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La revue de presse du vendredi 15 janvier 2016

Vote - SES - Refondation - Orientation - Quand même


Dans cette revue du jour, il sera question de vote au sein de la fonction publique, des sciences économiques et sociales, de la refondation de l’École, d’orientation et du métier d’enseignant !


Vote : Percée du FN dans la fonction publique

Je suis toujours un peu étonné de constater que l’on puisse voter plus pour des personnes (voire des personnages...) que pour de réelles idées ou des convictions.

Luc Rouban, pour The Conversation s’intéresse plus particulièrement au vote dans la fonction publique et pointe la percée du Front National. Il remarque que « l’amplification du vote FN entre le premier tour de la présidentielle de 2012 et le premier tour des régionales de 2015 touche tous les secteurs de la fonction publique ». En ce qui concerne les enseignants, « le vote FN passe de 3,8 % en 2012 à 9,4 % en 2015 ». Selon lui, « le succès électoral du parti de Marine Le Pen est clairement alimenté par les voix qui se portaient sur les candidats LR ou UDI en 2012 (...) Cette percée du vote FN au sein des trois fonctions publiques n’a pas qu’une signification électorale. Et elle n’est pas seulement liée au contexte créé par le terrorisme. Elle montre aussi à quel point les fonctionnaires ne croient pas – ou plus – aux réformes managériales et sont inquiets pour l’avenir du service public ».

Claude Lelièvre, sur son blog hébergé par Mediapart, parle « des votes contrastés des enseignants et des policiers ». A la fin de son billet, il précise : « dans les trois fonctions publiques (d’Etat, territoriale, hospitalière), 20% des agents interrogés considéraient en novembre dernier que les enfants d’immigrés nés en France ne sont pas des Français comme les autres, et 50% que l’Islam constitue une menace pour l’Occident ».

On pourra toujours se consoler en se disant que cette étude se base sur des intentions de vote au 1er tour des régionales (et que l’échantillon pourrait ne pas être réellement représentatif). Mais quand même ... 9,4% !


SES

« Vous connaissez beaucoup de corps d’enseignants qui décident collectivement de s’affranchir des programmes officiels ? C’est ce qu’a fait la benjamine des disciplines de l’enseignement général. Les Sciences économiques et sociales ont tout juste 50 ans et ne comptent guère que 5 364 enseignants. Pourtant elles occupent une place bien à part dans le système éducatif. Celle d’une discipline contestée, menacée mais rebelle ». François Jarraud, interroge, pour le Café pédagogique matinal, Erwan Le Nader, président de l’association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses), à propos de l’identité des SES.

Serait-ce en raison de ce côté rebelle que j’ai choisi (il y a très longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine) de passer un bac B (les plus jeunes lecteurs ne peuvent pas comprendre) ? Possible !

Jean-Yves Mas, Professeur de sciences économiques et sociales (SES) dans l’enseignement secondaire en Seine Saint Denis se penche sur la « question épistémologique en SES » sur son blog Mediapart. Une partie du billet est consacrée à l’interdisciplinarité et l’enseignement des SES. Je vous cite un extrait qui laisse une belle place au bon sens : « Voilà pourquoi être favorable au croisement disciplinaire ne signifie en rien être hostile aux savoirs savants ; c’est au contraire vouloir les confronter, les faire dialoguer, et montrer en quoi ils peuvent être complémentaires afin d’enrichir la culture de nos élèves. Ce n’est pas non plus proposer des analyses exhaustives des faits économiques et sociaux, mais vouloir les analyser de façon globale et cohérente. Enfin, se revendiquer d’un enseignement pluridisciplinaire, ce n’est pas non plus refuser les disciplines, puisque pour les partisans du projet fondateur, les S.E.S. correspondent tout fait à la conception des disciplines que propose J.P. Terrail : « une discipline est donc tout autre chose qu’une masse d’informations qu’il s’agirait d’inculquer aux élèves. C’est un outil de la pensée, une puissance d’interprétation ».


Refondation

Où en est-on de la « refondation » ?

Le Point, connu pour son sens de la nuance (Jean-Paul Brighelli en est l’invité permanent), annonce la couleur : « Ce devait être l’une des grandes affaires du quinquennat de François Hollande. La refondation de l’école était annoncée avec tambours et trompette dès juillet 2012. Elle devait être menée par un ministre compétent et déterminé et qui disposerait du temps nécessaire. Las, trois ministres et près de quatre ans plus tard, la déception est consommée. Priorité au primaire "diluée", nouveaux programmes scolaires en retard, nouvelle formation des profs à la peine : un rapport au Parlement pointe, non sans euphémisme, une mise en oeuvre "difficile" de la loi de refondation de l’école »

Marie Piquemal de Liberation est plus mesurée. Son papier consiste en une lecture objective du rapport du comité de suivi chargé d’évaluer l’application de la loi Peillon de 2013. Marie Piquemal recense notamment les points sur lesquels il est nécessaire de progresser (les moyens, la formation des professeurs, les programmes, la co-éducation...) mais ne condamne pas l’ensemble de la mise en œuvre de cette loi.

Du côté du Café pédagogique, François Jarraud a lu le même rapport et en fait une lecture critique : « Le pilotage de la refondation cloué au pilori ». Il écrit : « Najat Vallaud Belkacem n’a pas besoin de regarder à droite pour voir des ennemis. Le rapport du Comité de suivi de la loi de refondation publié le 13 janvier dénonce le pilotage de la réforme par le ministère. D’autant que ces critiques sont portées par le rapporteur de la loi, le député socialiste Yves Durand. Deux ans après avoir porté la loi devant l’Assemblée il souligne toutes les erreurs commises et demande déjà une réécriture partielle pour "recadrer" les instances indépendantes crées par elle. Il dresse un portrait tellement critique de l’application de la refondation que l’avenir de la loi pourrait être en difficulté en difficulté ».


Orientation

la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) publie une note intitulée : « Seule une famille sur deux a décidé du projet scolaire de son enfant dès la sixième »

Jean-pierre Veran, sur son blog, nous propose sa lecture de la note et fait le lien avec la réforme du collège : « Cette étude montre que, si tout n’est pas joué au collège, tout ne s’y joue pas non plus. L’ambition de la réforme du collège mise en œuvre à la rentrée prochaine serait-elle d’ouvrir d’avantage aux familles des milieux populaires et à leurs enfants le choix de leur projet scolaire ? On pourra mesurer, par une étude analogue dans quelques années, si tel a été le cas ». Il observe par ailleurs que « la difficulté scolaire, faible ou importante est considérée, dès l’entrée en sixième, comme une fatalité déterminante pesant sur le projet scolaire, oblitérant dès la sixième l’avenir de l’élève aux yeux de sa famille ».

J’ai toujours eu cette impression que l’orientation, en France, consistait avant tout en un tri des élèves. En fin de troisième, les résultats obtenus durant cette unique année, déterminent la suite du parcours scolaire des enfants. Leurs choix sont bien pris en considération lorsque les résultats sont à la hauteur des espérances des adultes. Ils le sont beaucoup moins dans le cas contraire. L’orientation par défaut vers le lycée professionnel (vers les filières les moins demandées lorsque les résultats sont faibles) pour les élèves les plus fragiles produit les résultats que l’on connait en matière de décrochage scolaire.

Le conseiller d’orientation psychologue joue un rôle déterminant dans le parcours de l’élève. Il n’empêche, pour des raisons essentiellement budgétaires, on continue de fermer les centres d’information et d’orientation.

Le Parisien rapporte que « les personnels des centres d’information et d’orientation parisiens seront dans la rue » le 14 janvier. « Ils ont prévu de donner de la voix sous les fenêtres du rectorat, avenue Gambetta (XXe), pendant la réunion du comité technique académique qui doit se prononcer sur l’avenir des 14 CIO de la capitale ».
« De sources syndicales, le rectorat envisagerait de regrouper plusieurs centres, ce qui aboutirait à la fermeture de six d’entre eux. Pour les personnels des CIO qui ont suivi 20 000 jeunes l’an dernier, ce projet, s’il est mis en œuvre, ne sera pas sans conséquence ».


Quand même ...

Philippe Meirieu signe, pour le Café pédagogique, une chronique à lire absolument. Elle s’intitule : « Enseigner quand même ». Il y pose la question suivante : « dans ce monde plein de "bruit et de fureur" où nul ne paraît plus contrôler quoi que ce soit et où le pire est presque toujours sûr, à quoi bon reprendre tous les matins le chemin de la classe ? ». Il y répond de bien belle manière : « Et, ici, elle [la littérature] nous rappelle que, malgré le caractère terrible du contexte international et social, malgré les bégaiements de notre institution et les errements d’une partie de sa hiérarchie, l’attention au vivant et à l’humain reste la pierre de touche de notre engagement. Ce que rien ne doit nous faire oublier ».

Et sinon ?

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Guillaume Caron et je ne pouvais pas, en bon voisin que je suis, ne pas le lui faire un petit clin d’œil (bien aidé par le pétillant JiMo.

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Happy birthday Guillaume par JiMo

Ce week-end, c’est le taulier de la revue de presse qui, comme d’habitude, signera le bloc-notes.

Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Pédagogie : des utopies à la réalité

Revue n°525 - décembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?

Le sens de l’orientation

Revue n°504 - mars 2013
Comment adapter l’éducation à l’orientation aux besoins de chaque élève, en prenant en considération les plus fragiles ? Comment concilier les compétences et le rôle de chaque acteur ? Comment éduquer à l’autonomie, développer l’estime de soi dans un système qui aiguille le plus souvent uniquement en fonction des résultats scolaires ?