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La revue de presse du vendredi 11 mars 2016

Migrants - Classements - Absentéisme des profs - Rubrique à Vrac


La revue du jour est composée d’informations diverses. Au programme : les migrants, les classements (marronnier de saison), l’absentéisme des profs (selon Brighelli) et des infos en vrac.


Migrants ...

« Beaucoup l’ignorent, mais la plupart des migrants sont diplômés ou exerçaient des professions supérieures avant de devoir s’exiler. Problème : ils ont du mal à s’insérer dans le marché du travail en France. Sciences Po a décidé de les aider : depuis cette semaine, une vingtaine d’entre eux peut suivre des cours d’anglais et de français ».
L’initiative de la prestigieuse école est relayée dans un reportage visible sur le site FranceTvInfo.
« A l’origine de ces cours gratuits, on trouve une association d’étudiants de la célèbre école parisienne. "L’université est un moyen d’intégration, c’est évident", assure à France 3 Alyette Tristsch, de l’association Kiron ».

Sur le site des Cahiers Pédagogiques, Monique Royer nous dresse, une fois de plus, l’un de ces portraits dont elle a le secret.
Marie-Pierre Dausse, maître de conférences en histoire grecque à Paris VIII est une femme qui s’engage en faveur des migrants. « Dès le départ elle précise que ce qu’elle fait n’a rien d’exemplaire ni de spectaculaire, juste un engagement qui se construit au fil du temps, par le hasard des liens qui se tissent, des événements ». Forte d’une solide expérience en la matière (et d’un parcours de vie particulier), « l’enseignante a à cœur que son université se mobilise dans la tradition d’accueil qui a vu arriver des sud-américains ou des grecs sur les bancs de la fac par le passé. Des étudiants ont répondu présents. Alors, elle fait le lien avec la présidence pour s’assurer que tout se déroulera au mieux, avec le cadre et les moyens adaptés. Du côté institutionnel, les choses bougent aussi avec le démarrage d’un diplôme en Français langue étrangère, porte d’accès pour un cursus universitaire, qui accueillera 60 personnes ».


Classements (sic !)

S’il y a bien quelque chose que je déteste, c’est le(s) classement(s). Surtout lorsqu’on essaie de classer des personnes par rapport à des résultats scolaires.

Le 30 mars prochain devrait paraître le classement des meilleurs lycées de France. Je parie (tout seul, donc je ne risque pas grand chose) qu’on retrouvera une jolie brochette d’établissements privés dans le haut du tableau. Alors, on me rétorquera probablement que je n’ai rien compris et que la méthodologie employée ne se base plus uniquement sur les résultats bruts au baccalauréat, mais aussi sur la fameuse valeur ajoutée des établissements. Pour illustrer mon propos, je vous propose de lire cet article sur le site de l’Express qui rappelle la méthodologie utilisée pour établir le classement. On vous y explique que le « classement des lycées repose sur trois indicateurs établis par le ministère de l’Éducation nationale à partir des résultats lycée par lycée au baccalauréat 2015.

Ces trois indicateurs sont :

- Le taux de réussite au bac est la proportion de bacheliers parmi les élèves ayant passé le baccalauréat en 2015.
- L’indice de stabilité est la proportion d’élèves de première qui obtiennent le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l’établissement.
- La valeur ajoutée (capacité à faire progresser les élèves) : différence entre le taux de réussite obtenu par le lycée en 2015 et celui que l’on pouvait attendre, compte tenu de l’origine sociale des élèves et de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet.
La combinaison de ces trois indicateurs offre une analyse plus fine que celle du seul taux de réussite au baccalauréat des élèves de terminale : elle évalue la capacité de l’établissement à accompagner les élèves depuis la classe de seconde jusqu’à l’obtention du diplôme
 ».

On oublie dans ce calcul les élèves sommés de quitter l’établissement (certains, pas tous, on est d’accord) lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur des attendus. On oublie aussi que financer la scolarité d’un lycéen dans ce type de bahut n’est pas à la portée de toutes les bourses.

Les universités, elles-aussi, ont leur classement. Laura Buratti pour Le Monde dans sa partie Campus nous livre le Palmarès des meilleures universités d’Europe. « En tête, l’université d’Oxford, suivie de Cambridge et de l’Imperial college London. Il faut attendre la 17e place pour retrouver l’Ecole normale supérieure (ENS), première université française du classement. Les trois seuls autres établissements français parmi les cent premiers du classement sont Polytechnique, Pierre-et-Marie-Curie et Paris-Sud, respectivement aux 43e, 51e et 96e places ».
« La comparaison porte sur treize indicateurs, dont la recherche, la pédagogie, les échanges de connaissances et, surtout, l’activité internationale, qui explique en partie le succès britannique. "Les étudiants étrangers sont extrêmement importants pour la santé financière du système éducatif au Royaume-Uni. Ils dépensent 4,5 milliards de livres environ par an (5,8 milliards d’euros environ) en frais de scolarité et loyers" » (...).


Absentéisme des enseignants

Ah bah oui, je sais ! L’article n’est pas tout tout frais et on se refuse absolument de faire de la pub à propos de Jean-Paul Brighelli. Vous n’êtes donc pas du tout obligé de lire les élucubrations de l’aigri.
Mais voilà, le 05 mars, Jean-Paul, toujours à la recherche de sujets polémiques, sautait sur l’occasion de causer (Jean-Paul est un "causeur") de l’absentéisme des fonctionnaires et des profs dans la tribune (qui lui est ouverte on ne sait toujours pas pourquoi) du Point. Et comme toujours, il alterne des réalités journalistiques (qui ne sont jamais de lui) et des "vérités" brighelliennes qui lui permettent de distiller ce qui lui reste de pensée.
La liste des idioties serait trop longue à établir. Morceaux choisis :

« L’absentéisme, c’est bien plus souvent les élèves qui s’y adonnent – avec ou sans la bénédiction de leurs parents, qui ont renoncé trop souvent à leur fonction d’éducateurs et l’ont abandonnée à des enseignants dont la mission prioritaire devrait être l’instruction, et non l’apprentissage des bonnes manières ». Tu la vois la grosse ficelle des parents démissionnaires. JP oublie un peu vite les réalités de terrain. Du parent démuni, tu en trouves tous les jours, du démissionnaire, c’est fort heureusement beaucoup plus rare.

Le meilleur est à venir :

« Les profs, eux, méprisés par leur ministre, qui refuse de les recevoir, sommés d’appliquer une réforme et des programmes qu’ils rejettent, recrutés sur des bases de moins en moins acceptables, non formés dans des Espe qui rassemblent tous les bras cassés de l’Éducation, brutalisés par des parents hargneux, insultés par des élèves auxquels tout est permis, et manipulés comme des pions par une administration incompétente, n’ont bien entendu aucune raison de se plaindre ». Alors là, il y a du lourd ! Déjà, il nous recase son absolue haine pour la réforme du collège et surtout pour la ministre qui la porte (« Soeur-Sourire »). Le raccourci est pour le moins rapide. De plus, il use de la caricature à l’excès (les "bras cassés" apprécieront), charge la barque des parents déjà démissionnaires et devenus "hargneux" et imagine une école dans laquelle les élèves pourraient insulter les profs sans être inquiétés... Dans quel monde vis-tu Jean-Paul ? Je m’arrête là. Je m’énerve et tu ne le mérites pas.


Trucs en vrac

Le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche (MENESR) met en ligne un vademecum « qui a pour objectif d’accompagner les territoires participant à l’expérimentation visant à accroître la mixité sociale et scolaire dans les collèges, propose des conseils sur les étapes à suivre et détaille la procédure pour installer une sectorisation multi-collèges. Il présente également des pistes pour susciter l’adhésion des familles à ces projets ».

La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) publie « à l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, [une] série de données statistiques [qui] renseigne sur la réussite comparée des filles et des garçons depuis l’école jusqu’à l’entrée dans la vie active. Elle met en évidence des différences selon les sexes en matière de parcours et de réussite des jeunes, de choix d’orientation et de poursuite d’études entre filles et garçons, qui auront des incidences ultérieures sur l’insertion dans l’emploi ainsi que sur les inégalités professionnelles et salariales entre les femmes et les hommes ».

On pouvait lire ce matin, sur le site de l’Esen, que Najat Vallaud-Belkacem avait « présenté lors du salon professionnel Educatec-Educatice de nouvelles mesures pour la mise en oeuvre du plan numérique pour l’éducation :
- la signature d’une convention avec la commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) pour des usages numériques responsables et citoyens ;
- l’élaboration d’une charge de confiance des services numériques pour l’éducation ; le lancement d’un nouveau site destiné aux familles, aux équipes pédagogiques et aux élus : ecole.numerique.education.gouv.fr
- la mise en place d’un nouveau service vidéo à la demande, Educ’ARTE, pour une utilisation d’émissions de cette chaîne au sein des établissements scolaires ou à domicile.
Par ailleurs, en vue de favoriser la massification et la démocratisation des usages du numérique, un second appel à projets "collèges numériques et innovation pédagogique" a été lancé pour équiper les collèges et écoles associées. La date limite de dépôt des nouveaux dossiers est fixée au 31 mars 2016
 ».

Dans le bulletin officiel d’hier, on trouve les modalités de mise en place et d’organisation des nouvelles régions académiques : « à compter du 1er janvier 2016, les académies sont regroupées en régions académiques, l’un des recteurs d’académie exerçant la fonction nouvelle de recteur de région académique. Ce dernier dispose de pouvoirs propres qui garantissent l’unité et la cohérence de l’action de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche dans les champs de compétences intéressant la région ou le préfet de région.
Cette circulaire vise à préciser les principes et le cadre de cette réforme. Sa mise en œuvre sera accompagnée par un cycle de dialogues stratégiques annuels entre l’administration centrale et les recteurs de chaque région académique. Quatre axes seront plus particulièrement visés dans un premier temps : la gouvernance interacadémique, la mise en place des services communs obligatoires, l’adoption du schéma de mutualisation et la définition des orientations stratégiques entrant dans le champ de compétences du recteur de région académique
 ».

Bon week-end !
Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Les parents et l’école, trente ans de réflexion
Hors série numérique 41
Coordonné par Guy Lavrilleux
La question des relations entre les parents d’élèves et l’école n’est pas nouvelle. Les Cahiers pédagogiques en parlent et y réfléchissent depuis plus de quarante ans. Ce nouveau hors-série numérique est constitué d’articles tirés de nos archives des trente dernières années, pour mettre en perspective enjeux et débats d’hier et d’aujourd’hui, pointer les problématiques qui perdurent mais aussi des pistes pour aller vers plus de dialogue et de coéducation.

Inclure tous les élèves
Revue n°526 - janvier 2016
Pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, l’écart est parfois grand entre ce qui est prescrit et la réalité de leur scolarisation. Ce dossier vise à en pointer les freins et à proposer des leviers à même de faire vivre l’école inclusive refondée.