée, Espagne, Hollande, Allemagne, …) ».


Insolite

Imaginez un établissement dans lequel vous pourriez choisir votre emploi du temps à la carte et décider vous-même de la date de vos vacances ! Science-fiction ? Même pas. Le Figaro.Tv nous propose un curieux reportage : « Le gouvernement des Pays-Bas veut tester ce système dans une vingtaine d’établissements à la rentrée prochaine. Depuis 2008, une école privée de Zanvoord fonctionne avec ce principe. Ouverte 50 semaines dans l’année, elle laisse aux familles la possibilité d’aménager le temps passé à l’école et de choisir les périodes de vacances scolaires ». L’idée vous séduit ? Il faudra quand même prévoir un budget de 5600€ pour une année d’enseignement.

Pas de Bloc-note du taulier (en vacances) ce week-end ! Lundi, vous devriez retrouver l’excellent Bernard Desclaux en meneur de revue.

Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Littérature et numérique
Dossier coordonné par Yaël Boublil et Jacques Crinon
Hors-série n°42 - mars 2016
Un dossier pour aborder à la fois les écrits nativement numériques, mais ouvert aussi à l’objet livre (numérisé) et au manuel numérique, ainsi qu’à des projets interdisciplinaires.

528 - Mettre en oeuvre les EPI
Revue n°528 - mars 2016
Les enseignements pratiques interdisciplinaires vont se mettre en place à la rentrée 2016. Dans certains collèges, on anticipe déjà. Dans d’autres, les pratiques interdisciplinaires existent depuis un certain temps. On ne part donc pas de rien et les EPI peuvent s’appuyer sur l’existant.